Des mots exotiques en tahitien


La langue tahitienne comprend des mots ayant des sons extérieurs à son système phonologique, exotiques donc. Dans mon titre je joue évidemment sur l’idée d’exotisme, tout ce qui vient de Tahiti étant a priori exotique pour un européen… Un développement spécifique traitera des ânes et de leur surnoms…

Article démarré en 2003 à Tahiti, retrouvé et mis à jour en 2011 à Auckland … A noter que je l’ai placé dans ma collection linguistique, mais qu’à l’époque je n’avais que très peu de connaissances … linguistiques. On excusera donc certaines approximations dans les notations…

Pour beaucoup, le tahitien EST par définition “exotique”. Dans le titre de cet article, j’ai juxtaposé les deux mots pour produire un effet amusant mais le mot exotique est à y prendre au sens relatif : exotique par rapport à la langue tahitienne. Bien sûr, chaque fois que quelqu’un qui parle tahitien “emprunte” un mot au français ou à l’anglais, il produit des sons non-tahitien, mais cet article s’intéresse aux mots qui ne sont employés qu’en tahitien, ou du moins dans l’interlangue qui est en pratique parlée en Polynésie française.

 Migrations et langues

A partir du XVIème siècle, l’avance technologique des européens en matière de navigation a permis la dissémination de leurs langues, en particulier l’anglais, le castillan, le portugais et le français sur toute la planète, suivie d’une implantation plus ou moins définitive selon la durée ou le mode de colonisation… mot repoussoir à laquelle cette dissémination est peu souvent associée. L’ultime stade de cette colonisation linguistique étant la disparition des anciennes langues indigènes.

Martinet (Des steppes à l’océan) a avancé qu’en réalité, cette dynamique des langues européennes, de l’ensemble des langues indo-européennes en fait, pas seulement de celles que je viens de citer, préexistait depuis le néolithique ce qui avait déjà assuré leur dispersion, à partir d’un foyer probablement situé dans le Caucase (d’où le terme de caucasiens pour désigner les européens), jusqu’à  l’Islande au nord-ouest et jusqu’à Ceylan au sud-est ! Une migration effectuée principalement sur la terre ferme donc.

Si on compare cette migration avec celle des polynésiens, les phénomènes en jeu ne furent certes pas les mêmes aux deux époques : migration préhistorique lente et sans retour, sur des terres vierges (ou presque), effectuée par des nomades au cours de la préhistoire. Voyages rapides avec retour prévu et mémorisation des lieux explorés, dans un monde déjà peuplé dans certaines directions, à l’ère moderne. Mais les indo-européens ne sont pas les seuls à avoir migré. De nombreuses autres migrations «préhistoriques » ont eu lieu, sur toute la surface du globe et on les repère aujourd’hui tant bien que mal par l’apparentement des langues (mais il ne suffit pas de trouver un mot ou deux qui se ressemblent pour inventer une grande migration…). Par ailleurs, l’observation des caractères physiques des populations, le grand dada des géographes du XIXème siècle, est trompeur. Il faut en particulier se méfier des caractères superficiels tels que la couleur de la peau. L’étude des marqueurs génétiques, dont la plupart ne sont devenus accessible que depuis quelques dizaines d’années, sera beaucoup plus instructive (voir le livre : Les 7 filles d’Eve).

La plus vaste de ces migrations dans l’espace et dans le temps est celle réalisée par les proto-malais qui s’élancèrent du sud de la Chine (bien avant l’arrivée des population mongoloïdes qui la peuplent actuellement). Ils poussèrent à l’ouest jusqu’à Madagascar, possiblement jusqu’en Afrique (où ils ne laissèrent malheureusement pas de traces) et à l’est, par l’intermédiaire de leurs descendant polynésiens, jusqu’à l’île de Pâques, possiblement jusqu’à l’Amérique (sans que cela soit absolument avéré). Certains mots désignant les parties du corps ou les premiers nombres sont encore reconnaissables en malgache et en tahitien ! À eux seuls les Polynésiens, ou Maoris, dont l’odyssée est le prolongement direct de celle des précédents et dont on situe l’émergence deux ou trois mille ans avant J.C. ont recouvert une fraction étonnante de la surface du globe terrestre (Cook le souligne dans son journal).

Le fameux triangle polynésien, qui s’étend des îles Hawaii à l’île de Pâques et à la nouvelle Zélande, colonisée par eux seulement au XIIIème siècle serait en quelque sorte le plus grand terroir du monde, s’il n’était composé à 99, 99% d’immensité marines… L’apparentement des langues européennes avec les langues indiennes (vivantes comme le Hindi ou mortes comme le Sanskrit) ne fut découvert qu’au XIXème siècle et par des savants, donnant naissance à la notion de langues indo-européennes. En revanche l’apparentement des langues Maories ou polynésiennes avait été découvert dès le XVIIIème siècle par Cook et ses équipages lorsqu’ils se rendirent compte que les tahitiens qu’ils avait embarqués se montraient capables, au bout de quelques jours de contact, de converser avec les natifs de la Nouvelle Zélande ou ceux des îles Hawaii, à 5000 Km de leur île d’origine ! Cette parenté est encore aujourd’hui extrêmement frappante : d’une langue polynésienne à l’autre, les voyelles sont inchangées ou presque, alors que les consonnes semblent se substituer les unes aux autres :

Premiers contacts avec les langues polynésiennes

En arrivant au Marquises, il y a une quinzaine d’années (il ne faut pas écrire ce genre de trucs…car cela fera bientôt trente ans), je me demandai immédiatement si le « ka’oha » marquisien n’était pas l’exact équivalent du célèbre « aloha » hawaïen…la réponse est affirmative, bien que l’initiale K en marquisien soit difficile à justifier.

Il me fallu bien plus de temps, des années, pour recoller le nom marquisien si répandu Te’iki avec son équivalent tahitien Teri’i , et encore davantage d’années pour m’apercevoir que le nom de ma première monture marquisienne, le cheval Kaiu ( que je n’avais pas pris pour un « caillou » uniquement parce qu’on m’avait gentiment dit : « ça veut dire petit en marquisien») n’était pas différent de l’affectueux tahitien ‘aiu dont les anciens se servent pour interpeller les plus jeunes qu’eux, même adultes depuis longtemps, sans plus connaître son étymologie qui est : mangeur de lait soit  « bébé à la mamelle », le mot ‘ai = manger ayant été remplacé en tahitien moderne par ‘amu.

Peu à peu, j’appris à faire correspondre les mots d’une langue maorie à l’autre et ainsi à enrichir parallèlement mon vocabulaire en Marquisien, en Tahitien, en Hawaïen, en rarotongien etc. selon les occasions qui pouvaient se présenter: L’évolution des phonèmes étant régulière, on peut en effet souvent court-circuiter la reconstruction de la forme primitive, proto-polynésienne, pour sauter directement d’une langue à l’autre (mais la pertinence du résultat n’est pas garantie bien sûr, comme quand on ajoute des a et des o aux mots français pour avoir des mots espagnols, procédé bien connu des touristes sur la Costa brava…).

Ainsi Faratea en tahitien (un nom de lieu) devrait donner Falakea en Hawaïen et ‘aratea en maori des îles Cook. Connaissant ainsi à l’avance le résultat possible de ce nom, on peut s’en servir pour consulter des cartes…pour voir s’il existe un tel lieu dans ces territoires, homonymes du lieu tahitien. Mais très vite, si on prend comme point de départ des mots tahitiens, on se heurte à des difficultés de transposition vers les autres langues maories. En effet la langue tahitienne est en quelque sorte la plus « évoluée », du point de vue phonétique, de toutes ces langues : La plus évoluée parce qu’elle est la langue polynésiennes dans laquelle la réduction du nombre total de consonnes a été la plus grande : de 13 supposées en proto-eastern polynésien, il n’en reste que 9 : pvrtfh’mn. En tahitien, l’occlusive glottale représente l’aboutissement soit d’un ancien K soit d’un ancien NG (consonne aussi notée G). Une occlusive glottale dans un mot tahitien ne permet donc pas la reconstruction automatique du mot dans les autres langues, sans parler du proto-polynesien.

Prenons un exemple : Le mot tahitien ‘ai’a (patrie, terroir) pourrait théoriquement « venir » des formes anciennes : Kaika Ngainga, Ngaika ou encore Kainga ! C’est seulement la connaissance de la langue des Tuamotu et de Rarotonga où on retrouve (kainga =population, terroir) et du marquisien (kaina, ‘aika, ‘aina = propriété, domicile, patrimoine) qui permet d’éliminer les trois première formes et de postuler ensuite l’existence en hawaien du mot  ‘aina avec un sens proche. Si l’on veut aller plus loin, on se heurte à une difficulté supplémentaire : comme la plupart de ses voisines de Polynésie orientale, à l’exception du Pascuan, le tahitien est issu d’une branche des langues polynésiennes dans lesquelles l’ancienne occlusive glottale du proto-polynésien s’est amuïe. Ainsi, le proto-polynésien *matu’a a-t-il donné En tahitien : metua (remarquer l’absence de la consonne du proto-polynésien entre le u et le a ) En marquisien : motua (même remarque) En hawaïen : makua (idem) En rarotongien : matua (idem) Mais  en pascuan : matu’a (remarquer au contraire le maintien de cette ancienne consonne) La conséquence directe de cette évolution est qu’à partir d’une forme orientale (sensu stricto, hors pascuan) on ne peut jamais reconstituer une forme occidentale car entre chaque paire de voyelles concomitantes peut se cacher une ancienne occlusive, toujours prononcée en pascuan, en tongien, quelquefois en futunien et wallisien. Curieusement, dans presque toutes les langues où elle avait disparu en tant que phonème sans laisser de trace, l’occlusive glottale a resurgi en tant que réalisation sonore d’autres phonèmes anciens, différents selon les langues : En rarotongien, à partir des anciens S et F En marquisien, à partir des anciens R et L En hawaïen, en samoan et en tahitien, à partir des anciens K En tahitien à nouveau, on l’a déjà vu, à partir également des anciens NG Cas plus rare, en hawaïen, le K ancien non “disparu” en tant que phonème mais évolué en occlusive glottale, renaquit (en tant que son) à partir de l’ancien T !

Surprises en Tahitien

En tahitien moderne, étant donné  ce que nous venons de voir, aucun mot ne devrait comprendre de K ou de NG. C’est d’ailleurs ce que prévoient les dictionnaires de cette langue, qui n’ont pas d’entrées pour ces consonnes. En réalité, on observe dans la langue parlée un certain nombre de mots qui s’écartent de la norme phonologique. Il s’agit la plupart du temps d’emprunt directs au français ou à l’anglais comme “ice-cream” qui comprend par exemple un son S et un son K, normalement inconnus en tahitien ( ce mot contient également d’autres aberration pour un mot tahitien, ainsi la juxtaposition des trois consonnes SKR, normalement interdite ainsi que la terminaison par une consonne !). Ces mots peuvent être utilisés aussi bien en tahitien pur (?) qu’en français pur (?) mais le plus souvent ils le seront dans une situation d’interlangue. Puisque qu’on est alors dans une interlangue (intermédiaire entre le français, le tahitien mais aussi parfois, l’anglais, l’emprunt devient la norme et on ne peut plus réellement parler d’emprunt, tout est alors emprunté ! Si on élimine tous les mots directement rattachables au français et à l’anglais, il reste toutefois un certain nombre de mots curieux qui ne satisfont pas à la norme phonologique du tahitien. Ils contiennent souvent une ou deux consonnes aberrantes. Certains sont très connus par les Popa’a qui vivent sur le territoire, d’autres moins car on les entend beaucoup plus rarement en français. Ils ne se trouvent normalement pas dans les dictionnaires tahitiens, en tout cas pour ceux qui débutent par une consonne théoriquement absente de la langue, c’est d’ailleurs la majorité. Pour chacun de ces mots, nous donnons entre parenthèses la liste des sons aberrants puis une tentative de définition, une phrase d’exemple et enfin une tentative d’étymologie :

AICHERE : la première fois qu’ils rencontrent ce mot courant, notamment dans le nom Fenua Aichere, les français métropolitains sont étonnés car ils ont appris que le son CH n’existait pas en tahitien. Or ils entendent clairement un CHE dans aihere (la vraie notation). Il s’agit tout simplement du son [h] qui se retrouve dentalisé par le [i] qui le précède. Ce phénomène est d’autant plus frappant pour l’oreille du zoreille qu’il entend très mal, en fait pas du tout, le son [h].. On peut entendre le même phénomène en anglais dans le mot “huge” qui parait alors prononcé “chiudge”.
AKATI (k) : grondé, réprimandé. ‘aue ! ‘ua parari te hapaina ! ‘ua akati ‘oe = houla ! tu as cassé le verre ! on va te gronder !
BORABORA (b) : nom usuel de PORAPORA. Personne ne fait attention à ce nom qui contient pourtant des B, consonne absente du Tahitien ! L’explication en est bien connue. C’est la graphie anglaise qui a prédominé et les anglais ont eu tendance à prendre les p tahitiens pour des b. En effet le b initial n’est pas aspiré en anglais contrairement au P(h) initial, donc un P initial non aspiré, bien que non sonore, peut facilement être pris pour un B par un anglophone (ça va toujours ?).
HUAKARI (k) : peu connu dans les milieux francophones-seulement, très connu en milieu tahitien où il est quelquefois usitée en français. Ce mot désigne les enfants, la marmaille ! Le vrai mot tahitien, répertorié dans le POLLEX, est “hua’a(i)” (http://pollex.org.nz/entry/fuaaga/) dans lequel on reconnait la racine HUA qui désigne le fait d’engendrer (ses dérivés étant employés selon les dialectes pour les fruits, leur maturité, les gonflements, les “boutons”, les œufs, les liens familiaux, les parties sexuelles, la multitude, les petites particules, etc. sans qu’un sens soit exclusif des autres d’ailleurs cf. : http://nzetc.victoria.ac.nz/tm/scholarly/tei-TreMaor-c1-3.html  )
Des formes qui se finissent aussi en i (au lieu de a seulement comme dans la racine reconstituée) existent aussi à l’île de Pâques et à Tupuaki (ou Tupu’aki, bref en tout cas un endroit aux Salomons TRÈS difficile à localiser, peut-être sur l’île de Rennell, à moins que ce soit le nom du langage seulement ????).
Toujours est-il que la forme huakari est 1 clairement non tahitienne par son K 2 irrégulière par rapport à la racine proto-polynésienne-nucléaire par son R. A ce stade, j’aurais donc penché pour une formation expressive, inventée à partir du tahitien par sur-correctisme. Mais voilà, le mot existe réellement au fin fond des Tuamotu à Fangatau-Fakahina et dans la région de Hikueru, lieux où il pourrait être une évolution de “huariki”, lui même un amalgame de huanga tamariki ??? Mais voilà, il y a encore un hic (ueru) : on a aussi ‘uakari à Rapa (où il pourrait toutefois être une re-rapaisation récente à partir du tahitien ?). Toujours est-il qu’en PF, ‘il s’agit très probablement d’un emprunt tel quel du tahitien à un dialecte paumotu.
KAINA (k) très connu même dans les milieux francophones : populaire, polynésien, peut s’appliquer plus ou moins péjorativement à une personne, un quartier, un habillement, une musique etc. Vient certainement du mot “kainga” en Paumotu ou rarotongien mais normalement les mots Rarotongiens ou Paumotu comprenant la consonne NG sont réinterprétés avec une occlusive glottale en tahitien par ex. : Ra’iroa pour Rangiroa ou Raroto’a pour Rarotonga! Le passage du NG au N pourrait être le fait de locuteurs non polynésiens, en l’occurrence les popaas de Polynésie ?
KAKLET (k,  consonne finale) : déformation de squelette, donc maigrelet.
KARUKARU (k) : frip&, ridé. ‘ua karukaru roa te ‘iri o to’u mama ru’au = ma grand-mère a la peau très ridée. Directement issu du protopolynésien *KALU = peau fripée des fruits ou autour des yeux, le maintien du K en tahitien pourrait être dû soit à un emprunt au rarontongien ou au paumotu soit à un archaïsme.
KATIHOPE (k) : pourri, déglingué. ‘ua ktatihope to’oe pereo’o = elle est pourrie ta voiture ! Viendrait du nom du navire Cassiopée, qui a pourri longtemps dans le port de Papeete (comm. pers. P. Siquin)
KATIHERO (k) (var. Kotihero) : garnement (prononcer katchero…)
KAREHERO (k) : mince alors (exclamation)
KEKE (k) : aisselle. C’est l’ancien mot proto-polynésien donc possiblement un archaïsme.
KIKIRI (k) : chatouiller, gigoter. Ce n’est qu’un variante moins réduplicative de KIKIRIRI (nom d’une célèbre boite de nuit = ) ! Il serait tentant de le rapprocher de la racine polynésiene KIRI = peau qui se serait croisée avec le français GUILIGUILI de même sens, en quelque sorte !?! (et pas toujours dans les dictionnaires…)

KOKONANA (k) : porter sur son dos. On dit aussi KAKANUA ! Un ancien cheval de dessin animé ou de bande dessinée se serait-il nommé Coconana ? [1] Une autre piste est la suivante : les ânes ont tendance à s’appeler Coco… Pas que les ânes d’ailleurs, car Littré, à l’article Coco 2, nous dit : “4° Terme d’encouragement qui se dit quelquefois à un cheval. Hue, coco !”

1 La célèbre chanson “à dada sur mon bidet”, connaîtrait d’ailleurs une variante “à coco sur mon bidet” d’après http://www.mamalisa.com/?t=fs&p=2905&c=22

D’autres ânes Coco se trouvent à : http://www.aupasdelane.be/pht/?q=node/22http://www.dailymotion.com/video/xb1ww_mon-ane-coco-braiant2_newshttp://brisco.show-team.pagesperso-orange.fr/francky.htmhttp://boureauandco.blogspot.com/2011/01/311010-ah-coco-mon-ane-jai-perdu-ma.htmlhttp://famille.leon.voila.net/page_jl.htm

Il est donc probable qu’un “nâne Coco” soit devenu Coconana par inversion de l’ordre des mots et agglutination de l’article, la fantaisie tahitienne se chargeant de le transformer en Kakanua.

KOKOPU (k) : sorte de gros goujon dans les rivières; ce sont leurs alevins qu’on capture aux embouchures sous le nom de ‘eina’a. La racine ‘opu signifie ventre et ‘o’opu (qu’on pourrait rendre par MORFAL !) est attesté en tahitien dans la toponymie (une rivière à Taravao et une autre à Papara). Kokopu serait donc un dialectalisme des îles sous le vent qui s’est répandu à Tahiti plus ou moins récemment (ou une forme archaïque qui s’est maintenue car plus expressive).

KOKONE (k) : petit. Existe aussi sous les formes PIKONE et CHIKONE …

KOKORO (k) : membre viril. Probablement emprunté à la langue Paumotu ou archaïsme à partir du proto-polynésien *koro = désir. Peut se manifester sous la forme atténuée POPOLO (zizi) avec ce curieux L qui lui donne un air hawaien …voir plus bas

KOMANA (k)

HASVANN (s, sv, consonne finale) : furieux, ou idiot. Origine inconnue. Pourrait être tout simplement une forme raccourcie de Taravana

GALEGALE (g,l) : onomatopée incantatoire.Les “G” sont à prononcer : ng.  Galegale tiha ! = abracadabra ! 

MATA FION (F, õ) : formé de “mata” = yeux et “fion” prononcé comme en français avec la nasale, désigne les gens qui louchent. La variante MATA FERA ne comprend pas de son exotique, mais le mot “fera” ne semble pas avoir de sens en tahitien.

MATA SOI (s) : même décomposition que le précédent, désigne aussi les gens qui ont un strabisme.

POLOLO (l) : une formation plaisante, euphémisme pour KOKORO trop obscène. Je propose une explication au fait qu’un mot puisse en tahitien changer facilement de consonnes dans mon article : https://kn0l.wordpress.com/linventaire-phonologique-dune-langue-ou-determination-de-ses-phonemes/

POSATE, très connu même dans les milieux francophones (s): Chauve . On y reconnaît la racine PO, abréviation de UPO’O : tête. Est peut être une simplification du suivant:

POSAKANA, beaucoup moins connu (des popa’a)  (s,k):  On y reconnait probablement la racine ‘ana’ana : luisant (comm.pers. Dominique YAU)

PUKARARA (k) : ébouriffé. Déformation de pufarara

PUKET (k) : pourrait être un syncrétisme de bouc et de biquette, qui désigne l’odeur de bouc, et par extension une odeur de transpiration….

REKOREKO (k) : parler de façon inintelligible, baragouiner. ‘e aha to’oe rekoreko ra ? = qu’est-ce que tu es en train de marmonner ? Le proto-polynesien *LE’O parole a donné [reo] en tahitien, maori, rarotongien etc., [leo] en hawaien, samoan, futunien etc .Toutes ces langues ont donc perdu l’ancienne occlusive entre le e et le o, qui ne se retrouve qu’en pascuan [re’o] et en tongien [le’o]. Le mot est attesté en paumotu et le tahitien le lui a juste emprunté. Par contre dans cette première langue,  Il faudrait donc postuler un emprunt au pascuan avec transformation de l’occlusive en k pour faire plus vrai (un peu comme quand on roule les r en français pour faire agricole …) ou une reconstruction subliminale de l’ancienne prononciation avec surcorrectisme ? On peut encore envisager un archaïsme avec évolution aberrante.

SAIRA (s) [le dernier a très court]: ouvrier subalterne, arpette. Origine inconnue (merci de collaborer)

SAKA (s,k) : sans  faire exprès. “Mea saka noa” (il a gagné, sans le faire exprès, donc : “quel coup de bol !”)

SAKARAREI (s,k) : saperlipopette

SAKARI TSOIN TSOIN : est la version tahitienne de “tagada tsoin tsoin”. On remarque la présence encore une fois des sons “SAKA” déjà rencontrés trois fois. J’émets l’hypothèse que le tahitien est certes inventif dans ses créations fantaisistes, mais surtout au niveau morphologique (assemblage de syllabes); au niveau phonétique il est plus rentable d’utiliser des combinaisons au pouvoir “choquant” éprouvé que d’en inventer de nouvelles.

SEKASEKA (s,k) : eczéma. Probablement juste refait sur “exzéma”.

SHALALA (s,l) : n’importe quoi. S’emploie dans des expressions telles que ” ‘iè shalala noa ” (c’est n’importe quoi; peut-être une réinterprétation de ” ‘ie pata hanoa”)

SIKI, très connu même dans les milieux francophones (k): de peau fonçée, pour une personne en général. Bruno SAURA [2] avait émis l’hypothèse que ce mot viendrait de l’anglais silk (la soie) car les premiers tissus de soie auraient toujours été noirs (?). Une rapide enquête m’a permis de découvrir que (Battling) Siki était le surnom d’un boxeur (noir) d’origine sénégalaise et devenu champion du monde dans les années 1900. Il est très probable qu’il a dû faire la une des journaux tahitie à cette époque.

SOAOTOI est le nom du récif qui se trouve en bout de piste de l’aéroport vers l’est, en face du lieu dit Te ‘Auae, tel qu’il apparaît sur d’anciennes cartes marines américaines (Moana M. m’a signalé qu’en fait, il est tout simplement sur Google maps, également américain… donc aussi sur tous les sites qui répercutent ces données, mais à l’extérieur de la passe et un peu à l’est ????).

soaotoi 2

D’où sort ce nom, d’autant qu’il n’est jamais arrivé, à ma connaissance, sur aucune carte française (curieusement, la carte en question, “PAPEETE HARBOR”, issue du Geographic Office, US Navy, comporte la mention “From French surveys between 1869 and 1938”. On y rencontre, au milieu des toponymes en tahitien et anglais, plusieurs annotations en français, dont : “Recif Soaotoi” “Chenal Tau-Noa” “Pte Fare Ute” “Pte de la manutention”, cette dernière étant le site de la fameuse “clef à molette”…). Le son [s] fait suspecter un emploi argotique, la terminaison en TOI n’est pas non plus pour me rassurer. Un cartographe américain aurait bien pu se faire refiler une insanité plus ou moins comique (cf. https://kn0l.wordpress.com/levi-strauss-ethnologue-naif-ou-quand-la-pensee-sauvage-devient-de-la-botanique-scabreuse/ et The curious case of Gabriele (Gaby) Cablitz

(en juin 2016, le filigrane de “soaotoi”a disparu de Google Maps, mais le lieu apparaît toujours lors d’une recherche…)

soaotoi

SOSIARII (s) : dessins animés (voire films érotiques). Origine inconnue

SONAE (s) (se prononce pratiquement “sonin”) : propre, bien rangé, en parlant d’une maison, d’une chambre.

SOSO : uniquement dans l’expression : tari’a soso = sourde oreille (vous avez une suggestion ?)

TABOU : est évidemement le mot tahitien “tapu” = sacré, interdit passé à l’anglais et revenu quelquefois sur les pancartes qu’on voit à l’entrée des propriétés…

TIKI : lui aussi devenu un mot internationalement connu, comme le précédent n’est pas une forme tahitienne (ti’i), encore moins une forme hawaiienne contrairement au” style Tiki” (le mot est Ki’i en hawaien). C’est probablement la forme marquisienne qui s’est imposée car c’est aussi là qu’on rencontre les plus gros tikis….

TUBUAI (b) : nom usuel de TUPU’AI. Même formation que Borabora.

Des mots exotiques en Marquisien ?

Les différents dialectes marquisiens ont suivi une évolution tout à fait semblable à celle des autres langues maories :

Les voyelles sont restées extrêmement stables tandis que les consonnes avait tendance à changer phonétiquement.

L’originalité des dialectes marquisiens est la tendance à la “disparition” des anciennes consonnes liquides R et L qui se sont transformées en occlusives glottales.

L’ancienne occlusive glottale du proto-polynésien avait sans doute disparu depuis longtemps quand ce glissement a commencé, laissant ainsi une niche articulatoire vide (voir plus bas cependant).

Le Marquisien moderne ne devrait ainsi pas comprendre de son R. L’entrée R du Lexique Marquisien-Français de Mgr Le Cléac’h ne comprend en fait que 15 mots y compris la définition de la lettre r : douzième lettre de l’alphabet.

Si on enlève les emprunts au langues européennes tels que : Reone = lion, Rita = litre, Ropa = robe, Ruri = lundi et Rutia = Russie, il ne reste plus que quelques mots dont la plupart ont aussi des formes où ce R est remplacé par une occlusive ou un N.

Le diagramme d’évolution du proto-polynésien vers les langues modernes de Walsh et Biggs ne prévoit d’ailleurs pas non plus de r en Marquisien. En dehors des quelques mots évoqués plus haut à la lettre R on trouve aussi de nombreux mots en r disséminés dans tout le lexique.

Même si la moitié d’entre eux est composé à nouveau d’emprunts européens ou au tahitien, il reste apparemment des mots typiquement marquisiens.

Ils doivent s’expliquer par archaïsme : ces mots auraient gardé leur ancienne prononciation malgré l’évolution de la langue. On devrait alors retrouver ces archaïsmes surtout dans la toponymie et les noms de personnes. Cela ne semble pourtant pas être le cas.

Exemples d’archaïsme : ‘a‘a = griller est prononcé rara à Ua Pou, c’est la prononciation supposée du protopolynésien. Toujours à Ua Pou  ‘u‘u est prononcé ruru. Le mot proto-polynésien Kere aurait dû donner ke‘e à Ua Pou et ‘e‘e dans les autres îles. C’est sans doute par archaïsme qu’on y prononce aussi kere et ‘ere.

Au niveau de la toponymie, souvent un repaire d’archaïsmes, on a l’îlot Terihi au sud de Mohotani et … à Nuku Hiva, un îlot également, situé au bout de la pointe qui sépare Anaho de la baie plus à l’est : Motuarahi (ou Motu Arahi, plus logiquement). Notons qu’il existe un îlot Arahi aussi devant Paiha dans la baie des îles en Nouvelle Zélande…

Enfin en cette fin 2013 j’accède nouvellement au Dordillon, tout finissant par se retrouver en ligne, sous forme de pages scannées toutefois (ce qui interdit les recherches automatisées). Et en fait, c’est le mot marquisien ‘eo’eo, rencontré sur le Pollex Online, qui m’a mené à cette trouvaille.

Si, comme le supposent les rédacteurs du Pollex, ‘eo’eo en marquisien est un réflexe (cognat) du East-polynesian *QEO (Q notant l’ancienne occlusive glottale reconstruite) : To have a bad smell, odour”, alors on n’est plus en présence d’un “archaïsme simple” (soit le maintien d’un phonème sous une ancienne prononciation, immédiatement précédente dans l’évolution) mais d’un ULTRA-ARCHAISME (?) soit le maintien d’un phonème normalement disparu de longue date, précisément le cas de l’ancienne occlusive glottale, normalement conservée seulement en Tongien/Niue et quelquefois en Pascuan.

Compte tenu du mot en question, qui désigne une mauvaise odeur, cette hypothèse est loin d’être extravagante : un mot typiquement archaïque en français est CACA… il est connu que ces mots hautement chargés peuvent échapper à l’évolution normale de la langue….

A Nuku Hiva, peut-être dans les autres îles, on entend souvent l’interjection “kira !” qui sert à chasser les chiens, une sorte de : dégage ! va-t-en ! etc. Nul besoin de faire une enquête linguistique pour ce mot dont l’origine, très vraisemblable, m’a été révélée spontanément : l’anglais “get out”.

Mots aberrants en Marquisien et en tahitien

De même que dans les pays anglo-saxons tout mot ayant un accent grave ou aigu devient de fait un mot français, donc chic (cf. les magasins SUPRÉ en NZ), une occlusive glottale “le fait bien” dans un mot polynésien.

C’est très probablement l’origine des mots :

“mo’a”  pour poule dans Hiva Oa : images d’une mémoire océanienne / Pierre Ottino et Marie-Noëlle de Bergh-Ottino. – Papeete : Centre polynésien des sciences humaines, 1991. – 46 p. : ill., cartes ; 21 cm. (ou un besoin de s’écarter du dangereux “moa”, poule mais aussi verge… peut-être aussi l’explication du fait que la rivière Moaroa à Papara, juste à côté du golf, se retrouve souvent affublée du nom de Mo’aroa ou Moa’roa (sic), merci à qui peut m’envoyer une photo du panneau routier…)

“pa’epa’e” pour plateforme de pierre dans la Notice explicative de la feuille d’Eiao À 1/25000, BRGM éditions, 2009

En cette fin 2014, je détecte une épidémie de “mara’e” (sic) comme ici :

www.ville-papeete.pf/articles.php?id=600

http://www.culture-patrimoine.pf/spip.php?article96

http://www.tahitiheritage.pf/fiche-marae-taputapuatea–te-p-24989.htm

Malheureusement, dès qu’une erreur se retrouve écrite quelque part, on court le risque de la voir recopiée à l’infini, comme cela se voit bien en toponymie, et cela a empiré avec l’internet…

À partir du 15 avril 2014, la page internet de Tupaia le célèbre tahu’a (bien tahu’a pas tahua)  embarqué par Cook lors de son premier voyage mentionne d’entrée une nouvelle variante de son nom : Tupai’a ! Dans la page au 29 déc 2014 Tupaia apparaît au total dix-sept fois, Tupai’a six fois et Tupa’ia deux fois. Il va être intéressant de suivre la compétition entre ces trois formes et gageons que les formes mutantes auront tôt fait de remplacer la forme “moins” polynésienne et de se répandre comme la vache folle dans un cercle de fanatiques de MacDonald’s.

(http://en.wikipedia.org/wiki/Tupaia_(navigator)http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tupaia_(navigateur)&oldid=102932464) !

Visiblement, le nouveau nom Tupai’a vient d’une mauvaise lecture des articles et/ou livres duVice-amiral Emmanuel Desclèves qui emploie Tupa’ia. (comme ici : http://www.tupaia-conseil.com/index.php?option=com_content&view=article&id=5:tupaia-le-navigateur-initie&catid=1:reflexions&Itemid=4)

Desclèves cite même Cook (en traduction française) comme ayant employé ce nom : “comme Cook le relate sobrement : « Tupa’ia nous accompagna dans toutes nos excursions à terre, il fut d’un immense secours. »”

Desclèves tire  très certainement sa graphie “Tupa’ia” de la lecture du livre de Glyndwr Williams :

The Death of Captain Cook: A Hero Made and Unmade, 2008

(The Global Eighteenth Century, edited by Felicity A. Nussbaum)
dans lequel la forme Tupaia a été complètement remplacée par Tupa’ia
y compris quand il cite son propre article de 2003 pourtant non encore contaminé ::
tupaia

Dans cet article, le même Williams emploie donc tout le long Tupaia, non Tupa’ia. Il est donc probable qu’il est lui-même l’inventeur, dans ce laps de temps, du nouveau nom avec occlusive, aucune autre source n’étant vraisemblablement en jeu.

Références

  1. Apparemment pour les anglo-saxons, Coconana évoque immédiatement un mélange de coco et de banane, sans que la piste ne mène à un quelconque cheval ??? Cela est possible parce qu’en anglais l’accent de BaNAna est sur le premier na, le Ba peut donc être supprimé sans inconvénient…
  2. in Des Tahitiens, des Français – Leur représentation réciproque aujourd’hui (préface de Tobie Nathan) je crois (?)

5 commentaires

Comments RSS
  1. moana

    Pour ‘Hasvann, je dirai que c’est le verlan de ‘Savant’ qu’on utilisait pour désigner quelqu’un de fou ou qui a du cran, qui se jette sans avoir peur, sans se poser de questions pour faire une chose complètement folle notement dans les sports extrêmes. Quelqu’un à qui il manque une case.

    Pour ‘Siki’ je fais le même rapprochement que toi avec Battling Siki car les polynésiens sont des gros fans de combats.

    Après je ne suis pas du tout spécialiste de linguistique…

    Merci pour cet article🙂

    • stefjourdan

      Merci Moana, d’avoir lu mon article et pour tes remarques. Oui je pense que mon interprétation de Siki est bonne, sans aucun doute.
      En ce qui concerne Hasvan, je prends note de ta théorie. À première vue je suis un peu dubitatif, pour trois raisons :
      – le verlan n’est pas très employé à Tahiti, tu connais d’autres exemples ?
      – si c’était du verlan, il serait bien compliqué, savant devrait donner : vansa pas hasvane
      – le mot de départ “savant” ne fait pas partie du vocabulaire de base à Tahiti, j’ai pu constater maintes fois que quand on leur disait (pour donner plus d’explication sur un mot qu’ils ne connaissaient pas) “c’est un mot savant”, les enfants comprenaient “un mot savon”…

      Merci encore d’être intervenu, si peu de gens participent et c’est dommage, internet offre des possibilités énormes d’échange d’idées (pas que dans le style Facebook).

      • moana meyer

        Stephane,

        Oui le verlan la franaise n’existe pas vraiment a Tahiti, sauf que je me rapelle avoir utilis un langage de rue, plutt chez les skaters dans fin des annes 80.

        C’tait vraiment un langage tordu! Mais rigolo. Un mlange de petit ngre avec des mots employs l ‘infinitif, avec des tournures qui expriment le contraire de ce ue l’on veut dire…. Enfin assez difficile expliquer🙂 ! Sans compter l’intonnation qui va avec.

        Pour dire qu’une personne avait un bon niveau de maitrise en skate on disai : “Pas le mec tre bon!”

        Exemples : “je ne veux pas” –> vouloir! “cette fille est jolie” –> Pas cette fille tre belle” “je vais aller lui parler”–> “pas moi aller lui parler” “j’ai faim” –> “pas moi avoir faim” “je n’ai pas”–> j’en a!” Et On disai bien hasvan (sans prononcer le h, ‘assvane’) pour dire savant. Et on utilisait trs souvent le mot savant, celui l par contre je l’entends encore. Savant aussi ce gars l = cette personne est inconsciente, ou fou ou os ou il a du cran.

        On rigolait bien parler comme a! Je peux encore parler avec quelques potes en plaisantant, l’poque c’tait bien rpandu, maintenant je n’entends plus a.

        Merci pour Siki!

        En effet je suis demi tahitien/franais, j’ai vcu au Sngal et je viens tout juste de revenir m’installer sur Tahiti aprs 12 ans d’abscence. Home sweet home🙂

        Et toi qui es tu? Je n’ai vu aucune page de toi ou de tes comptences sur ton site, j’aurai aim pouvoir te citer srieusement quand je parle de siki.

        A bientot

        Moana MEYER Concepteur multimdia / Webdesigner / Graphiste

      • stefjourdan

        Moana, je me réponds à moi-même, car il n’y a pas de bouton répondre en bas de ta lettre (par contre j’ai un bouton “modifier… ce qui n’est pas logique). Les bugs de WordPress m’énervent un peu et quand on les contacte, ils sont hyper-gentils et patients, que c’en est suspect. Renseignement pris, ils sont payés, peut-être même payés au nombre de mots ? Donc je reviens sur ta théorie du Hasvan : Merci pour ce témoignage de première main sur cet argot de skateur tahitien que tu as pratiqué, c’est amusant. Par contre je ne sais toujours pas si cela peut nous apprendre quelque chose sur l’origine de Hasvane. J’ai vérifié et le mot a bien un [h] prononcé en tahitien. Le manque du H dans votre argot fait penser à un emprunt par des locuteurs principalement francophones, au moins à l’origine, un peu comme ce qui est arrivé à Kainga > kaina (perte du NG, transformé en N).

        Votre argot reste intéressant, ainsi que l’emploi du mot “savant”. Ma théorie est peut-être à réviser : soit les jeunes élèves ne connaissaient pas encore ce mot soit il ne le connaissaient qu’à contre-emploi donc comprenaient difficilement la notion de “mot savant”: un mot “inconscient” et shiftaient sur “savon” ???

        Pour me citer, il suffit de mettre un lien vers l’article, merci d’avance….(et aujourd’hui, j’ai bien un lien “répondre” mais bon…)

    • stefjourdan

      Bonjour Moana, j’ai rajouté une nouvelle hypothèse pour Hasvane (source : locutrice du tahitien)

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