Le SMARTCOTT


Application de la théorie du troisième flux à l’enrichissement collectif


Pourquoi le niveau de prospérité de nos sociétés ne s’élève-t-il pas plus vite ? Les conséquences de la théorie du 3ème flux.

(Anecdotiquement, lorsque j’ai cherché un nom pour cette idée d’indicateur économique complémentaire, je me suis rendu compte que “girlcott” était déjà pris ( il s’agit d’une initiative économique basée sur l’appartenance au genre féminin…))

Mais “smartcott” est plus cool : smart, c’est l’idée d’intelligence.


Ecrit dans Knol à partir de 2010

Ce que nous enseigne la Théorie du troisième flux

L’économie, vue de façon classique, consiste en la circulation de deux flux de sens contraires, les biens/services d’une part, la monnaie d’autre part. La T3F met en évidence l’existence d’un troisième flux, la faveur commerciale, en abrégé la Faveur, qui circule dans le même sens que l’argent…

L’argent : un flux d’information

A l’origine, la monnaie est une marchandise réelle (typiquement : un métal) qui est troquée en sens inverse (sauf exception) des biens et services usuels. Des virtualisations successives de cette commodité – depuis l’étape de la monnaie papier jusqu’à l’argent électronique – en ont fait un flux purement symbolique. La T3F interprète en conséquence ce flux monétaire comme une circulation d’information.
Quand vous achetez un bien ou un service, le fait que vous soyez en possession d’une somme d’argent suffisante informe votre fournisseur que vous avez vous même (normalement, si vous n’avez pas cassé une banque) vendu des biens ou des services à la communauté. Finalement, ce transfert d’information agit comme un média d’intégration, (l’intégration dans la société). La valeur intégrative d’un travail salarié ou de n’importe quelle activité rémunératrice est bien connue et se manifeste de façon dramatique en cas de perte de cette ressource. Pour la T3F, cette intégration n’est pas une donnée socio-économique subjective mais une conséquence directe du transfert de Faveur parallèle au transfert monétaire.

Le troisième flux ou Faveur

Le point central de la T3F, comme son nom l’indique, est la mise en évidence d’un troisième flux qui se superpose, dans les échanges commerciaux (mais aussi dans les interactions gratuites) aux deux premiers.
L’existence de ce troisième flux (et dans l’économie actuelle, sa non-prise en compte) trouve des illustrations dans des phénomènes tels que :
– le très faible niveau prise en compte des réclamations de consommateurs, et ce au bout de 50 ans de soi-disant “défense des consommateurs”.
Ce genre d’affirmation provoque souvent un déni de la part du consommateur “intégré” [1] . Evidemment cela ne fait pas plaisir d’apprendre qu’on n’est pas libre dans un monde libre, que ce monde est un rêve et que vous êtes en réalité esclave d’une pieuvre économique qui pompe son énergie directement dans votre moelle épinière ! (cf. Matrix)… Le refus d’admettre l’asymétrie intrinsèque des relations commerciales et leur cynisme sous-jacent est de fait directement lié au transfert de faveur, dont une partie est un réel investissement psychologique (voir l’article reproduit en bas de ce knol-trop long pour tenir dans les notes -….l’article met clairement en évidence l’investissement psychologique du consommateur dans une marque, mais l’analyse à tort comme un “pouvoir”).

Les échanges déséquilibrés

La non-prise en compte du troisième flux, sa non reconnaissance sociale, conduit à des échanges bancals. Le bilan (classique) d’une transaction peut être apparemment équilibré : le paiement correspond à la valeur du bien ou du service procuré, mais l’existence du troisième flux fait qu’en réalité l’échange est fortement déséquilibré : le consommateur se dessaisit d’une quantité importante de Faveur sans contrepartie. Comme dans beaucoup de mécanismes, ce démarrage enclenche un feed-back négatif. Affaibli à chaque fois qu’il sort son portefeuille, le consommateur reste indéfiniment faible et toute organisation destinée à faire entendre sa voix ne peut que rester sans effet réel [2].

Des différentes manières de s’enrichir

Le vol

Le vol prend en réalité diverses formes :
– le vol de biens ou d’argent en est la forme la plus courante, à tous les niveaux d’échelle. Bien entendu le gain est maximum pour le voleur (si on néglige le risque de se faire prendre…) mais pour la société le vol est catastrophique car il frappe sans discrimination riches et pauvres et détruit l’optimisme des acteurs économiques.
Bien sûr on peut imaginer que l’existence du vol permet à tout un secteur (surveillance, alarmes, assurances…police ?) de faire des profits mais il est démontrable que ces produits “dérivés” du vol, même s’ils gonfle le PNB, ne peuvent pas réellement profiter à la richesse globale de la société.
De façon caractéristique, l’acteur économique de base se soucie peu du vol, à moins d’être touché lui-même. En d’autres termes, il ne voit pas qu’il subit une perte pour tout vol, qu’il en soit victime ou non, par la perte que le système économique subit. Pour prendre une image, il se comporte comme un organe qui ne réagit pas lorsqu’une hémorragie touche un autre organe…
La fausse monnaie est aussi une forme de vol, les états en sont bien conscients qui la punissent très lourdement. De même que pour le vol ordinaire, les acteurs économiques de base sont moins sensibilisés à cet aspect, étant donné le côté rocambolesque de la pratique (les hold-up ont probablement un aspect festif pour beaucoup également) parce qu’ils réalisent mal les conséquences économiques sur tout un chacun.
Enfin le blanchiment d’argent, c’est à dire le mélange d’argent sale avec le vôtre, fait très peu réagir également le consommateur intégré. Seule une situation concrète pourrait en fait éveiller sa conscience économique, si on essayait de lui revendre quelque chose qu’on lui a volé par exemple…
Pour prendre une comparaison dans la nature, le vol correspond au parasitisme (quoiqu’en biologie on se soit quelquefois aperçu que le parasite apportait quelque chose à son hôte, ce qui est douteux en économie).

L’économie de marché/capitalisme

L’économie de marché et sa mondialisation ne sont pas le fruit d’une théorie, la mise en application d’une pensée “capitaliste” comme certains ont essayé de le faire croire. C’est l’aboutissement historique de l’évolution des civilisations.
De nombreuses penseurs se sont demandé si on pourrait parvenir au “langage universel” ? En fait le “language” universel existe bel et bien, c’est l’or (et les autres matières précieuses) représenté aujourd’hui dans beaucoup de pays par une monnaie plus ou moins virtuelle, papier ou électronique. La tendance universelle des états, pour des raisons de chauvinisme principalement, à frapper leur propre monnaie masque difficilement le peu de réalité des frontières en ce qui concerne l’argent.
L’économie de marché, structurée par un moyen de communication mondial, l’argent, ne parvient malheureusement que très imparfaitement à optimiser la progression des sociétés, et des individus qui la composent, vers plus de prospérité (d’où les ressentiments contre le “Capitalisme”). De nombreux personnes se sont élevées et continuent à le faire contre les inégalités entre les acteurs économiques et aussi entre les pays, dont on a souvent l’impression qu’elle n’arriveront jamais à se combler. Les personnes qui se focalisent sur cette dimension – les inégalités – ont souvent une vision dans laquelle ils personnalisent les acteurs économiques (La lutte des classe, la domination du Sud par le Nord).
Un monde manichéen, structuré par l’argent, duquel la police et l’armée sont complices pour maintenir les inégalités dans et en dehors du pays…(le crime organisé n’est pas représenté [3])
Cette vision très répandue néglige le fait que mondialement le niveau de vie a probablement toujours monté, même s’il est indéniable qu’une grande partie de l’humanité a vécu et continue à se trouver en dessous du fameux seuil de pauvreté (mais dont le niveau a certainement monté également). Dans ce genre d’analyse, on néglige que le niveau de richesse individuelle, globalement, dépend quand même surtout du niveau de richesse de la société dans laquelle on vit. L’argent est vu de façon simpliste comme un gâteau que certains s’approprient au dépend des autres. En réalité, comme on l’a déjà posé, l’argent n’est qu’un moyen de communication. Sa nature circulatoire fait que tout acteur qui s’enrichit est obligé (à moins de garder les billets sous son matelas) de réinjecter l’argent dans le système (ce qu’il fera dans la direction qui lui PARAIT la plus profitable). Les insatisfaits qui partent du principe que les riches sont leurs ennemis risquent de le rester longtemps.

L’économie coopérative

Chaque acteur économique est un structure qui, au sein de l’économie de marché, visualise ses échanges économiques comme des intrants et des sortants dont l’énergie doit être conservée – au minimum – si possible augmentée. Classiquement, cette relation économique est envisagée comme mode de fonctionnement d’un organisme bien défini ouvert sur un monde économique plus vaste (presque infini) et aux acteurs anonymes. Autrement dit l’acteur économique est comme un organisme du zooplancton dans l’océan infini. Il essaie de manger le plus possible, éventuellement de se reproduire… Il essaie aussi de ne pas se faire manger, et finalement il relâche ses sous-produits dans le milieu, sans s’occuper de leur devenir…
La coopération commence chaque fois que plusieurs de ces organismes s’aperçoivent que les intrants des uns sont les sortants des autres etc. et qu’il est profitable de recycler tout ce qui peut l’être AVANT de le jeter. Dans le bouillon c’est l’apparition des êtres multicellulaires qui matérialise ce progrès, en économie, ce sont toutes les structures intra-coopératives.
L’économie coopérative peut à première vue être décrite comme l’activité d’un groupe de gens qui construisent une pyramide humaine, et dont les derniers grimpés parviennent notoirement plus haut qu’une foule désorganisée (dans l’équivalent économique, c’est l’ensemble des participants à cette “pyramide” qui profite de l’élévation, comme s’il s’agissait de décrocher des bananes [4] qui vont profiter à tous…)
En réalité, il existe une autre façon de comprendre ou d’utiliser ce modèle de la pyramide : la pyramide n’élève pas le niveau de ceux qui n’en font pas partie, ou de ceux qui appartiennent à une autre pyramide.  Plus méchamment, la beauté de l’exercice ne masque qu’à peine son caractère extrêmement laborieux. De même dans l’économie de marché, l’existence de structures intégrées (sociétés, états, etc.) n’améliore que très vaguement l’efficacité d’une méthode qui consiste à se monter les uns sur les autres…

Discussion

Pour reprendre une analogie écologique, on peut visualiser une économie uniquement basée sur le vol/l’appropriation comme une sorte de bouillon de culture dans lequel chaque organisme essaie de manger tous les autres…
L’économie de marché/capitalisme ressemblerait alors au même bouillon primordial dans lequel de nombreux organismes multicellulaires de tailles différentes sont apparus. Dans cet écosystème les relations de prédation économique persistent mais un certain niveau de coopération, tant bien que mal, est parvenue à élever le niveau global de richesse ainsi que la complexité des organismes eux-mêmes. Remarquons que cet amélioration qualitative s’est produite au sein même du bouillon, qui continue en fait à exister, en tant que lieu d’interaction trophique principalement.

La pensée trophique, c’est à dire qui raisonne en terme de relations de prédation, ne peut proposer une structuration économique plus évoluée… (image trouvée sur internet sous le nom “socialisme”…)

Un îlot d’économie intra-coopérative peut donc être vu comme un système de complexité supérieure qui s’efforce de structurer l’interaction d’une partie des organismes individuels vivant dans une certaine région. Une autre image qui vient à l’esprit est celle de l’agriculteur qui s’efforce de maintenir sur son exploitation un équilibre des flux entrants et sortants, tant au niveau des éléments chimiques du sol que du sol lui-même, du cycle de l’eau, etc. Son but est normalement d’obtenir non-seulement un bon rendement à court terme, mais de conserver et si possible d’améliorer la productivité à moyen terme du système [5]. Mais dans cet exemple de l’agriculteur, il y a en fait très peu de communication, une tête pensante gère tout [6].
Une modèle plus intéressant est certainement à chercher dans les fourmilières avec leurs flux de matières premières et d’aliments doublés d’une circulation concomitante d’informations tactile et chimique (trophallaxie). Il est très remarquable de voir comment dans ces colonies le comportement assez simpliste et désordonné des individus finit par contribuer tout de même à la cohésion et à la survie de la colonie.

Sur ce genre d’image mise en exergue un peu partout (http://www.gettyimages.com/detail/200494870-001), on ne voit pas les fourmis qui partent dans la mauvaise direction, celle qui ont perdu leur bout de feuille, celle qui se chamaillent pour le même bout…

Il n’est pas anodin que ce soient ces “sociétés animales” qui réalisent des activités de type agriculture, élevage, esclavage, guerre (pas dans les mêmes espèces). Par ailleurs, si ces analogies et le concept de colonie sont bien connues du grand public, ce n’est que récemment (avec de nouvelles découvertes en 2002 et 2004 [7]) que la myrmécologie découvre l’existence d’espèces parvenues à la “super-colonie”. Dans les espèces qui la réalise, le modèle de la colonie est dépassé, avec comme premier avantage la disparition des guerres. Un autre “avantage”, pas pour ceux qui voudraient limiter leur extension, est que ces espèces sont virtuellement indestructibles. On pourrait évidemment nommer ce phénomène “super-coopération” [8].

Démarches pour une économie coopérative

Le protectionnisme d’état

Au commande d’un état, un gouvernement fait face à des problèmes similaires à ceux d’un consommateur individuel : il a besoin d’équilibrer ses ressources, limitées, avec les possibilités de dépense qui sont elles illimitées, surtout s’il veut tenir quelques-une de ses promesses électorales…
Or, alors que le consommateur ne voit aucune différence s’il achète un produit fabriqué nationalement ou un produit étranger, au niveau de l’état, la répercussion en est très différente. Tout produit acheté à l’étranger produit un déséquilibre dans la balance commerciale. Ce déséquilibre est très coûteux si des exportations vers ce pays ne viennent le compenser.
Tout état est donc tenté, même s’il a signé des conventions de libre échange, à favoriser (par la taxation par exemple) les produits nationaux et à défavoriser les produits importés, c’est le protectionnisme.
Dans certains pays comme la Nouvelle Zélande, nombre de fournisseurs essaient de récupérer à leur profit un sentiment chauviniste en mentionnant l’origine locale de leurs produits… mais bien sûr on ne sait pas, quand on devient leur client, s’ils vont eux-même consommer localement dans un pays où par exemple toutes les voitures sont importées…c’est donc une vision de solidarité économique à très faible visibilité qui est en fait proposée là.

Les grains de sel et autres monnaies parallèles

En réaction à l’universalité de l’argent et à l’incapacité perçue du système économique dominant à permettre l’amélioration des conditions de vie des personnes mal intégrées, différents systèmes ont été créés qui permettent un échange plus immédiat, proche du troc, et qui cherchent à favoriser davantage la relation interpersonnelle, autant qu’économique, dévoyée par l’argent.
Le but n’est pas d’en recenser ici les différentes variantes. Toutes sont basées sur le rejet de la monnaie officielle et l’introduction d’une “mini-monnaie” qui n’est pas sans poser des problèmes de légalité. On sent que ces systèmes sont finalement très naïfs mais ils ont un intérêt théorique, notamment par leur volonté de toucher les personnes laissées à l’écart des circuits économiques et de les intégrer par ces échanges. C’est cette vision de la relation économique comme vecteur de l’intégration sociale qui est essentiellement pertinente.

Les utopies dans la littérature

De nombreux ouvrages, y compris des livres pour enfants et autres écrits sans prétention nous proposent en fait une vision de société coopérative, sans le dire. Ce ne sont pas forcément des sociétés sans hiérarchie. Dans Babar, la société la société est une royauté. Il est de bon ton de se moquer un peu de cette époque encore colonialiste car Babar oblige (?) ses sujets éléphants à porter le costume occidental. Personne ne s’étonne par contre que dans le monde de Babar tout le monde mange à sa faim et qu’il n’y ait pas de détritus dans les rues.
Chez les schtroumphs, c’est aussi un roi – bien que non couronné – le Grand Stroumph qui détient l’autorité, toute relative, dans le village…Chaque schtroumph dispose apparemment de sa propre maison-champignon mais la possède-t-il en toute propriété ainsi que le terrain sur lequel est est bâtie/elle a poussé ? On ne se pose pas la question. Les schtroumphs construisent un pont. Le pont va servir à tout le village, donc tout le monde vient aider (sauf le schtroumph paresseux naturellement).
On retrouve encore ce genre de société villageoise chez les Hobbits, auxquels le cinéma a fini par donner une existence plus que virtuelle. Je ne m’étendrai pas sur leurs mœurs particulièrement banales [9] et ennuyeuses.
On rencontre une utopie plus originale dans le roman de Vance “La planète géante” (1957) [10] : Les princes et princesses qui accueillent les héros de ce périple au grand bal donné en leur honneur ne sont autres que les bagagistes, valets et autres chambrières qui les ont servis depuis leur arrivée à Kirstendale. Cette société a attiré l’attention [11] grâce à l’humour de la rédaction vancienne mais au fond, ce qui est intéressant, ce n’est pas la société décrite en elle-même, à peu près équivalente aux sociétés schtroumphienne ou babaresque, mais bien le mécanisme de son fonctionnement, ailleurs peu explicite.
Si on ne remarque que le côté anecdotique et comique de ce chassé-croisé, on risque donc de passer à côté de la puissante utopie économique qui est proposée (peut-être involontairement, Vance n’étant pas connu pour se poser des questions à propos de l’économie des multiples sociétés exotiques qu’il a inventées) :

Ce qui permet la richesse dont les protagonistes profitent autant comme clients que comme employés, c’est le fait qu’ils “restent là où ils sont”, qu’ils réinjectent leur activité de consommateurs là où ils sont aussi des producteurs. Il faut bien avouer que Vance ne nous dévoile pas si les prestations sont payantes. Difficile dans ces conditions d’affirmer que les personnages sont vraiment des “consommateurs”, mais puisque c’est une oeuvre d’imagination, rien ne nous empêche d’imaginer à Kirstendale une économie éminemment auto-suffisante, mais surtout, “auto-supportante” (au sens sportif de supporter…).

Dans le monde réel, gouverné par l’indicateur argent seulement, les consommateurs ont tendance à dépenser leur salaire “à l’extérieur” de la zone où il va “retomber” sur eux (au sens ou la fontaine d’un bassin retombe en pluie dans le bassin). Une petite fraction sera dépensée dans une catégorie de standing supérieur, ce sont les dépenses d’apparat, tandis que le reste, la majorité du salaire, sera par stratégie réinjectée dans les niveaux les meilleurs marchés disponibles.
Dans les sociétés anglo-saxonnes modernes, les bulletins locaux (fut-ce dans une grande ville ou personne ne connait personne) donnent l’impression que ceux qui les écrivent (?) s’imaginent vraiment vivre dans une “communauté”. On dirait que ces personnes n’ont pas pris la mesure de la perméabilité extrême des sociétés contemporaines.
Les utopies dans la littérature nous enseignent que de nombreux écrivains, et probablement des lecteurs plus nombreux encore, caressent toujours le rêve de la société idéale et que cette aspiration est peut-être même en partie vécue par certain, en dépit de la réalité (cambriolages, agressions, saleté).
Ce fantasme universel de la société idéale est peut-être à l’origine de tant d’engouement pour les idées communistes durant le XXème siècle, y compris de la part de grands intellectuels (?).
Plus quotidiennement, un effet corollaire de ce sentiment est la grande popularité des appels au don : des consommateurs intégrés se réveillent un matin et ils sont brusquement interpellés par un malheur [12], grand ou petit, qui les touche personnellement. Ils décident alors de “trouver des sous” (en anglais l’expression paraît plus noble : “to raise money”).
La pensée naïve sous-jacente est clairement que “presque” tout va bien, que l’ensemble de la société est en équilibre mais que voilà, il manque juste un peu d’argent pour ceci ou cela. La solution étant de faire appel à la bonne volonté des gens (qui par ailleurs vivent parfaitement bien et ont probablement juste un peu d’argent en trop dont ils ne savent pas quoi faire) [13].

Les bons et coupons

De nombreux fournisseurs de biens et de services sont parfaitement conscients qu’il existe presque autant de différence entre un non-consommateur et un consommateur qui-ne-vient-qu’une-fois d’une part qu’entre ce dernier et un consommateur qui revient, d’autre part. Le but de tout marchand est d’essayer de transformer ce consommateur qui vient par hasard en client régulier. Le moyen le plus connu et le plus répandu est d’offrir une carte de fidélité ou un système équivalent de “points” qui permettront au client – à condition qu’il ait la discipline suffisante pour arriver au bout du carton – d’avoir une réduction ou un produit gratuit.
Bien entendu, il s’agit d’un procédé assez grossier, car comme on peut le voir dans l’article reproduit en bas de ce knol, le fin du fin, pour un fabricant/prestataire, c’est de devenir une marque dans laquelle les consommateurs vont s’investir psychologiquement. Plus besoin de les attirer alors avec des bouts de cartons puisqu’ils vont eux même rechercher activement ce logo auquel ils s’identifient.
Toutefois le procédé est intéressant car il consiste en une circulation qui a lieu en sens inverse de l’argent (je vous donne mes sous, vous me donnez des bons…). Il s’agit donc d’une esquisse de flux qui circule en sens inverse de la Faveur. Deux caractéristiques interdisent pourtant de le considérer comme un véritable 4ème flux  :
– ces points finissent plus ou moins par être échangés contre une marchandise ou un rabais, quelquefois un cadeau.
– ils ne sont pas redirigeables (ou à petite échelle à l’intérieur d’une même association de marchands). En tout état de cause ils sont rarement transmissibles et ont souvent une date de péremption (le contraire de l’argent).

Le commerce équitable

Une analyse répandue est que la pauvreté du “Sud” vient d’une distorsion des relations commerciales, dominées par le “nord”, en partie par mauvaise intention. Certaines compagnies proposent aux consommateurs de renverser cette tendance en s’investissant dans le “commerce équitable” c’est à dire en achetant des produits dont les circuits commerciaux sont étudiés pour être plus favorables aux producteurs du tiers monde.
Il est probablement politiquement incorrect de critiquer ces initiatives, qui sont conçues pour responsabiliser les consommateurs occidentaux et améliorer le quotidien des producteurs pauvres des pays en voie de développement.
Pourtant envisagées à la lumière de la théorie du 3ème flux ces initiatives restent très inégalitaires :
La place des “partenaires” est assignée au départ : vous êtes soit un consommateur (compatissant), soit un membre de l’organisation qui fournit le circuit commercial (certes amélioré), soit un producteur et cela n’est pas destiné à changer en cours de route.
Le principal bénéficiaire de l’opération n’est pas le producteur comme cela est mis en avant, mais bien la compagnie ou association qui met en place le circuit et trouve là une niche commerciale très porteuse en terme d’image. Du point de vue du consommateur qui achète du café équitable, par exemple, la Faveur qu’il dispense dans cette filière est tout aussi perdue, c’est à dire sans aucune promesse de retour, que celle dépensée dans une filière normale.
Je ne suis pas en train d’affirmer que cette action est inefficace, qu’une aide réelle n’est pas dispensée. Je souligne seulement que dans le cadre analytique de la T3F toute transaction débutée de façon bancale représente un gaspillage de faveur et que ce mauvais départ nuit à toute possibilité d’équilibrage postérieur. Une société qui se saigne par une aide trop importante est peut-être en fait en train de compromettre sa prospérité future, donc sa capacité (théorique) à aider plus de gens [14].
Image un peu méchante certes, mais dans “commerce équitable”, il y a “commerce”.  Remarquez que si le commerçant équitable est en relation avec le producteur, vous non.

Les réseaux ethniques

Ce sont ces réseaux basés sur l’existence d’une population minoritaire (par ex. chinois, libanais, juifs, etc) au sein d’une population “autochtone”. Ils ont d’ailleurs probablement existé de tout temps ou presque. Cette identité différente (souvent assortie de la pratique d’une langue différente) facilite l’établissement de liens privilégiés localement et à longue distance qui, pour peu que les professions des personnes concernées s’y prêtent, leur donne un avantage déterminant dans différentes activités économiques.
Cet avantage peut probablement démarrer sans masse critique ou presque, avec un très petit nombre de gens impliqués dans certains commerces. L’avantage économique peut se maintenir quand la minorité augmente en nombre, à cause d’un efficace “recyclage” interne de l’argent [15], si elle est capable de diversifier ses activités.
Ces réseaux ethniques réalisent de fait une extra-coopération qui leur permet très certainement une prospérité et une croissance supérieure à la moyenne du pays [16] environnant.
Comptabiliser le troisième flux

Principe de base

Comme on l’a vu, la monnaie, ce flux virtuel (bien que matériel à l’origine) ne circule qu’en sens inverse des services et des biens. Il représente une comptabilité primordiale et indispensable. Les sociétés qui ont voulu abolir l’argent ont découvert que le raisonnement “Un cheval de course a 20 litres de sang, si on les lui retire, il sera allégé de 20 kg donc il courra plus vite” était faux.
Du point de vue cybernétique, la monnaie n’est pas seulement une comptabilité, c’est une circulation d’information. Nous l’avons comparée à la trophallaxie chez les insectes sociaux. Dans la trophallaxie se superpose un échange physique et un échange d’information. Une grande partie de cette information est de nature intégrative, c’est à dire que l’échange trophallaxique intègre l’individu dans (le système économique de) la fourmilière .
Toutefois l’origine et le mode de circulation de la monnaie font que que l’information distribuée est incomplète. A chaque paiement, l’argent transféré renseigne le payé sur le passé du payeur. Le fait qu’il soit en possession de liquidités atteste (normalement) d’une activité économique avec d’autres partenaires en amont (qui restent anonymes mais sont censés exister). Autrement dit, l’argent versé est un gage de la loyauté immédiate du payeur envers le payé, bien sûr, mais surtout de la loyauté médiate du payeur envers la société, par le truchement de ses ex-partenaires anonymes (dont la loyauté elle-même est attestée par l’argent qu’ils ont reçu etc.).
Comme le démontre, dans la Théorie du Troisième Flux, le constat de déséquilibre des transactions commerciales, le payeur ne reçoit en revanche que très peu d’information de la part du payé. Certes, le produit ou le service reçus contiennent normalement une certaine information (par exemple par leur lieu de fabrication) mais elle est minima. C’est ce déséquilibre fondamental de la relation, notamment sur le plan de la communication, qui encourage de fait le payé à maintenir le payeur dans son rôle, même s’il se donne du mal pour donner l’impression contraire… (exactement comme dans le théâtre, on fait participer la salle).
En d’autres termes le payeur ne reçoit dans une transaction classique aucune information sur la “loyauté” du payé, c’est à dire sur son interaction économique avec lui-même. L’essence du Smartcott est de permettre la circulation d’une telle information.

Mise en oeuvre

Les différentes analyses, sous différentes perspectives, que nous venons de mener montrent clairement la voie : il s’agit de faire circuler une information économique à contre-courant par rapport à la monnaie et à la faveur, c’est à dire dans le même sens que les biens et services.
Par nature cette circulation est une “anti-monnaie”. Elle ne s’annihile pas avec la monnaie classique comme de l’anti-matière mais circule simplement en sens contraire (un des sens de la racine anti). Différents noms sont imaginables pour cette anti-monnaie, comme nom générique je propose le verlan “nimo”.
Comme on l’a vu la faveur peut en réalité commencer à circuler avant tout achat, par la seule présence physique ou virtuelle du consommateur. Dans la pratique, il est commode d’estimer la faveur accordée comme proportionnelle au prix payé. L’anti-monnaie doit donc être versée par le payé au payeur dans une nimo exprimée dans un repère équivalent à la monnaie utilisée.
Si nous étions encore au moyen-âge, il faudrait donc envisager de créer un support physique, métallique ou autre, qui puisse être échangé en sens inverse de l’argent. Heureusement notre époque électronique permet d’envisager directement un fonctionnement électronique que la monnaie a mis des milliers d’années à atteindre.

Smartcott externe

Un individu qui participe au Smartcott avertit toute personne qui le paie de manière traditionnelle (un locataire, celui qui achète sa voiture d’occasion; tous moyens de paiement) qu’elle peut récupérer des “points smartcotts” (de la nimo) sur le site dédié. Bien que le smartcott ne soit pas basé sur la ristourne, on peut proposer un cadeau de bienvenue sous forme de réduction, à titre d’incitation. Une fois inscrit, le nouveau membre peut proposer la nimo ainsi gagnée à ses clients, et ainsi de suite.

Smartcott interne

La nécessité, pour les partenaires d’une transaction, de se connecter au site Smartcott afin de finaliser chaque transaction est évidemment fastidieuse. L’évolution naturelle du site est vers un site de paiement électronique (du type Paypal [17]) avec réalisation simultanée du transfert de monnaie et de nimo.

Q.& A.

Vous pouvez poser des questions qui ne me seraient pas venues à l’esprit dans les commentaires…
  • D’où vient la nimo des premiers membres ? De la nimo est créée ex-nihilo pour les nouveaux membres, cette manne diminue avec le temps.
Annexes

Article du NZ Herald, 18 jan 2011 (reproduit depuis The Economist Newspaper Ltd.)

Starbucks logo puts spotlight on people power

Restyling effort in danger of dying an early death, thanks to online linch mob
One of last year’s most interesting business books was Clay Shiry’s Cognitive Surplus: creativity and Generosity in a Connected Age.
The rise of the affluent society has left people with lots of time and talent to spare, Shirky argues. For decades they squandered this cognitive surplus watching television. Today, thanks to the internet, they can also channel into more productive pursuits.
For a surprising number of people the productive pursuits involve worrying about companies’ logos.
Starbuck bos Howard Schultz this month announced his company would mark its 40th anniversary this March by changing its logo a bit. The words “Starbucks” and “coffee” will disappear. And the mermaid, or siren, will be freed form her circle.
Starbucks wants to join the small club of companies so recognisable they can rely on nothing but a symbol: Nike and its swoosh; McDonald’s and its golden arches; Playboy and its bunny; Apple and its apple.
The danger is it will join the much larger class that have tried to change their logos only to be forced to backtrack by an electronic linch mob.
As soon as the change was mooted, bloggers started blogging and tweeters began to tweet. Starbuck. com has been inundated with complaints, such as “focus on your core business and forget this foolishness”.
Fox News, not normally an authority on corporate marketing strategy, has likened the proposal to Prince’s decision, in 1993, to swap his name for an unpronouceable symbol. He swapped back seven years later.
The protesters have plenty of success stories to inspire their efforts. Gap, a clothing retailer, abandoned a new logo in October after a week of concentrated online hazing.
Tropicana (which tried to replace its straw-in-an-orange logo with a picture of a glass of orange juice) and Britain’s Royal Mail (which renamed itself Consignia) held out a bit longer but eventually had to retreat.
Why do people get so upset about such changes? An obvious reason is so many logos and names are either pig ugly or linguistically challenged.
Think of BT’s “piper” logo, which looked like someone drinking a yard of ale and disfigured all thinfs BT-related for 12 years (admittedly, Britain’s incumbent telecoms firm was not too popular to begin with); or the SciFi channel’s decision to call itself SyFy, which raises the spectre of syphilis.
Moreover, the people who spend their lives creating new logos and brand names have a peculiar weakness for management drivel (sic, probably “drive”). Marka Hansen, Gap’s president for North America, defended the firm’s new logo (three letters and a little blue square) with guff about “our journey to make Gap more relevant to our customers”.
The Arnell Group explained its US$1 million (NZ1.3 million) redesign of Pepsi’s logo with references to the “golden ratio” and “gravitational pull” arguing that “going back to the roots moves the brand forward as it changes the trajectory of the future”.
Ghastly stuff. But why do the aesthetically sensitive harry firms to revert to old logos rather than just shifting their loyalties elsewhere? One answer is people have a passionate attachment to some brands. They do not merely buy clothes at Gap of coffee at Starbucks, but consider themselves to belong to “communities” defined by what they consume.
A second reason is that the more choices people have, the more they seem to value the familiar. These days Western consumers have so many choices – the average supermarket stocks 30,000 items and America’s patent and trademark office issues about 200,000 patents a year – they are in danger of being overwhelmed.
Homo economicus may be capable of carefully considering all available products. But poor, fumbling Homo sapiens seize on logos as a way of creating order in a confusing world.
The debate reveals something interesting about power, passion.
Much of the rage in the blogosphere is driven by a sense that “they” (the corporate stiffs) have changed something without consulting “us” (the people who really matter). This partly reflects a hunch that consumers have more power in an increasingly crowded market for goods. But it also reflects the sense that brands belong to everyone, not just to the corporations that nominally control them.
Companies have gone out of their way to encourage these attitudes. They not only work hard to create emotional bonds with consumers (Victoria’s Secret and others encourage customers to “like” them on Facebook).
They involve them in what used to be regarded as internal corporate operations. Snapple asks Snapple drinkers to come up with ideas for new drinks. Threadless encourages people to compete to design T-shirts.
Starbucks has been in the forefront of this consumer revolution. It consults consumers on everything fro its stores’ ambience to its environmental policies. It emphasises that it is not just in the business of selling coffee.
It sells entry to a community of like-minded people (who are very different from the types who get their coffee fro Dunkin’ Donuts or McDonald’s) gathered in a “third place” that is neither home nor work.
The company’s new logo hints at a big ambition. Schultz wants to burst asunder the bonds created by Starbucks’s humble origins as a coffee shop. Some of his cafes are to sell alcohol as well as coffee. Many more Starbucks-branded goods are to appear in supermarkets. Starbucks is to become a force in the emerging world as well as the emerged. Such changes would be difficult even for an old-fashioned corporate dictatorship.
He is about to discover if they are possible for a firm that has made such a fuss of empowering ist customers.

References

  1. On pourrait définir un consommateur intégré comme une personne/famille qui tire son revenu d’un travail salarié ou autre business et qui redistribue ce revenu à sa guise, l’ensemble de ce flux lui procurant une sensation plus ou moins accentuée de liberté. En définitive le consommateur intégré est celui qui se sent intégré.
  2. Un peu comme le fusillé qui chante…
  3. Non plus que le cigare fumé par le capitaliste, les cigarettes branchées par les consommateurs intégrés et le mauvais tabac par les pauvres du tiers monde…
  4. On fait ici référence à l’exemple classique des chimpanzés qui se servent d’un outil/déplacent un support pour atteindre une récompense. Il est très curieux que les insectes sociaux puissent notoirement arriver au stade suivant de la coopération, se servir de leur propre corps comme d’une échelle mais que les primates n’en sont probablement pas capables (et si on leur montrait ?)
  5. Il est peu probable qu’il accède aux données et surtout à la conscience qu’il lui permettrait d’envisager ce maintien à long/très-long terme…
  6. Même si l’agriculteur parle parfois à ses vaches…
  7. Un autre signe de ce caractère récent est qu’au 8 mars 2011 il n’existe apparemment pas d’équivalent EN ANGLAIS de ces pages françaises et allemande de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Supercolonie Plus de détails sur :
    http://www.ese.u-psud.fr/genetique/pdfs/GiraudLaRecherche2004.pdf
  8. Comiquement, dans son ouvrage “Demain les chiens”, Clifford Simak (ou du moins son personnage) pense que les fourmis sont bloquées dans leur progrès par la pause hivernale. Celui-ci leur procure un abri/chauffage sous forme d’un dôme et au bout de quelques années ses fourmis se baladent avec des brouettes… Clairement Simak ignorait le fait que la plupart des espèces de fourmis vivent en zone tropicale mais surtout, sans vouloir être méchant, on ne voit guère -regardez à nouveau à la photo ci-dessus- ce que les fourmis gagneraient à utiliser la brouette ! Ce que Simak a loupé, entraînant avec lui ses lecteurs (?), ce n’est pas tant l’occasion de se taire que celle de voir que par rapport à l’intelligence individuelle dont elle sont douées, les fourmis sont parvenues à un degré d’organisation sociale très complexe et surtout très efficace. Autrement dit Simak, au lieu de se concentrer sur ce qu’il pouvait apprendre aux fourmis, aurait mieux fait de se demander ce que les fourmis pouvaient lui apprendre…
  9. Tolkien a créé un monde d’une grande diversité, avec ses nains anglo-saxons, ses elfes anglo-saxons, ses humains anglo-saxons, ses hobbits anglo-saxons, etc. Tolkien était professeur …. d’anglo-saxon. Si vous voulez épargner trois semaines à temps plein nécessaires pour lire le livre, allez donc voir le film, vous y verrez des Elfes aux yeux bleus, des humains aux yeux bleus, des hobbits aux yeux bleus, … hein ça compte pas parce que c’est pareil dans tout le cinéma ?
  10. qui a été fortement expurgé dans les éditions les plus courantes, lire :
    http://www.noosfere.net/jackvance/jv_plg_vie.html
  11. son originalité est d’ailleurs notée sur la page Wikipedia (en anglais également à : http://en.wikipedia.org/wiki/Big_Planet)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventuriers_de_la_plan%C3%A8te_g%C3%A9ante
  12. C’est quelquefois juste un besoin qui n’est pas budgété : l’organisation d’un camp pour les élèves d’une école par exemple.
  13. Je propose l’expérimentation suivante (“expérience de pensée”, comme en physique : le chat de Schrodinger…) : quelqu’un gagne une somme illimitée ou presque à une loterie. A partir du lendemain, ayant passé une annonce dans les journaux comme quoi il est prêt à aider toute entreprise méritante, il s’attelle au travail de distribuer son argent à tous ceux qui en ont véritablement besoin. Je suis prêt à parier que le nouveau bienfaiteur sera rapidement obligé d’embaucher des secrétaires s’il ne veut pas faire des heures supplémentaires pour traiter tous les dossiers qu’il recevra.
  14. Toute aide est soumise au principe du Titanic : on n’aide les gens à sortir de l’eau que s’il reste de la place dans la chaloupe et qu’on ne risque pas soi-même de tomber dans l’eau. Mais dans le monde économique, la taille de la chaloupe peut changer. Est-il plus urgent de procurer une aide superficielle à des gens qui sont dans l’eau ou d’agrandir la chaloupe ?
  15. Pour prendre un exemple concret, on pourrait étudier le temps de résidence d’un billet de banque dans une communauté chinoise d’une grande ville extra-chinoise avec le temps de résidence d’un même billet dans une sous-catégorie de la population majoritaire (WASP par exemple).
  16. Cet effet d’îlot de prospérité peut expliquer par exemple pourquoi certains quartiers d’Auckland n’ont vu à aucun moment le prix de leurs maisons baisser pendant la crise de 2008-20??…
  17. TRIBUNE PAR CHRISTOPHE DESHAYES Paypal : les Tartares à l’assaut de la citadelle bancaire ? Certes, Paypal n’est pas une banque. Mais ses services commencent à se confondre avec des services bancaires en ligne. La guerre va-t-elle enfin commencer ? (08/12/2006) Président, Documental – observatoire des technologies de l’information Le site Documental.com Ecrire à Christophe Deshayes Comment ne pas s’étonner de la très discrète mais néanmoins irrésistible ascension de Paypal (groupe eBay) dans les paiements en ligne. Seul Google essaie d’enrayer cette progression qui se poursuit sans le moindre commentaire d’analyste ou de consultant patenté (à l’exception notable du Gartner Group). En fait, les observateurs des technologies dans le secteur bancaire ne semblent s’intéresser qu’au concept de banque à distance, avec comme unique question sous-jacente : quelle “stratégie multicanale” mettre en œuvre ? Paypal : une aventure qui commence avec le micro-paiement… Dans ce contexte, le micro-paiement entre particuliers, compartiment dans lequel semblait se complaire jusqu’ici Paypal, ne semble pas assez stratégique. L’internaute qui cherche à régler simplement, rapidement et à moindre frais un achat modeste auprès d’un autre particulier (lors d’une transaction sur eBay par exemple) n’est sûrement pas une question suffisamment stratégique pour les gourous et consultants du “e-banking”. … et qui s’aventure sur les services bancaires en ligne C’est dommage car pendant ce temps là Paypal s’installe comme une référence dans plusieurs sous-segments du paiement en ligne. Et à partir de ces positions, il imagine proposer des services de plus en plus complets à ses clients fidèles. Des services qui commenceraient à se confondre avec des services bancaires en ligne, sauf qu’ils sont rendus par un acteur non bancaire. Des services bénéficiant d’un capital de confiance (totalement indispensable) mais aussi d’un capital de sympathie (très utile pour se diffé…
    http://www.journaldunet.com/tribune/061209-deshayes.shtml

Un commentaire

Comments RSS
  1. stefjourdan

    Peter Greenfinch :
    “Intéressante approche des asymmétries commerciales
    Cette “faveur” existe effectivement et est même l’un des éléments de valorisation financière de l’entreprise (goodwill, image boursière). Un “capital-confiance” en quelque sorte, fondamental dans l’activité économique au même titre que d’autres “facteurs de production et de valeur économique” (titre de l’un de mes knols, écrit récemment)

    Ce “plus” est il mérité ou non, source ou non de déséquilibre, utile à tous ou une rente pour certains, c’est bien entendu la question.

    Quant aux solutions coopératives, pour lesquelles j’ai une certaine sympathie et je pense qu’elles devraient occuper une plus grande place (sans toutefois considérer qu’elles doivent supplanter les autres, cf mon knol sur curseur et yin yang en économie). Autant elles peuvent être le fait d’initiatives “naturelles” à petite échelle, autant elles deviennent plus complexes à mettre au point, cela démocratiquement, à grande échelle.

    Je crois qu’il serait utile de parler à ce propos du besoin d’une sorte de “fédéralisme coopératif”.

    Je mets cet article dans mes favoris et vais réfléchir à tout cela pour voir en quoi ces aspects peuvent impacter mes articles concernant la valeur, la mondialisation, le capitalisme, le fédéralisme, la démocratie, peut être même, sans jouer l’ésotérisme, la “noosphere”, etc.
    Si j’arrive à des choses précises, j’établirais les liens correspondants avec vos articles

    Ah, j’ajoute un scoop, j’ai développé ce commentaire sous la forme d’une revue de ce knol. Il y a un certain temps que je n’avais pas fait la revue d’un knol😉.

    Félicitations et encouragements
    Peter”

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