ALERTE AU VIRUS DE L’AN 2000 !


Le Bogue de l’an deux mille n’était pas une maladie des ordinateurs !

Le virus HBV a en effet à cette époque contaminé le cerveau d’une partie de la population mondiale ! De nombreuses personnes en restent aujourd’hui porteuses.


L’horrible virus

virus 2000

Il s’agissait d’un virus ou d’un prion, non encore identifié, qui s’attaquait au cerveau humain. Le premier symptôme en était que le sujet atteint, loin de de se mettre à baver en proférant des grognements, gardait l’air tout à fait normal (en apparence bien sûr) et continuait à aller à son travail, à vivre avec sa famille, à faire ses courses, à parler à son chien, etc.

Les premières atteintes du mal étaient donc très difficile à détecter, en l’absence d’un test qui aurait pu repérer le virus dès qu’il pénétrait dans l’organisme. Pourtant, la progression du mal était irrémédiable et après une période d’incubation dont la durée n’est pas encore bien connue, l’individu se mettait brusquement à déclarer que le XXIème siècle allait commencer le 1er janvier 2000 !

L’épidémie s’étendit à l’époque de telle manière que le Sida fit figure de virus à contamination lente en comparaison. Une nouvelle souche de HBV (Human Bug Virus) apparut par la suite : les personnes atteintes soutenaient que, du point de vue du calendrier que nous utilisons, les Deumilluniens (ceux qui sont partisans du 1er janvier 2001 comme début du 3ème millénaire) avaient raison mais que ce calendrier était faux, justement. S’il avait été correct, alors eux les Deumilliens auraient eu raison car “on” aurait oublié de compter l”année zéro ! On atteignait là les sommets de la complication, je parle de complication médicale, bien entendu…

Qu’avons nous fêté le 1er Janvier 2000 ?

Des mathématiciens, des astronomes sont intervenus pendant plusieurs années dans les médias les plus divers pour préciser que le XXIème siècle et, par la même occasion, le troisième millénaire ne commenceraient que … le 1er Janvier 2001.

L’homme de la rue ne s’y est pas trompé. D’abord, que viennent faire ces savants cosinus dans le calendrier ? Chacun sait que le calendrier est du ressort des PTT ! Il ne manquerait plus que ces messieurs se targuassent de nous apprendre à compter ! Non mais pour qui se prennent-ils ? Ils feraient mieux de retourner à leurs calculs et à leurs télescopes et de laisser à César ce qui est à César, en l’occurrence, le calendrier à ceux qui l’accrochent au mur de leur bureau (pas possible à la maison à cause des filles à poil) ! Si encore au lieu de nous le retarder, ils nous l’avançaient d’un an, le XXIème, je ne dit pas qu’on ne seraient pas preneurs…mais nous le retarder, à ça non ! Pourquoi pas retarder aussi l’éclipse pendant qu’ils y sont ?

Dans les masses se développa donc un mouvement de résistance à l’obscurantisme des savants et on entendit enfler une sourde insurrection. Beaucoup de personnes, apparemment saines de corps et d’esprit, quelquefois même en possession de diplômes délivrés par l’académie, se rallièrent derechef à la cause des insurgés, les Deumilliens ! Parmi eux, les informaticiens furent frappés en masse. Tous ne succombèrent pas, mais tous étaient atteints. Dans ce milieu accoutumé au raisonnement logique, on sait normalement que numéro et valeur (d’un octet par exemple) ne coïncident pas toujours. Les journaux informatiques regorgèrent pourtant d’évocations du passage au troisième millénaire, allègrement confondu avec l’échéance fatidique à nos chères puces.

A chaque fois, les Deumilluniens revinrent à la charge avec de nouveaux arguments, mais toujours les Deumilliens s’arque-boutèrent et, la tempête passée, redressèrent la tête, toujours plus nombreux. Le symptôme le plus troublant de leur égarement fut finalement leur manque de réaction face à cette question toujours reposée. En effet, quand on entend reposer toujours la même question, un doute finit normalement par s’installer, non ? La différence fondamentale entre les deumilliens et les deumilluniens ne fut donc pas leur avis, mais leur attitude : les premiers étaient si sûrs de leur fait qu’il était inutile, à leur avis, de le vérifier, une position qui permet rarement de progresser.

Ordinal Park

Essayons donc une autre manière d’expliquer qui, même si elle ne sert pas de remède, pourra éventuellement servir d’antidate, pardon d’antidote et qui apparemment, n’a pas été proposée ailleurs.

On apprenait de mon temps à la petite école (mais en français) qu’il existe deux sortes de nombres : les ordinaux et les cardinaux. Bien que les cardinaux dominent aujourd’hui, les ordinaux ont longtemps régné, tels les dinosaures avant la fin du jurassique et l’émergence des mammifères. Les ordinaux, par ailleurs, n’ont pas complètement disparu, bien qu’on n’en parle plus trop dans les écoles, semble-t-il.

[Les navigateurs à bord d’un navire sont priés de sauter la fin de cet article qui fait appel sans cesse aux “animaux à longues oreilles” bien que l’auteur ait pu en fait utiliser n’importe quel autre rongeur, voire des hippopotames, dont l’emploi n’est pas interdit en mer].

Chaque fois que l’on compte des entités, par exemple des lapins nouveau-nés dans une cage, nous les utilisons en effet. Même si nous disons : un, deux, trois, quatre, etc. nous attribuons en fait à chacun d’eux un numéro d’ordre : premier, deuxième, troisième, quatrième, etc.

Le but étant de compter tous les lapins sans en oublier un, mais sans recompter deux fois le même non plus. Remarquons tout de suite qu’il n’y a pas de zéroième lapin ! Par ailleurs, le lapin sur lequel nous disons “quatre” ne vaut pas quatre lapins ! Mais c’est plus court de dire “un” que “premier”, “deux” que “deuxième”, etc. Et puis en fin de compte (c’est le cas de le dire) on sait qu’on transformera de toutes façons l’ordinal du dernier lapin, par exemple “le cinquième”, qui ne concerne que lui, en un cardinal: “cinq” qui englobe tous ses frères et soeurs. Dès lors, il y a cinq lapereaux et ils perdent ipso facto leur numéro d’ordre.

De nombreuses “choses” sont et ont toujours été comptées de cette manière, que ce soit des planètes, des pages, des lapins, des moutons, des rues, des ministres, des rois, des papes etc. : en commençant par le premier ! Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de zéroième ministre ou de pape John 0 ! Lorsque l’on compte avec les ordinaux, on peut “annoncer” l’ordinal d’emblée, au début du phénomène compté, ou au contraire à la fin du phénomène. Prenons l’exemple des livres, les pages et les chapitres y sont bien comptés par des ordinaux. La page 100 est la centième page, le chapitre I … le “chapitre premier” (souvent en toutes lettres dans les livres de jadis). Mais le numéro des pages est écrit en bas, donc implicitement à la fin de la page tandis que le numéro du chapitre est écrit au début de ces chapitres, c’est à dire en avance. Dans certaines bibles de surcroît, les versets sont numérotés, en avance, comme les chapitres.

Parmi toutes ces choses qui défilent devant nous, au propre ou au figuré, il y a le temps : les jours, les mois et les années. Les divisions du temps ont toujours été, depuis les origines, comptées avec des ordinaux. En français, le premier jour du mois de juillet est le premier juillet ! Curieusement, à partir du deuxième on dit ledeux, le trois etc. Mais c’est une mode récente et il est facile de s’apercevoir que pendant la révolution française on disait encore le “quinzième septembre “, et non le quinze septembre ! D’ailleurs, remarquons que les anglophones continuent à bien marquer le caractère ordinal de leur compte des jours : september 15th.

Curiosité, dans cette phrase trouvée sur internet, les deux manières (dix-huit août et quinzième septembre) sont mêlées :

Arrest du Conseil d’Etat du roy qui ordonne qu’a commencer au premier octobre prochain les especes nouvelles ou reformees n’auront cours : le Louis d’or que pour onze liv. cinq sols, et l’ecu que pour soixante-un sols : et qu’au surplus l’arrest du dix-huit aoust dernier sera execute selon sa forme & teneur : du quinzieme septembre 1693 : registre en la Cour des monoyes le 16 septembre 1693 (pardon pour les accents, mais en Australie on les arrête à la douanes, comme les camenberts trop faits; cet extrait vient du catalogue de la bibliothèque nationale australienne http://catalogue.nla.gov.au/Record/883017)

Il est temps de réaliser que le millésime de l’année, 1789 par exemple, veut dire que c’est la 1789ème année en réalité. Il ne faudrait donc pas dire “l’an deux mille” mais ” l’an deux millième ” ! Une tendance très nette existe donc, probablement accentuée par la généralisation de l’affichage numérique, pour compter de plus en plus le temps de manière cardinale, comme en physique : t° =0 ce qui permet de le représenter sur un axe gradué.

Analogique ou Numérique ?

Les anciens cadrans, avec des aiguilles, sont analogiques car leurs aiguilles tournent sans s’arrêter, comme le temps est supposé le faire ou si vous préférez, comme l’ombre sur un cadran solaire … toutes les aiguillestournent “en même temps”, car aucune ne saurait s’arrêter.

Si l’aiguille des minutes tombait par terre, vous pourriez quand même suivre le début et la fin de chaque heure sur l’aiguille des heures. A bien y réfléchir, ce système est pourtant illogique puisque les minutes, par exemple, sont comptées plusieurs fois, par l’aiguille des secondes, par l’aiguille des minutes et par l’aiguille des heures !

Les trois lectures sont redondantes, ce qui n’a jamais gêné personne, l’heure étant aussi donnée par le soleil, le passage des trains, les marées, la radio des voisins … Remarquons que les anciennes montres, ou horloges, ne donnaient le quantième (le numéro du jour) que dans un système différent des aiguilles (la petite fenêtre), jamais le mois ou l’année, qui étaient comptés par les calendriers et autres almanachs.

Si on est pointilleux, on remarquera que l’aiguille des secondes de ces cadrans analogiques procède souvent par sauts, quelquefois même celle des minutes, quand il n’y a pas de trotteuse. Elle ne sont donc plus analogiques ! Vous êtes vous déjà demandé si le saut de l’aiguille avait lieu AVANT ou APRÈS que la seconde (ou la minute) se soit réellement écoulée ?

Supposons en effet que vous puissiez observer côte à côte une horloge avec l’aiguille des secondes vraiment analogique, une trotteuse “fileuse” qui avance sans s’arrêter, et une fausse analogique (elles sont aujourd’hui très majoritaires) avec une trotteuse “sauteuse”… Verriez vous alors la trotteuse sauteuse sauter en avant de la trotteuse fileuse ( répétez cette phrase le plus vite possible, filmez vous et postez le film sur youtube, puis faites moi parvenir le lien SVP), ou bien traîner en arrière, pour la rattraper sur le poteau, tel le lièvre et la tortue ?

Vraiment ou faussement analogiques, les cadrans à aiguilles ont largement été remplacés par des affichages numériques, on dit aussi “digitaux”. Ces affichages là, on ne peut plus parler de “cadrans”, continuent de donner un compte ordinal des différentes unités de temps qui passent. Mais de nos jours, on tient un compte avec des unités de toutes grandeurs, comme les secondes, les minutes, les heures, les jours, les mois et les années. L’abandon du système analogique aurait dû signifier obligatoirement l’abandon de la redondance, donc du comptage en avance. Ce choix correct a bien été fait pour les petites unités, heures, minutes et secondes, qui “sautent” seulement quand elles sont révolues.

Hélas, les quantièmes, les mois et les années … des almanachs ont été ajoutés sans réfléchir ! Ils continuent de compter EN AVANCE, comme les feuilles qu’on arrachait au bloc ou comme les mois qu’on admire (vous voyez ce que je veux dire) AVANT que le mois ne soit complètement écoulé … Si vous lisez 1999/09/19;16:45:02 cela veut donc dire que les trois premières mesures sont en cours tandis que les trois dernières sont révolues ! Cela est évidemment tout à fait illogique de regrouper sur le même affichage des comptes tenus d’une manière différente. N’est-ce pas l’unicité de l’affichage qui a fini par persuader tant d’esprits de l’unicité de la méthode de comptage et que l’apparition du nombre 2000 représenterait un anniversaire ? Cette explication serait très satisfaisante si les chroniques ne nous apprenaient que la querelle de la date de changement de siècle a déjà eu lieu … il y a un siècle, à un moment où les affichages à cristaux liquides étaient quand même assez rares !

Alors pour expliquer une erreur si répandue ne peut-on se rabattre alors sur l’effet “publicitaire” ? Chacun sait qu’il vaut mieux vendre un T-shirt 1999 F que 2000 ! Pour le client, le passage psychologique au deuxième billet -à débourser- ne se produit que quand il voit un 2 … De même certains Deumilliens se justifient en disant que le 4ème chiffre, en partant de la droite, représente le millénaire. Ils n’ont pas tout à fait tort, ce chiffre deux représente bien la fin du deuxième millénaire mais il apparaît un an en avance. Leur tort est donc de se fier à l’affichage. A quand les montres indiquant les numéros des jours et des années de manière à ce que l’on voie clairement qu’il s’agit d’ordinaux comptés en avance ? Mais si on veut “cardinaliser” les dates, alors il faudra accepter de voir afficher 1999 pendant toute la deux millième année et 0 pendant tout le premier jour du mois, de même qu’on dit “zéro heure trente” au milieu de la première heure de la journée

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