La diphtongue* en français et sa définition scientifique


*( écrit aussi diphthongue) dans le passé)


S’il n’y a pas diphtongue dans “chaos”, il y a certainement du chaos dans la définition de la diphtongue ! S. JOURDAN


Une définition et un test scientifiques de la diphtongue.

La pagaille qui règne dans la définition de la diphtongue et son origine : la difficulté de passer du niveau philologique au niveau phonétique, tout d’abord, puis surtout du niveau phonétique au niveau phonologique.


(Linguistique/phonétique/phonologie)Article écrit sur (feu) Google-Knol à partir du 24 juillet 2008 , un des premiers knols en français donc (et avant la francisation de l’interface).

État provisoire de la question :

Une recherche dans la littérature montre qu’un avis répandu (chez les auteurs francophones du moins) est que “la diphtongue n’existe pas en français moderne” et il est quelquefois précisé “qu’elle n’y existe plus”; souvent les auteurs ajoutent alors que l’ancien français en avait tout un tas mais qu’elles auraient aujourd’hui disparu. A contrario, des sources anglo-saxonnes font la liste des diphtongues du français…par exemple :
http://www.indopedia.org/Diphtong.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Diphtong#French
ou en citent une ou deux :
http://en.wikipedia.org/wiki/French_phonology

Mais la plupart du temps, le problème de l’existence de voyelles qui seraient des diphtongues est tout simplement “évacué”, c’est à dire non mentionné, même dans les exposés qui concernent les voyelles (aussi quand il s’agit des voyelles “en général” pas seulement en français) et la manière de les analyser, comme icite [1] :

ou là :
http://www.unil.ch/ling/page13422.html
http://www.unil.ch/ling/page12584.html
ou encore là :
http://www.linguistes.com/phonetique/phon.html
finalement ici :
http://airoe.org/spip.php?article138

dans la page de Wikipedia concernant la phonétique des voyelles :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Phon%C3%A9tique_des_voyelles

ni dans ces documents :

“Ms-PhonoFr Marie-Hélène Côté – Phonologie française.pdf”
ce livre :

French Sound Structure Par Douglas C. Walker (voir commentaires “Diphtongues en français québécois”)
ce livre :
Moeschler et Auchlin : introduction à la linguistique contemporaine
ce dictionnaire :
D. de linguistique et des sciences du langage, Jean Dubois, Mathée Giacomo, Louis Guespin, Christiane Marcellesi, Jean-baptiste Marcellesi, Jean-Pierre Mével, Larousse 1999
cet exposé : La transcription phonétique du français, François Lonchamp, Université Nancy 2, http://francois.lonchamp.free.fr [2]

De la même manière, les auteurs qui comptent le nombre de phonèmes (mais qu’est-ce qu’un phonème ? voir notre article sur la question) en français shuntent [3] le plus souvent la question.

Dans un ouvrage aussi sérieux que “Éléments de linguistique générale” d’André Martinet, la diphtongue est seulement évoquée deux fois (alors que les consonnes complexes, affriquées et autres géminées, ont droit à de multiples développements) dans la phrase suivante (2-23) : “Les voyelles longues sont également exposées à être diphtonguées, ce qui veut dire qu’au cours de leur émission, les organes modifient graduellement leur position…“; Comme l’auteur ne donne un exemple qu’en anglais et répète un peu partout que son français, dont il est apparemment très fier, compte 36 phonèmes, il est bien évident que celui-ci ne doit pas en contenir (de son point de vue du moins) [4].

Martinet évoque à nouveau les diphtongues en 3-23 : “c’est souvent pour des raisons analogues que des production phoniques non homogènes, affriquées ou diphtongues, sont, dans les langues les plus diverses, à interpréter comme des phonèmes uniques.” Cette phrase suit une démonstration mettant en évidence une consonne complexe à l’attaque de l’anglais chip, et non une séquence /tž/, par homologie avec l’anglais gin à l’initiale indécomposable (pourquoi ne pas avoir pris chin plutôt que chip ?).  Malheureusement, Martinet ne donne aucun exemple d’une pareille analyse menant à une diphtongue et c’est d’autant plus dommage qu’il vient de manquer au paragraphe  3-21 une bonne occasion de comparer les solutions qui pourraient expliquer l’opposition abeille/abbaye,  sautant directement de l’exemple à la conclusion qu’il y a dans le premier une semi-voyelle qui s’oppose à la voyelle du second. Une vraie analyse aurait envisagé que le nombre de phonèmes dans les deux mots puisse être différent (“production phonique non homogène”=”possibilité de phonème unique”) autrement dit que abeille n’ait que trois phonèmes, le dernier étant une diphtongue. (Je ne dis pas que c’est mon analyse, je dis que Martinet aurait dû l’envisager, quitte à l’écarter ensuite)

Point de vue des utilisateurs

Des linguistes spécialisés, au moment d’utiliser la notion de diphtongue, se plaignent de son manque de rigueur, comme ici Laurence Labrune [5] dans sa recherche sur le japonais.

Dans sa réflexion, l’auteure (de niveau doctoral ou plus élevé à ce moment là) a ingénument trouvé deux diphtongues en français…sans s’apercevoir qu’il n’y a pas de diphtongues en français moderne etc

Le même faux-pas est commis par Céline Romero qui dans son cours en ligne (phono.pdf 2007) écrit : “De même dans l’exemple français “oignon” prononcé soit [Oñ˜O], soit [wañ˜O] (sic, je laisse à l’auteur la responsabilité de cet exemple) : la variation morphologique n’atteint en rien l’opposition phonologique illustrée par la paire “botte” [bOt], “boîte” [bwat]”. (Eh madame, si botte et boite sont une paire minimale, boite  contient une diphtongue ! Oups)

Cadre de réflexion proposé :

Si la linguistique est une science, il devrait exister une définition (une bonne définition doit être cadrée de préférence, c’est à dire indiquer dans quel contexte elle doit s’entendre; un bon contexte est le nom d’une discipline) de la diphtongue et on devrait aussi pouvoir tester, grâce à cette définition, sa présence et/ou son absence dans une langue donnée. En effet une hypothèse scientifique doit être démontrable ET “infirmable”.
Une définition doit donc contenir un test.

En l’occurrence, pour prouver l’absence de diphtongues en français, il faudrait montrer que tous les cas proposés comme des diphtongues n’en sont pas. Par contre, pour prouver l’existence de la diphtongue en français, il suffirait de prouver l’existence d’une seule diphtongue (sans préjudice de l’existence d’autres cas). Bien entendu la définition de la diphtongue idéale devra pouvoir s’appliquer à n’importe quelle langue.

Amuses gueule :

Pour commencer à réfléchir, on a malheureusement besoin d’avoir un sens, fut-il provisoire, pour les mots que l’on va employer :

Qu’est qu’un digramme ? : la définition de ce concept paraît simple, il s’agit d’un ensemble de deux lettres (qui seront malheureusement souvent désignées par le mot “voyelle”) juxtaposées dans l’écriture. Ce digramme est très souvent pris pour une diphtongue et cette erreur se rencontre depuis le discours des instituteurs jusque dans les ouvrages de référence, comme on le verra.

Qu’est-ce qu’une diphtongue ?
: la définition de ce concept est certainement beaucoup plus difficile, on va rapidement s’en rendre compte dans la suite de cet article, mais un bon début pour sa compréhension est justement de ne pas tomber dès l’abord dans le piège de la confondre avec le digramme (cette erreur est encore très répandue, voir par exemple en anglais : http://www.cja-jca.org/cgi/reprint/46/1/1.pdf). Petit extrait :

“DIPHTHONGS have gone. At its 1998 Board meeting the editors of the Canadian Journal of Anesthesia decided to modify the style of the journal to replace the diphthongs “ae” and “oe” with “e”. Commencing
January 1999, the CJA has changed to hematology, diarrhea, pediatrics, and encyclopedia but the diphthong
will be maintained in proper names, Caesar and Phoebe and in manoeuvre and subpoema, as is common in
Canadian Press spelling.”

Cet écueil évité, d’autres embuches guettent pourtant le “chercheur en diphtongues”. Pour rédiger sa définition, il aura à trouver une bonne définition déjà existante (difficile on le verra), plus probablement à en consulter le plus grand nombre possible pour se faire une idée sur la question. Tout ce qu’on sait donc au départ, c’est que la diphtongue n’est pas un digramme et qu’il s’agit d’un phénomène qui s’observerait dans la prononciation (on s’en doutait mais certains le précisent : cf. LAMBERT-DRACHE) et qui s’opposerait à l’idée de la monophtongue, ou voyelle pure, une voyelle conservant toujours le même son.

Voyons comment nos prédécesseurs se sont acquittés de cette tâche :

Quelques définitions trouvées sur internet et dans les ouvrages de référence :

donne (2008) la définition suivante :

diphtongue, nom féminin : sens 1 :Voyelle complexe qui change de timbre en cours d’émission(la définition de  “voyelle” étant dans le même dictionnaire : sens 1:  Son humain du langage caractérisé par une résonance de la cavité buccale plus ou moins contrôlée(sic, les auteurs ont peut-être voulu dire : “son du langage humain” mais comme il n’existe pas de langage autre qu’humain on ne voit pas bien ce que l’adjectif apporte à la définition…).Notre commentaire : c’est la définition phonologique/phonétique de la voyelle parlée qui est mise en premier dans ce dictionnaire, qui donne aussi la définition usuelle ou scolaire de voyelle : sens 2 : Lettre de l’alphabet qui représente ce son

donne (2008) la définition suivante :

diphtongue Syllabe composée de deux sons différents.
(malheureusement la définition de “syllabe” est dans le même dictionnaire : Voyelle seule ou jointe à d’autres lettres et qui se prononce d’une seule émission de voix.)

On note ici la confusion, classique, de la voyelle son, dont on est en train de parler, avec la voyelle lettre.


  • Au passage, Mediadico propose de cliquer sur la définition du Dictionnaire de l’Académie française (8e

édition) :
diphtongue [Grammaire] Syllabe qu’on prononce en faisant entendre, d’une seule émission de voix, le son de deux voyelles. Ao est une diphtongue dans Chaos, Extraordinaire.Il se dit improprement, par extension, de l’Ensemble de deux ou plusieurs voyelles qui ne forment qu’un son unique dans la prononciation, comme ai, au, eau, eu, ou, oi, oua, oué, oui, ia, ié, io, ieu.

Cette définition est extraordinaire : elle montre une tentative (en petites lettres) de se sortir de l’ornière de compréhension rebattue qui fait prendre les digrammes pour des diphtongues. Cette petite phrase explique que les groupes de lettres qui se prononcent en un seul son ne sont pas des diphtongues, mais que “par extension” on leur donne ce nom. On reste dans une interprétation non-linguistique, ce qui est normal en grammaire (la définition est cadrée) et la langue consiste dans ce cadre à prononcer des lettres, les lettres a et o de chaos, dans l’exemple…

Si les deux premiers dictionnaires ne se sont pas prononcés, l’académie française admet donc l’existence banale de la diphtongue en français, définie comme une syllabe dans laquelle les voyelles lettres se prononcent séparément.

Par ailleurs on a dans le même Dictionnaire de l’Académie française: diphtongaison : Fusion de deux voyelles qui se suivent en un seul élément vocalique !Dans une phrase de ce type, comme on ne sait pas ce que l’auteur entend par “fusion”, ni par “voyelle”, ni par “élément vocalique”, bonjour la compréhension…mais a priori cette définition de la diphtongaison paraît bien contradictoire avec celle de la diphtongue…


  • Venons en maintenant au “Nouveau” Petit Robert, édition de 2002:

diphtongue PHONET. Voyelle qui change de timbre en cours d’émission, à l’intérieur d’une même syllabe (notée par une ou deux lettres-voyelles).Les diphtongues n’existent plus en français moderne…..REM En français, ni les voyelles en hiatus (ex. Chaos), ni les successions voyelle/semi-consonne (ex. travail), ni les successions semi-consonne/voyelle (ex. oui) ne sont des diphtongues.

Notre commentaire, sur chaque partie de la définition (définition, citation, remarque) :

    • La définition : La définition est cadrée (on parle de phonétique); l’auteur essaie laborieusement de faire comprendre à son lecteur qu’il parle de voyelle orale, de la voyelle parlée, pas de la lettre ! C’est déjà visible au début de la phrase, à cause du timbre (les lettres n’ont pas de timbre, sans jeu de mot…) mais on revient dessus à la fin pour bien préciser que cette diphtongue est notée par une ou deux lettres (et trois ce n’est pas possible ? peut-être que l’auteur ne parle que du français ?). Il est précisé “à l’intérieur d’une même syllabe”. On se demande comment un son pourrait être le même son, en chevauchant plusieurs syllabe et en profiter quand même pour changer de timbre ?
    • La citation : on est ici dans quelque chose de tout à fait nouveau ! La citation choisie donne une opinion sur l’existence de la diphtongue en français ??? Contrairement à la coutume, l’auteur de cette citation n’est pourtant pas nommé ? Ce genre de procédé est-il commun dans un dictionnaire ? Si on examine dans le même dictionnaire les définitions de licorne et de fée, on trouve qu’après une définition qui précise que ce sont des êtres fabuleux pour la première et imaginaire pour la seconde, les citations ne précisent absolument pas que les fées ou les licornes n’existent pas dans le monde réel…
    • La remarque : les auteurs de la définition reviennent encore une fois à la charge pour bien préciser que tout ce qui pourrait ressembler à une diphtongue n’en est pas réellement une. Il n’y a pourtant pas de remarque à fée et à licorne pour préciser que les fées et les licornes qu’on pourrait rencontrer sont en réalité des personnes déguisées ou des chevaux affublés d’une corne ?
  • Intrigués par cet acharnement, nous avons consulté l’édition précédente de ce dictionnaire, celle de 1991, et là, SURPRISE :

Diphtongue [Phonét.] Voyelle dont la tenue comporte un changement d’articulation produisant une variation de timbre ((jusque là tout paraît normal)). La diphtongue peut être considérée comme formée d’une voyelle et d’une demi-consonne (ah bon, pourquoi ?).Diphtongue ascendante, croissante ou fausse-diphtongue (sic). , où la semi-consonne est le premier élément (ex. pied, lui, où le i [j], le u [ ] sont des semi-consonnes). Diphtongue descendante, décroissante, où la semi-consonne est le second élément (ex. l’angl. take, où le a est une diphtongue; le fr. travail) * Cour. (Abusiv.). Hiatus (chaos, paysan) formé de deux voyelles.

L’article reconnaissait bien l’existence de diphtongues en français, dont certaines “fausses” (une distinction héritée de Saussure, qui avait opposé phonétiquement les diphtongues qui s’ouvraient et celle qui se fermaient dans son Cours de Linguistique posthume). Mais qui sont bien considérées comme des diphtongues quand même puisque “pied” est donné comme exemple à l’article voisin : diphtongaison… On voit donc que l’équipe rédactionnelle du Robert a complètement changé de cap, un revirement à 180 degrés en fait, entre les deux éditions ! Pourquoi ? L’ancienne définition était donc fausse ! Hou la la ! et il a fallu la remplacer par la nouvelle, on l’a vu, très péremptoire et martelée plusieurs fois…

On peut supposer que les rédacteurs d’un dictionnaire ont tendance à conserver leurs anciennes définitions telles quelles. Opérer un tel revirement ne doit pas être si fréquent ? Une manière de l’expliquer serait de supposer une intervention extérieure à l’équipe rédactionnelle, qui aurait été interpellée sur la question de la diphtongue et sommée de revenir dans l’orthodoxie. Cette hypothèse expliquerait la rédaction curieuse de l’article le plus récent, en forme de reddition.

Les rédacteurs du Petit Robert renoncent solennellement à la diphtongue entre 1991 et 2002

.

Une question de cohérence….

On l’a vu, des pages en anglais donnent un liste des diphtongues en français… d’ailleurs pour certains auteurs (je n’ai pu retrouver cette citation, merci de me la transmettre si vous la connaissez), farouchement opposés à la diphtongue en français, ce serait finalement une “vision anglo-saxonne”.. que de voir des diphtongues dans notre langue. Manière élégante d’évacuer le problème, n’est-ce pas ?

Mais si des références en français récentes faisaient mention de diphtongues en français, ce serait plus gênant. C’est pourtant bien le cas : voici une liste d’articles faisant référence aux diphtongues observées dans le français du Canada notamment [6]:

On peut bien évidemment trouver aussi des pages sur internet qui évoquent la question, comme http://www.ciral.ulaval.ca/phonetique/phono/r38.htm qui cite elle même une abondante bibliographie seulement partiellement redondante…

Ces articles s’intéressent donc à des voyelles du français qui ont au Québec des allophones diphtongués alors que les allophones européens sont habituellement monophtongués. Il serait intéressant de savoir s’ils se prononcent sur la présence EN GÉNÉRAL de diphtongues en français, hormis ces variations entre le québécois et le français européen (d’après leur titre, on a l’impression qu’ils se rangent à l’avis général, sinon on aurait au moins un : diphtongues spécifiques du français canadien, mais il y aussi des articles qui parlent d’une diphtongue du canadien qui semble bien se trouver aussi en français européen, voire d’une diphtongue en européen et de ses équivalents en canadien [7]). Quoi qu’il en soit, il y a une conséquence à tirer de l’existence de ces articles :

Soit on veut maintenir l’affirmation qu’il n’y a pas de diphtongues en français moderne mais il faut alors exclure les parlers québécois du “français” (c’est un peu ce que fait wikipedia qui consacre une page au français “tout court” (mais il faudrait préciser “non canadien”) et une page différente au français canadien…)

Soit on préfère garder les parlers canadiens à l’intérieur de la catégorie “français moderne” mais alors on ne peut plus soutenir que la diphtongue n’y existe pas. Il faudrait alors au minimum amender cette phrase pour en faire quelque chose comme “la diphtongue n’existe plus en français moderne SAUF…etc.”

Comment sortir de la confusion ?

Notre tentative de mettre fin à toute cette confusion, et surtout à toutes ces contradictions, se basera sur la méthode suivante : étant donné la multiplicité des disciplines qui peuvent avoir un avis sur la question, nous chercherons à comprendre comment al diphtongue est appréhendée dans chacune de ces disciplines. Une fois ce tour d’horizon effectué, on pourra naturellement essayer d’obtenir une définition compréhensive et l’appliquer à n’importe quelle langue, donc au français évidemment.

Une vision philologique de la diphtongue

La philologie, c’est “la science qui traite d’une langue d’un point de vue historique, à partir de documents écrits” nous apprend Wikipedia (2008). C’est aussi la discipline qu’on appelle “les belles lettres”. C’est finalement la principale perspective d’étude en France (probablement dans les autres pays francophones aussi) dans l’enseignement du français, qui commence avec la grammaire et l’orthographe et qui reste toujours focalisé sur la langue écrite. Il est caractéristique que les auteurs qui évoluent dans cette perspective ne parviennent jamais à s’abstraire complètement de cette vision orthographique (comme dans cette page de Wikipedia (par exemple).

N’accèdent apparemment à des cours de linguistique véritable,  qui étudie par définition les langues parlées, que les étudiants en langues, et ce, après le baccalauréat seulement (et si leur prof de linguistique est un véritable linguiste, pas un philologiste ?). Avant lui, on a juste droit à un peu de saupoudrage phonétique…

Étant donné que la diphtongue est clairement un fait de prononciation, il paraît assez évident que la philologie ne pourra pas embrasser réellement ce sujet. Les tentatives qu’elle fera dans ce sens ne pourront donner que des résultats assez peu achevés, comme la définition vue plus haut de l’Académie française, un haut-lieu certes, mais un haut-lieu de la philologie, pas de la linguistique.

Toutefois, par sa vision typiquement historique, il ne faut pas négliger que la philologie pourra nous apporter un éclairage évolutif, notamment en ce qui concerne les langues écrites anciennement.

Une vision phonétique de la diphtongue

La phonétique est l’étude des sons du langage. En tant que telle elle devrait être la mieux à même à repérer, à décrire et finalement à noter les diphtongues (si tant est qu’elles existent comme “particularités sonores” par rapport à d’autres sons qui n’auraient pas les mêmes caractéristiques).

On va voir que cela n’est pas si simple. En fait la phonétique est une “branche de la linguistique” (nous apprend Wikipedia) et bien sûr, cette dernière comporte d’autres branches, la phonologie notamment, jamais citée très loin de sa sœur… La ressemblance de ces deux noms n’est pas faite pour simplifier la tâche des débutants, qui essaient de comprendre la différence (d’autant que leurs définitions respectives ont été pratiquement interverties depuis la fondation de la linguistique par Saussure).

En tout cas on peut rencontrer une abondance de descriptions phonologiques concernant une foultitude de langues et bien sûr, elle sont basées sur le célèbre alphabet phonétique international, dont les symboles visent à pouvoir décrire n’importe quel son de n’importe quelle langue.

Ce qui est embêtant, c’est que cet alphabet ne prévoit pas tellement la notation des diphtongues, d’autant que, je cite “La transcription phonétique en API consiste à découper la parole en segments sonores supposés atomiques, et à employer un symbole unique pour chacun de ceux-ci, en évitant les multigrammes” (Wikipedia 2008).

En dehors des signes de transcription, la phonétique utilise aussi des tableaux descriptif à double entrée, malheureusement on y rencontre également rarement des diphtongues (appel à la population : merci de signaler en commentaire l’existence d’un tel tableau !). Attention ne vous méprenez pas, dans le tableau suivant les digrammes servent à noter des monophtongues pour lesquelles on n’avait plus de lettres…[8]


(je ne sais pas pourquoi il y a une case “delete” dans ce tableau, je l’ai trouvé comme ça …)

Pour finir, le chercheur obstiné pourra arriver à trouver une description phonétique de diphtongues dans des graphiques en forme de trapèze, comme celui-ci (dans lesquel l’axe vertical représente l’aperture, soit l’ouverture de la mâchoire et l’axe horizontal la position de la langue) :

ou celui-là qui, soit dit en passant, oppose les diphtongues de l’anglais (qui en a tout le monde est d’accord tiens ?) avec les voyelles stables du français (qui n’aurait pas de diphtongues ? même en français d’Ottawa ? ha ha)…

Image issue du site de l’université d’Ottawa :http://courseweb.edteched.uottawa.ca/Phonetique/pages/phonetique/tableau_comp_diph.htm Pour cet auteur, les voyelles rouges sont bien des diphtongues, tandis que les vertes sont seulement des voyelles glissées. La vision phonétique pourrait conduire à encore plus de subdivisions….

Ces graphiques (qui ne représentent toutefois que l’aperture et les points d’articulation mais pas l’arrondissement, troisième dimension de l’espace des voyelles [9]) nous apprennent que :

  1. les diphtongues peuvent être représentées par des vecteurs dans l’espace phonétique.
  2. il n’existe pas de limite nette entre monophtongues et diphtongues (voir les voyelles “à glissement” du premier tableau).  C’est plutôt une question quantitative : tant que le son étudié reste “à peu près” stable dans une même réalisation, on peut parler de monophtongue mais s’il devient trop remuant, on se dirigera vers la diphtongue. Quant à la triphtongue, non représentée, on peut supposer qu’elle correspondrait à une ligne brisée…
  3. l’évitement des multigrammes est un vœu pieu (comme l’évitement des obstacles par un conducteur saoûl…) en pratique, dès qu’il y aura un son complexe, a fortiori un glissement d’un son vers un autre, le phonéticien emploiera naturellement et spontanément un digramme, comme on vient de le voir dans ces deux exemples, sans que personne n’y trouve apparemment rien à redire.
  4. la tendance naturelle de la phonétique étant de décrire et la caractéristique d’une diphtongue, pour des raisons évidentes, étant d’être décomposable phonétiquement, la tendance à la décomposer, justement, sera très forte, voire incoercible.

mais ils nous interrogent également sur un point mystérieux : comment les phonéticiens délimitent-ils les sons étudiés ( si ce n’est par la méthode de la “supposition” évoquée plus haut dans la citation de Wikipedia…) : Autrement dit, qu’est-ce qui différencie deux sons qui se suivent mais représentent le même “segment sonore” et deux autres sons qui représenteraient deux segments sonores séparés ?

On se rend alors compte que la phonétique, une science qui tend à décrire les détails de la prononciation, est finalement mal placée pour saisir l’unité de la diphtongue en tant que phonème puisque sa principale caractéristique sonore est justement sa dualité. [10]

La réponse à cette question phonétique, paradoxalement, ne peut être trouvé qu’en dehors de la phonétique, dans la phonologie, cette sœur ennemie, dont nous allons parler maintenant :

Une vision  phonologique de la diphtongue

La phonologie est justement la science qui s’attache à découper le langage en unités élémentaires ou “atomes” du langage. Comment fait-elle ?
Tout d’abord, il faut bien comprendre qu’elle se désolidarise complètement et définitivement de sa sœur, la phonétique ! Alors que la première s’attache à définir des symboles universels, valables pour décrire toutes les langues, la phonologie elle, ne s’intéresse qu’à une seule langue à la fois.
Ensuite la phonologie ne s’intéresse pas aux sons de la langue en tant que tels, mais à ce qui se trouve caché derrière, les unités logiques (ou psychologiques) que sont les phonèmes ! On pourrait peut-être les définir provisoirement comme les sons de votre langue, quand ils sont encore dans votre cerveau avant que vous ne parliez ou quand ils y flottent encore après que les paroles que vous avez écoutées se sont tues.
Le but de la phonologie est donc d’établir l’inventaire de ces unités théoriques, abstraites et silencieuses d’une langue donnée, les phonèmes, et de les représenter chacun par un seul symbole (une lettre en général).

Pour finir, si on veut faire de la vraie phonologie, on n’oubliera pas d’interdire aux phonéticiens d’employer le concept de phonème, réservé aux seuls phonologistes… (ohé, je blague et il y a d’autres seconds degrés dans le paragraphe précédent)).

Et maintenant, vous avez compris : les serviettes de la phonologie ne sont pas à mélanger avec les torchons de la phonétique ! OK ?

On reprend : où donc la phonologie va-t-elle chercher la liste possible de ces fameux phonèmes, qu’elle aimerait bien répertorier et classer  ? Mais dans les inventaires phonétiques bien sûr !

Et quels symboles la phonologie, qu’il ne faut pas mélanger avec la phonétique naturellement, va-t-elle utiliser pour noter ses phonèmes tout chauds ? Les symboles phonétiques bien entendu ! (mais entourés de barres obliques, attention, au lieu des crochets phonétiques !).

Cette façon habile de faire est bien illustrée par l’exemple :

notation habituelle : tolerate
notation phonétique :  [ˈtʰɒl.əɹ.eɪt]
notation phonologique : /ˈtɒl.ər.eɪt/

tiré de Wikipedia en décembre 2008 (alphabet phonétique international) dans lequel on voit qu’à part la notation par la phonétique de petits détails la variante du r qui est effectivement prononcée et l’aspiration du t, représentée par un petit h) le reste a été tout simplement recopié [11] entre barres obliques, au mépris de la diphtongue qui en toute rigueur phonologique, devrait être représentée par un seul symbole ( le a de tolérate, dans son écriture normale en anglais, représente justement par une seule lettre la diphtongue de l’anglais dans ce mot, ce que devrait faire aussi bien sûr la notation phonologique) !

D’autres facteurs, en plus de la règle de l’unicité du symbole représentant le phonème, font que la phonologie est mal placée pour traiter la diphtongue :

– la phonologie travaille en synchronie. Les phonèmes d’une langue sont étudiés dans une approche instantanée de la langue, jamais officiellement au cours de son évolution. Or il est clair que les diphtongues ont toujours une composante historique, en particulier elles viennent souvent d’une diphtongaison, qui ne peut être mise en évidence qu’avec une approche historique.

– la phonologie ne fait (normalement) pas de comparatisme, ou seulement entre les dialectes de la même langue. Les phonèmes sont intérieurs à la langue et ne peuvent (officiellement) être comparés d’une langue à l’autre. On perd ainsi une possibilité très intéressante, et bien exploitée en phonétique, de comparer ce qui se passe dans des langues sœurs (comme le français et le castillan par ex.)

Au final, comme on l’a déjà vu pour les tableaux phonétiques, les tableaux phonologiques (on trouve souvent un tableau de l’une ou l’autre sorte dans un article portant un titre de l’une ou l’autre discipline…) intègrent très rarement comme exemple l’opposition d’un phonème complexe avec d’autres phonèmes, en tout cas lorsqu’il s’agit de voyelles (le cas est beaucoup plus illustré chez les consonnes, qui regorgent d’affriquées, de glottalisées, etc.). Je lance ici un second appel à la population pour qui pourrait cette fois trouver un tableau phonologique illustrant des diphtongues !

Pour finir, on ne trouve pas dans les manuels de linguistique de méthode explicitant comment, à partir d’un inventaire phonétique, le phonologiste doit examiner les cas qui pourraient faire suspecter une diphtongaison (alors que des exemples sont répétés à l’infini pour les consonnes complexes…).

Synthèse

La revue qui précède montre qu’en réalité la phonétique ne peut pas se passer de la phonologie, pour délimiter ses sons (ou phones) et que cette dernière ne peut pas non plus se passer de la première car la langue étant faite de sons, on ne voit pas ce qu’elle (la phonologie) pourrait étudier si les phonéticiens (un peu naïfs) n’était pas passés avant pour rassembler cette collection de sons que les phonologistes (bien plus évolués, mais malheureusement tous sourds par crevaison des tympans au moment de leur inscription à la fac) pourront étudier à froid dans leurs laboratoires…

Si une discipline puise ses références dans une autre discipline, laquelle tire en fait ses sources de la première, on voit que le risque de raisonnement circulaire est réel.

Par ailleurs, on a remarqué que déjà la phonétique avait déjà pour projet de noter chaque son élémentaire par une seule lettre, si possible, mais que cela était difficile à respecter. La nature même d’une diphtongue étant de contenir plusieurs sons, et la nature même de la phonétique étant de décrire fidèlement la réalité, il en résulte une forte tendance à noter les diphtongues par des digrammes.

La phonologie, elle aussi, a pour règle (intangible cette fois) de noter les phonèmes par une lettre et une seule (ça fait mathématique comme truc…de mettre une règle vachement stricte).

Alors, si une diphtongue a été notée par un phonéticien par deux lettres évidemment, qu’adviendra-t-il au moment du passage à la notation phonologique ? Ces deux lettres devraient être fondues en un seul symbole ! On vient de voir que la tentation est en fait grande de recopier tels quels les symboles phonétiques. Pourtant, dans l’exemple que nous venons de voir, il est bien reconnu par tout le monde que le a de “tolerate” représente bien une diphtongue [eɪ] de l’anglais, qui devrait donc être noté par une seule lettre en phonologie (et en toute logique en phonétique également) !

Conclusion : la vision phonétique de la diphtongue peut contaminer la vision phonologique. C’est inévitable même puisque les deux disciplines s’inspirent l’une de l’autre pour délimiter/décrire les unités de la langue, chacune à leur niveau.

Comme chacune des deux disciplines sœurs s’est fixé par ailleurs une règle exigeant de ne pas utiliser de trop de lettres, on comprend à ce point de notre recherche pourquoi les diphtongues sont les grandes oubliées de la phonétique ET de la phonologie (pour ces deux graphiques montrés plus haut on peut en trouver des centaines qui ne mentionnent pas la moindre diphtongue, ne serait-ce que comme exemple) !

A elle seule, la phonétique ne peut pas définir la diphtongue.

A elle seule, la phonologie ne peut pas définir la diphtongue. [12]

Vers une vision phonético-phonologique de la diphtongue

(sans exclure les éléments éventuellement apportés par la philologie…)

Pour mieux appréhender ce qu’est la diphtongue nous aurons donc besoin :

  1. D’une meilleure communication entre la vision phonétique et la vision phonologique de la chose et en particulier,
  2. d’une méthode opératoire pour traiter les cas litigieux.
  3. D’une meilleure façon de noter les diphtongues, notamment en phonologie.
  4. éventuellement d’une définition opérationnelle du phonème, qui prenne explicitement ce genre (la diphtongue) en compte dès le départ.

Une meilleure communication entre les visions phonétiques et phonologiques est possible. Elle demande simplement un peu d’honnêteté intellectuelle, pour s’apercevoir que les deux approches, ici présentées par jeu comme incompatibles et distinctes sont en réalité complémentaires et simultanées.

Théoriquement, dans l’étude d’une langue complètement nouvelle (ce qui est assez rarement le cas il faut bien le dire) on doit d’abord procéder à un inventaire phonétique. En réalité, il est très probable que l’inventaire phonématique sera de fait conduit en parallèle avec le premier car au fur et à mesure de son apprentissage de la langue, le linguiste ayant tendance à simplifier les notes qu’ils prendra et sera naturellement amené à dégager des unités fonctionnelles de la langue, donc des phonèmes et pas seulement des sons inarticulés (au sens de la deuxième articulation du langage).

Définition scientifique de la diphtongue

Cadre = linguistique ( phonétique ET phonologie).

Définition :

(La diphtongue ne peut se comprendre que dans le cadre du phonème, un concept utilisé à la fois en phonétique et en phonologie, et donc par un aller et retour entre ces deux perspectives)

Au sens phonétique, une diphtongue est une voyelle dont le phone est mieux représenté par un vecteur que par un point dans l’espace phonétique. Cette observation phonétique n‘a de valeur que si on a vérifié phonologiquement que ce phone correspond bien à un phonème unique, et n’est pas le résultat de deux phonèmes prononcés en synérèse.

Au sens phonologique, une diphtongue est le phonème dont le phone, considéré dans un dialecte donné, est un vecteur (il peut y avoir dans d’autres dialectes des allophones du même phonème qui sont des monophtongues).

Vérification/test de présence

Si la diphtongue est une notion scientifique, on doit finalement pouvoir tester la réalité de cette diphtongue.

Des éléments de vérification de l’ “hypothèse diphtongue” seront à rechercher dans :

  1. la phonétique [13]
  2. La morphologie
  3. La dialectologie
  4. Les langues apparentées
  5. L’histoire de la langue elle-même

1. Une diphtongue ne peut être prononcée qu’en synérèse, toute diérèse régulièrement observée [14] jetterait évidemment un doute sur sa nature de diphtongue

On recherchera ensuite :2. si à l’intérieur du même dialecte des mots de même racine ayant au même emplacement un phonème simple [15]. Ce test est nouveau, je l’ai proposé pour la première fois dans le présent article. En première approche, ce test est valable dans les langues microphonématiques (au sens de Cao) seulement. [16]
3. si des formes dialectales de la même langue dans lesquelles, à l’emplacement de la diphtongue étudiée, se trouve un phone non diphtongué (et un seul comme on dit en maths) et vice versa (d’autres dialectes proches qui ont la diphtongue en question là où la langue étudiée a une monophtongue).
4. si des langues apparentées qui ont, dans les mots homologues, des phonèmes simples ou vice versa. [17]

5. l’existence d’un phonème simple, qui aurait subi une diphtongaison, et qui serait donc à l’origine de la diphtongue étudiée, autrement dit, une preuve historique (éventuellement philologique) d’un ancien processus de diphtongaison, possiblement conservée dans l’écriture.

Citation

Il est proposé à ceux qui veulent se servir de cette définition de s’y référer sous l’appellation de :
diphtongue (pp)

La suite logique de cet article

Références

  1. http://www.cnrtl.fr/etymologie/icite c’est donc bien un mot français ! vous ne le connaissez pas ?
  2. Cet article prend pourtant un départ expérimental et pédagogique qui pourrait lui permettre de “découvrir” des diphtongues (ne serait-ce que pour les réfuter ensuite) : l’auteur se propose de découvrir les voyelles du français en cherchant tous les mots de forme L + voyelle (dans certains cas il s’aide d’une consonne finale, voire d’une consonne avant le L, bref). Contrairement aux voyelles nasales qui sont exclues de l’expérimentation pour être traitées à part rien n’est dit sur la question des diphtongues mais on constate tout simplement que des mots monosyllabiques comme : lui, loin, loi, n’apparaissent pas dans la liste {les, lait, la, lu, lit, etc.} (remarquons au passage l’opposition les/lait qui révèle 1 une méconnaissance du français standard 2 un locuteur non-traditionnel 3 qui prend ses réalisations pour argent comptant voir lien en bas de cette note, aller à la note 3 de l’article lié). En réalité, bien sûr, ces mots n’apparaissent pas dans la liste car ils sont expliqués plus loin par le système des semi-voyelles (ou semi-consonnes) ces habiles phonèmes qui sont en même temps des consonnes et des voyelles, ou plutôt des consonnes lorsque cela arrange le phonéticien et vice-versa, autrement dit une explication ad-hoc.
    http://knol.google.com/k/athena-jourdan/la-définition-scientifique-du-phonème/airq7uy58x6t/10
  3. indicatif présent indicatif imparfait indicatif passé simple je shunte je shuntais je shuntai tu shuntes tu shuntais tu shuntas il shunte il shuntait il shunta elle shunte elle shuntait elle shunta nous shuntons nous shuntions nous shuntâmes vous shuntez vous shuntiez vous shuntâtes ils shuntent ils shuntaient ils shuntèrent elles shuntent elles shuntaient elles shuntèrent indicatif futur simple indicatif passé composé indicatif plus-que-parfait je shunterai j’ai shunté j’avais shunté tu shunteras tu as shunté tu avais shunté il shuntera il a shunté il avait shunté elle shuntera elle a shunté elle avait shunté nous shunterons nous avons shunté nous avions shunté vous shunterez vous avez shunté vous aviez shunté ils shunteront ils ont shunté ils avaient shunté elles shunteront elles ont shunté elles avaient shunté indicatif passé antérieur indicatif futur antérieur subjonctif présent j’eus shunté j’aurai shunté je shunte tu eus shunté tu auras shunté tu shuntes il eut shunté il aura shunté il shunte elle eut shunté elle aura shunté elle shunte nous eûmes shunté nous aurons shunté nous shuntions vous eûtes shunté vous aurez shunté vous shuntiez ils eurent shunté ils auront shunté ils shuntent elles eurent shunté elles auront shunté elles shuntent subjonctif imparfait subjonctif passé subjonctif plus-que-parfait je shuntasse j’aie shunté j’eusse shunté tu shuntasses tu aies shunté tu eusses shunté il shuntât il ait shunté il eût shunté elle shuntât elle ait shunté elle eût shunté nous shuntassions nous ayons shunté nous eussions shunté vous shuntassiez vous ayez shunté vous eussiez shunté ils shuntassent ils aient shunté ils eussent shunté elles shuntassent elles aient shunté elles eussent shunté conditionnel présent conditionnel passé 1re forme conditionnel passé 2e forme je shunterais j’aurais shunté j’eusse shunté tu shunterais tu aurais shunté tu eusses shunté il shunterait il aurait shunté il eût shunté elle shunterait elle aurait shunté elle eût shunté nous sh…
    http://conjf.cactus2000.de/showverb.php?verb=shunter
  4. Dans “Des steppes aux océans”, Martinet donne un autre indice de ce qu’il entend par “diphtongue” p. 105 : “Si une voyelle d’avant se diphtongue, c’est à dire que varie le degré d’ouverture au cours de l’émission, comme pour le [ei] de l’anglais pale, par exemple, on constate, à l’arrière, pour le [ou] de pole, la même tendance à se diphtonguer”. On voit que Martinet conçoit essentiellement la diphtongue comme le résultat d’une évolution phonétique (comprenant obligatoirement un changement d’aperture, ce qui n’est pas forcément le cas de tout vecteur dans l’espace tridimensionnel des voyelles pourtant) qui se décrit phonétiquement et ainsi de suite…ce qui est intéressant dans sa description est sa théorie d’une corrélation : les diphtongues auraient tendance à apparaître par paires (au minimum).
  5. Docteur en linguistique théorique et formelle, Habilitée à Diriger des Recherches
  6. Demharter, Cheryl A. 1980. «Les diphtongues du français canadien de la Mauricie.» The French Review 53.848-864. •DUMAS, Denis. 1981. “Structure de la diphtongaison québécoise”. Revue canadienne de linguistique 26: 1-61. •LAMBERT-DRACHE, M. 1988. “Observations sur la diphtongaison en français parlé à Welland (Ontario, Canada)”. Studi italiani di linguistica teorica ed applicata 17 (2- 3): 259-270. •MAURY, Nicole. 1993. “Diphtongaison: diversité des recherches, fonctionnement en discours (indice ou signal), rapport timbre et prosodie”. In Hans-Josef Niederehe & Lothar Wolf, réd. Français de France – Français du Canada, Canadiana romanica 7, Tübingen: Niemeyer, 17-31. •PARADIS, Claude. 1983. “La diphtongaison: stabilité et changement dans le système vocalique du français de Chicoutimi-Jonquière”. Protée 11(2): 43-53. •PATRY, Richard. 1981. Durée et diphtongaison en français québécois : étude historique. Mémoire de maîtrise, Université de Montréal. •SANTERRE, Laurent. 1976. “Les diphtongues dans le français québécois”. In Marcel Boudreault & Frankwalt Môhren, réd. Actes du XIIIe Congrès international de linguistique et philologie romanes. Presses de l’Université Laval, 1183-1199. •SANTERRE, Laurent, S.-P. DUFOUR & S. MCDUFF. 1985. “La perception de la diphtongaison: son importance dans les grands corpus”. Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée 4(4, partie 1): 33-53. •SANTERRE, Laurent & Jacques MILLO. 1978. “Diphtongization in Montréal French”. In David Sankoff & coll., réd.
  7. •DUMAS, Denis. 1987. Nos façons de parler. Sillery: Presses de l’Université du Québec, chap. 2. •GEOFFRION, Louis-Philippe. 1934. “La diphtongue oi dans le franco-canadien”. Le Canada français XXII (4): 384-390. •PARADIS, Claude. 1988. “La diphtongue /wa/ en français saguenéen”. Langues et linguistique 14: 251-275. •PICARD, Marc. 1974. “La diphtongue /wa/ et ses équivalents au Canada”. Cahier de linguistique 4: 147-155. •THOMAS, Alain. 1982. “‘oi’ en franco-ontarien: étude socio-phonétique”, Information/ Communication 3: 1-27. Titre du document / Document title Les sources historiques des diphtongues dans des dialectes d’oïl : de la parenté linguistique in Etudes de phonologie historique du français québécois. Auteur(s) / Author(s) DAGENAIS L. ; Résumé / Abstract Après avoir examiné la diphtongaison en Normandie, en Bretagne et dans le Poitou, l’A. conclut que la diphtongaison québécoise résulte d’un développement parallèle Revue / Journal Title Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée ISSN 0835-3581 Source / Source 1986, vol. 5, no4, pp. 63-128 (4 p. 1/2) Jean-Léo Léonard, « Entre A. Dumas et J. Potocki : retour sur des phénomènes d’allophonie vocalique dans les parlers poitevins nord-ouest ou le transcrupscrit retrouvé dans une cabane à huîtres », Corpus, Numéro 3, Usage des corpus en phonologie – décembre 2004, 2004, [En ligne], mis en ligne le 2 décembre 2005. URL : http://corpus.revues.org/document276.html. Consulté le 16 décembre 2008. (Les parlers poitevins nord-occidentaux (Noirmoutier, Marais nord vendéen) présentent une variation allophonique complexe du vocalisme. On peut distinguer plusieurs niveaux de diphtongaison qui rendent ces variétés particulièrement intéressantes pour l’analyse phonologique…)
  8. En fait, la notion de diphtongue en phonétique donne apparemment lieu à des débats sans fin, qui se focaliseront sur : -la nature de la syllabe -la dyérèse et la synérèse -le sens vers la fermeture ou vers l’ouverture plus rarement sur la nature mono-phonémique ou pluri-phonémique de cette diphtongue… et encore moins sur la méthodologie à adopter pour reconnaître l’une de l’autre… voir par exemple :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Diphtongue#Pr.C3.A9cisions
  9. Ces tableaux ont un sens dans les langues dans lesquelles les phonèmes voyelles gardent une réalisation à peu près constante pour ces paramètres quel que soit le contexte. Il ne faut pas perdre de vue qu’il existe, au sein même des langues européennes, des langues dans lesquelles la réalisation effective d’un phonème V : son phone donc, pourrait se trouver pour deux contextes donnés (consonne précédente notamment) en deux endroits différents d’un pareil schéma, mutabilité à laquelle nous sommes mieux préparés pour les consonnes (par exemple si on considère les occlusives aspirées ou non de l’anglais). L’effet collatéral pour ces voyelles (qui ont moins de degrés de libertés que les consonnes) étant que deux phonèmes différents, dans des contextes différents, puissent avoir leurs phones au même endroit (donc avec la “même” réalisation pour un locuteur d’une langue ne connaissant pas ce phénomène). Ce phénomène est aussi évoqué par Martinet dans son manuel.
  10. C’est pourquoi les phonéticiens tendent à percevoir le concept de diphtongue comme un tout qui engloberait d’une part des diphtongues monophonémiques (celles qui nous intéressent) et d’autre part des diphtongues biphonémiques (que nous ne reconnaissons pas comme diphtongues). On notera que cette approche est typiquement descriptive, et non structurale. Elle reviendrait à ce que les biologistes appellent poisson tout ce qui est dans l’eau, quitte à préciser quand on les pousserait dans leurs derniers retranchements : oui, mais on sait très bien que certains poissons sont des mammifères. Par ailleurs, si on admettait cette définition, comment continuer alors à nier l’existence de diphtongues en français puisqu’il est clair qu’il contient moult diphtongues biphonématiques, comme dans chaos, justement.
  11. y compris l’accent tonique (représenté par l’apostrophe) Jourdan, Athena; Jourdan, Stephane. La définition scientifique du phonème:Si la linguistique est une science, ses définitions doivent répondre à des critères scientifiques, est-ce le cas ? [Internet]. Version 108. Knol. 2011 févr. 17.
    http://knol.google.com/k/athena-jourdan/la-définition-scientifique-du-phonème/airq7uy58x6t/10
  12. Oui mais alors : si un phonéticien en train d’étudier une langue observe “une sorte de diphtongue” que doit-il faire ? A-t-il le droit de l’appeler “diphtongue” ? Provisoirement, oui bien sûr, mais à condition de soumettre immédiatement cette possible diphtongue à des tests phonologiques pour savoir s’il s’agit d’un seul phonème ou de plusieurs et il ne lui est pas interdit de l’appeler entre-temps, diphtongue-candidate, diphtongue-possible, que sais-je les mots ne manquent pas ! La phonologie doit alors être capable de séparer la bonne diphtongue (à noter par un seul graphème) de l’ivraie : la fausse diphtongue qui n’est que l’enchaînement de plusieurs voyelles (à noter par leur graphèmes respectifs). Aussi cette dernière CESSERA d’être qualifiée de diphtongue !
  13. ça tombe sous le sens mais doit tout de même être rappelé
  14. Une situation favorable à l’observation de la synérèse/diérèse est la chanson. Attention, la prononciation constante en synérèse ne “prouve” pas à elle seule la diphtongue.
  15. Ainsi en anglais par exemple, la comparaison de gale et gull est considérée comme valable pour illustrer par une paire minimale la diphtongue [ei]. En réalité, elle est beaucoup moins instructive que give et gave, dans lesquels la permutation de voyelles se produit dans la même racine, attestant ainsi encore mieux de la nature de phonème de cette diphtongue, la langue anglaise ne permettant pas (propriété structurale externe ) un changement du nombre de voyelles dans la même syllabe de différents mots de même racine (possiblement une propriété de toutes les langues IE).
  16. Je m’attribue la découverte de ce test, mais il a peut-être en réaltié été proposé plus tôt par quelqu’un d’autre (?). Si on lit bien Pike, K.L.(1947) Phonemics, cité dans Phoneme and Allophone de Robert Mannell (2008) (voir lien) : “Quand deux décompositions phonémiques semblent toutes les deux justifiables et que chacune peut expliquer tous les faits de toutes natures, la décomposition la plus correcte sera [a] la moins complexe et (b) celle qui donne aux données questionables une forme parallèle à celle des données incontestables, (c) celle qui apparaît la plus plausible en termes de co-articulations dans l’environnement donné.” sa notion de “parallélisme” est très proche du critère que je propose : dans deux mots formés sur la même racine dont l’un semble avoir une semi-voyelle en plus d’une voyelle, à un endroit donné, il est plus économique d’analyser le couple phonétique semi-consonne+voyelle comme une diphtongue, car alors la décomposition est bien (a) la moins complexe et (b) celle qui donne aux données une forme parallèle, CQFD.
    http://clas.mq.edu.au/phonetics/phonology/phoneme/index.html
  17. Il n’y a pas de limite nette entre le point 3 et le point 4 : en partant d’un mot du français standard, on pourrait faire cet exercice avec ses cognats, d’abord dans les dialectes d’oïl, puis dans des dialectes arpitans, puis dans des dialectes occitans/catalans, puis finalement en espagnol ou italien, etc.
  18. A diphtong is two vowel sounds in one. For example, the vowel in “sound” is a diphtong, and is represented in the IPA as [au]. It begins like an [a] and ends in an [u]. The vowel sound [ɪ:] in “see” is a single vowel, not a diphtong — it’s just a long vowel. However, in the word “deer”, most people pronounce the vowel sound as [ɪǝ] “ee-uh”, which is a diphtong. http://www.usingenglish.com/forum/ask-teacher/28994-diphtong.html

8 commentaires

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      Hi Hubert, thanks for your appreciation, I have written new articles about diphtongs that make this one ‘expired’ cheers S.J.

      • Moni Kato

        Bonjour,

        je découvre depuis quelques heures quelques-uns de vos articles qui me font sourire (sans aucune connotation péjorative) et grâce auxquels je me sens plus enrichie.
        Me vient alors l’idée de vous écrire pour vous demander conseil…
        Bien que le français ne soit pas ma langue maternelle, j’en suis amoureuse ! Mais l’ayant appris à l’âge adulte, l’amour de la langue et la culture française (je mets l’épithète au singulier en raison du lien intrinsèque qui les unit), ne suffit pas à palier les innombrables déficiences auxquelles je peux faire face… aussi bien sur le plan linguistique que culturel !!… Surtout en ce moment, où je me débats pour intégrer certaines notions de didactiques, de phonétique, entre autres, dans le cadre d’une formation en FLE, assurée par le CNED.
        Je cherche des ouvrages de référence en matière de phonétique, notamment. Alors, je compte sur vous pour m’en indiquer🙂
        Merci d’avance et de tout coeur !

        Monica

        P.-S. Vous avez dit à Hubert que vous avez écrit d’autres articles depuis, qui rendent celui-ci caduc… Où sont-ils ? Avez-vous un autre site Web. Merci encore de votre attention.

      • stefjourdan

        J’ai accédé aux commentaires par une autre voie, et maintenant ça marche :

        1 merci de sourire, moi aussi je souris, mais ces articles sont sérieux, par contre en linguistique, il y a beaucoup de gens qui ne le sont pas, “sérieux” je veux dire, ce sont des charlatans…

        2 quelle est votre langue maternelle ?

        3 non, la langue française et la culture française sont des choses différentes, et le pays France est encore une troisième chose. Au niveau de la langue française, il y a une distinction aussi très importante, la ‘langue écrite’ (sic) et la langue parlée. Pour 99 % des gens et la plupart des discours intellectuels, ils ne voient que la première, ce sont les belles lettres, la littérature, la philologie, etc. certains des gens qui s’en occupent écrivent “linguiste” sur leur carte de visite. Mais pour le vrai linguiste, seule la deuxième est le vrai sujet d’étude, cela a été posé par Martinet.

        4 Si vous faites une formation, je vous conseille pour le moment de ne pas confondre vos objectifs : le premier est d’obtenir votre diplôme je pense, et pour cela, oubliez un peu mes articles et concentrez vous sur les réponses “justes” à fournir qui sont dans vos manuels, vous allez perdre beaucoup d’énergie si vous voulez commencer à expliquer ce qu’il y a dans mes articles à vos professeurs du CNED !

        5 au niveau des ouvrages de référence, il y en a plein, des sites sur la phonétique, ce n’est pas ça qui manque non plus. Ils disent à peu près tous la même chose. Trouvez-en un ou deux si vous voulez et je vous dirai ce que j’en pense. Ne le répétez pas mais la phonétique, c’est seulement le seuil de la linguistique, quand on y est pas encore rentré ! (la linguistique scientifique, ou qui essaie de l’être, s’est dégagé progressivement de la “science phonétique” qui elle-même s’était dégagé progressivement de la philologie, c’est cette histoire, ce passif, qui explique en grande partie les problèmes actuels….

        Donc mon article “final” en quelque sorte, sur le phonème, est celui qui s’appelle “la détermination ou l’extraction des phonèmes d’une langue”, mais je ne vous conseille pas de le lire maintenant. Passez votre diplome de phonétique et revenez me voir ensuite. Et merci pour vos appréciations sur tous mes articles. Bien à vous. S.J.

  3. stefjourdan

    Commentaires de Philippe Michon :

    Très intéressant
    Comment expliquer simplement un phénomène aussi complexe. Merci.

    Dernière modification 31 janv. 2010 23:57
    R : Merci de votre intérêt et pardon de ne pas avoir répondu plus tôt.

    C’est complexe, certainement, mais dans le cadre d’une discipline structurale (recherche de structures) ou tout simplement scientifique, on devrait quand même arriver à une définition…

    J’ai montré dans un autre knol http://knol.google.com/k/athena-jourdan/la-linguistique-un-recoin-de-la-science/airq7uy58x6t/32 d’où semble venir les obstacles qui nous empêchent d’être sereins dans cette quête.

    J’ai écrit cet article car je me suis heurté par hasard à cette énigme de la présence de diphtongues en français, niée de façon obsessionnelle par tant d’auteur. J’ai montré les incohérences à tous les niveaux de cette thèse. Je ne comprends toujours pas d’où elle émane exactement (relire le cas curieux du changement de la définition à 180° du Robert).

  4. stefjourdan

    Commentaire de Monique François :

    Un paradoxe
    Le même son est considéré comme une diphtongue dans l’anglais “tolerate”, mais pas dans le français “soleil” ; des fois, on se dit quand même qu’il y a là un peu de subjectivité ; si on compte les ail (travail) et les eil (soleil), on a un paquet de diphtongues en français ; en revanche, je ne compterais pas “chaos” (le a et le o étant prononcé séparément ; ce n’est pas un a qui se termine en o)

    Dernière modification 20 mai 2009 07:37SupprimerBloquer cet utilisateurSignaler des commentaires inappropriésMasquer la fenêtre de rapport 0Consulter/publier les réponses (1) à ce commentaire ▼Masquer les réponses à ce commentaire ▲
    Tout ce qui est phonologique, tout ce qui est phonème, n’a de sens qu’à l’intérieur d’une langue. La diphtongue ne peut être étudiée qu’en tant que phonème, comme je crois l’avoir montré. Donc les mêmes sons, ou approximativement le même ensemble de sons, peuvent être une diphtongue dans une langue et ne pas l’être dans une autre, c’est normal.
    Mais là, dans l’exemple que vous soulevez, le français soleil, il y a peut-être une diphtongue, c’est à étudier, j’ai amélioré la définition j’espère et je propose un nouveau test. Là où les manuels classiques ne prévoient qu’une permutation de paire minimale dans des mots quelconques, je préconise de le faire dans des mots de même racine. Pouvez vous trouver des mots dans une même famille avec le son “eil” qui permute avec une voyelle simple, ou bien dans un dialecte proche. Si oui, vous êtes sur la piste d’une diphtongue…

    Littré nous donne pour le soleil : Wallon : solo ; bourg. sôlô ; Berry, souleil, soulé ; picard, solé, soleu

    je crois que c’est assez convaincant….

    En ce qui concerne “chaos”, je n’ai pas voulu affirmer que c’était une diphtongue, et pour moi, ce n’en est pas une, mais comme l’exemple est cité par le dictionnaire de l’académie (ils en sont restés à la diphtongue en tant que digramme les pauvres) je me suis lancé dans ce jeu de mots qui me sert de sous-titre, toujours cette tendance à blaguer même dans les affaires sérieuses …

    la dyérèse est en effet un bon anti-indice de la diphtongue mais l’inverse n’est pas vrai, tout ce qui est prononcé en synérèse n’est pas une diphtongue phonologique, d’où la nécessité de trouver un test.

    S. JOURDAN

  5. stefjourdan

    Commentaire de Sylvain Beaulieu :

    Diphtongues en français québécois
    L’affirmation que “le problème de l’existence de voyelles qui seraient des diphtongues est tout simplement ‘évacué'” chez Douglas C. Walker est tout simplement fausse. Voir son Pronunciation of Canadian French, p. 60-65.

    Lien

    http://people.ucalgary.ca/~dcwalker/PronCF.pdf

    De façon plus générale, la diphtongaison est largement traitée dans la littérature sur le français québécois et chez l’auteur Henri Wittmann, les dipthongues sont même sous-jacentes, les brèves étant dérivées de dipthongues. Voir son “La forme phonologique comparée du parler magoua de la région de Trois-Rivières.”

    Lien

    http://homepage.mac.com/noula/ling/1996a-pfmag.pdf

    Dernière modification 26 mai 2010 19:01
    Tout d’abord, cher monsieur, merci de votre intervention, c’est la grande force de knol, de permettre aux gens d’interagir.

    Je n’ai pas lu tout D.C. Walker, mon affirmation se limitait à l’ouvrage cité. Je vais m’empresser de charger le document que vous me proposez en lien et je modifierai peut-être mon article si je trouve qu’il apporte quelque chose que je peux utiliser pour améliorer notre compréhension de la diphtongue. En attendant, si dans l’ouvrage cité, Walker ne parle pas de diphtongues en français, mon affirmation sur l’évacuation générale (et par lui) du problème reste juste.

    Je n’ai pas écrit que les diphtongues n’était pas traitées en français canadien, au contraire j’ai cité plusieurs exemples d’auteurs qui parlent de diphtongues en français canadien (voir mes listes de références 1 et 2). Je ne peux pas les citer tous.

    Je me sers dans mon article de ces travaux sur la/les diphtongues du/des canadiens pour montrer deux erreurs indépendantes :

    1 qu’on ne peut pas nier l’existence de diphtongues en français sinon cela revient à exclure le (les) parler du nouveau monde de la langue française ce qui semble légèrement problématique (pas pour la foultitude d’auteurs qui affirment à l’emporte pièce qu’il n’y en a pas en français).

    2 que les auteurs qui ont travaillé sur les “diphtongues du canadien” ont en réalité travaillé (pour ce qu’en j’en connais) sur les voyelles qui sont monophtonguées en français européen et diphtonguées en Amérique. Ceux que j’ai lus n’ont pas questionné la présence d’autres diphtongues dans la langue, qui seraient diphtonguées tant en Amérique qu’en Europe.

    Je vais aussi étudier votre deuxième lien bien entendu pour voir si cet autre auteur ne trouve des diphtongues qu’en magoua et que pour lui le français standard n’en comporte pas…

    Bien à vous

    S.J.

    Publié par Stephane Jourdan, dernière modification 19 janv. 2010 23:40
    Suite à l’examen (rapide) de ces publications, je vous confirme qu’elles ne peuvent servir à faire progresser la définition de la diphtongue, surtout en 2010.

    En effet ces auteurs utilisent le terme de diphtongue sans en donner de définition ou encore se référer à une définition publiée, sauf erreur.

    Dans les deux cas, même si les intentions affichées font référence au système phonologique des dialectes étudiés, ce qu’on trouve en réalité est une étude phonétique, entièrement descriptive et non structurale.

    [Comme je l’avais posé en 2 dans mon intervention précédente, ces deux auteurs font partie de ceux qui ont admis une fois pour toutes qu’il n’y avait pas de diphtongues (selon n’importe quelle définition) en français standard, donc qu’on ne pouvait pas les étudier et qu’en canadien il y en avait, donc on pouvait les étudier …une sorte de raisonnement circulaire.] J’avais écrit cela suite à un premier survol de l’article de Walker… En réalité, une lecture plus approfondie m’a montré qu’il se sert bien de la “diphtongue” pour décrire certains phénomènes mais visiblement, il en a une vision exclusivement phonétique. A aucun moment il ne cherche la vérité phonologique, sa phonologie consiste à transposer ses notations phonétiques entre barres obliques et elles deviennent alors pour lui de la réalité phonologique…

    Maintenant je ne dis pas que ces travaux sont sans intérêt dans l’absolu. Les descriptions sont peut-être et même probablement très bonnes. Ma réponse concerne seulement leur utilité pour le projet ici défini.

    L’idée de diphtongue sous-jacente est certainement très intéressante. Je pense qu’il y a en français standard des phonèmes dont la représentation mentale est plus complexe que leur réalisation habituelle, et pas seulement des diphtongues.

    Bien à vous

    Publié par Stephane Jourdan, dernière modification 26 mai 2010 03:46

    J’ai entrepris une lecture approfondie de l’article de Walker (qui fait comme vous le savez 148 pages…) avec rapidement une mauvaise surprise : à la page 9, ce monsieur donne dans son tableau “the phonemic system of Standard French” (en réalité une simple description phonétique) comme exemple du son [ε] le mot “premier” ce qui est embêtant parce que dans tout l’article je vais me demander ce que Walker note exactement par ce graphème ? A-t-il confondu avec crémier ? Le fait que cette coquille soit restée depuis 25 ans dans son article n’est guère engageant… par ailleurs on se rend compte très rapidement qu’il ne maîtrise pas la différence entre notation phonétique et notation phonologique, alternant allègrement les deux au petit bonheur, quand il ne note pas sans parenthèses ni crochets…

    Pour résumer ma position, Walker parle de diphtongues dans son ouvrage, certes, mais il n’en parle pas dans sa présentation du français, c’est pourquoi il est et il restera dans ma liste de gens qui présentent le français sans évoquer ses diphtongues.

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