La définition scientifique du phonème



Si la linguistique est une science, ses définitions doivent répondre à des critères scientifiques, est-ce le cas ?

Un tour d’horizon des définitions du phonème, une proposition de définition scientifique et un schéma.

Après un examen des différentes (très différentes !) définitions proposées dans des ouvrages ‘de référence’ et sur internet, je propose une synthèse et plusieurs améliorations :

– une définition qui explicite différents niveaux d’intégration du concept de phonème, depuis la parole jusqu’au langage. La définition est donc donnée par rapport à la parole, seul fait réel, la définition au niveau du langage ne pouvant être qu’une généralisation de la première…

– une définition qui prend en compte les deux dimensions irréductibles : phonétique et phonologique du concept.

– une définition complétée par un schéma qui met en évidence l’asymétrie basique de l’émission et de la réception du même phonème pour un locuteur donné, rarement signalée.

– une définition qui explicite les propriétés structurales internes et externes du phonème. (versions >50)

– une définition qui ne fait pas intervenir la notion de segment sonore mais met au contraire en exergue l’aspect perceptif de l’unité (une innovation ?). Percevoir une unité délimitée ne signifie pas en effet qu’une unité existe réellement de manière délimitée dans la matière sonore. (versions >64)

– une définition qui relie le phonème à sa base lexicale sous-jacente. (versions >99, je fais référence aux différentes versions en ligne de cette page, qui étaient toutes visibles sous Knol. La version 148 a été transférée ici sous WordPress en 2012)

J’ai conservé le plan automatique de Knol, mais les liens ne sont plus utilisables, désolé (ils pointent toujours vers les anciennes adresses absolues)

Depuis fin 2013, j'ai commencé à travailler sur un nouvel article "l'inventaire phonologique d'une langue ou la détermination de ses phonèmes" qui mène à une nouvelle définition, non plus descriptive, mais opératoire donc structurale. Le phonème y est l'unité de base de la flexion (et la flexion est la modification d'un nombre minimal de phonèmes pour obtenir un changement minimal du signifié d'un morphème).

(linguistique/phonologie/phonétique)

Knol écrit à partir de janvier 2009. L’imagette qui illustrait ce knol , un dessin de Saussure, n’était pas conçue (dans un premier temps) pour représenter mon propos. Mais elle s’est finalement révélée “pas si mal” car comme on le verra, si le phonème n’est pas relié habituellement à la question du signifiant et du signifié, une telle idée est loin d’être aberrante. En effet,  élargir, aussi bien vers le haut (sémantique) que vers le bas (phonétique), notre vision du concept semble souhaitable si on a le moindre désir de parvenir à une définition réellement structurale.

Introduction

Parmi les buts de la linguistique se trouve la découverte des universaux du langage, soit une logique de construction commune à toutes les langues.

André Martinet a posé (probablement un peu légèrement, car il n’étudiait que les langues indo-européennes, pratiquement*) qu’un de ces universaux était :

(* il y a une brève allusion au tahitien et à l’hawaiien dans La Linguistique Synchronique)

La double articulation du langage :

Première “articulation”

La première “articulation” est la division de la parole en “mots” (N.B. la structuration que nous détaillerons dans cette analyse de la première articulation, qui n’est pas notre sujet principal d’étude ici, nous servira cependant dans notre exploration du phonème). Ce dernier concept (le mot), un peu flou, a fait l’objet de définitions plus exigeantes, qui conduisent au morphème [1].

Les morphèmes s’assemblent donc (un au moins) pour donner des signes linguistiques. Saussure avait fondé la linguistique en posant la nature complexe d’objets à deux faces de ces signes. Ces deux faces sont les biens connus signifiant et signifié… (le fait que ce sont des assemblages d’au moins un morphème, soit en pratique des “mots”, qui jouent principalement le rôle de signes n’est pas toujours explicite dans les manuels, c’est le moins que l’on puisse dire).

Saussure a illustré sa théorie sur les signes par une série de dessins célèbres, quelquefois reproduits tels quels :

N.B. Prenons la peine de noter cette tradition de la linguistique de “schématiser” ses concepts, on y reviendra…

(On se dit aussi un peu quelque part que Saussure a quand même eu du mal à représenter la notion de signe s’il a été obligé de faire trois/quatre schémas différents pour expliquer la même chose…)
Curieusement, ces schémas représentent un signe mais ne portent pas d’étiquette “signe” ??? On verra que cette situation bizarre a des effets jusqu’aujourd’hui.
On retrouve dans de nombreux ouvrages des extrapolations de ces anciens schémas. Voici par exemple une représentation du signe linguistique assez proche de l’idée d’origine, mais avec des dessins plus alambiqués (apportent-ils quelque chose à l’explication ?) :
signe
“Un signe linguistique est l’union arbitraire et conventionnelle d’un signifiant et d’un signifié” (http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/notions/langage/convers/textes/saussure/signe_ex.htm)

En voilà une vision déjà plus délirante (il y a pire…) :

saussure

tiré de : http://www.formulog.fr/?p=1 Il ne manque que le “tout”, le “moi” et l’univers mais au moins, l’auteur a tenté de placer l’étiquette “signe”.

Avec leurs deux faces auxquelles s’additionne l’entité elle-même, les signes possèdent donc une structure caractéristique en trois parties [2] (dont deux emboîtées)  qui complique leur représentation (on voit facilement que ce qui empêche les précédentes d’être satisfaisantes c’est qu’il est difficile de trouver un endroit où écrire le nom de la partie englobante; l’ancien programme Framework avait des fenêtres qui avaient une face avant, une face arrière ET UN TITRE, comme une carte de visite sur laquelle on pourrait aussi écrire SUR LA TRANCHE) :

Par ailleurs, on constate très vite que des auteurs ne travaillant pas dans le domaine de la linguistique ont tendance à s’emparer de ce concept initié par Saussure pour l’introduire dans leur discipline, notamment en psychanalyse comme ici ou comme on vient de le voir juste avant en philosophie. On peut s’interroger sur la motivation de tels emprunts, réel besoin descriptif ou poudre au yeux ?

SIGNE

 Signifiant  Signifié

Si le signe a deux faces, cela veut dire aussi qu’il est pertinent dans deux domaines, éventuellement deux sciences différentes, en l’occurrence le signifiant est pertinent en acoustique/phonétique/phonologie (?) et le signifié est pertinent en sémantique.

(Voilà nous pouvons refermer cette petite parenthèse sur la première articulation)

Deuxième articulation

La deuxième “articulation” est celle des morphèmes en phonèmes.
Deux remarques :

–  en fait d’articulation, il s’agit d’une “double décomposition”. Il n’était peut-être pas judicieux de la part de Martinet d’employer le mot “articulation” en parlant du langage … articulé. C’est une source de confusion et on devrait il me semble employer le mot de “décomposition” à la place de celui d’ “articulation”.

– différents auteurs (et moi-même) ont pu faire remarquer que, tant qu’à décomposer, il aurait fallu parler de triple décomposition, puisque les phonèmes (éléments obtenus par la deuxième décomposition) sont eux-aussi décomposables – en traits pertinents – dont on peut dans une langue donnée montrer qu’ils forment un système, plus ou moins compact.  La plupart des linguistes semblent admettre cette notion de phonème Urbi et Orbi, bien que certains (Cao notamment) aient pu avancer qu’elle n’était pertinente, dans son emploi habituel [3] que pour certaines langues, notamment celles qui se notent bien avec un alphabet et donc que l’analyse phonologique traditionnelle serait fortement entachée d’européocentrisme.

Une analyse centrifuge [4] du langage :

L’approche linguistique comme on l’a vue ci-dessus est historiquement centripète : on part de la phrase pour y isoler le mot, dans les mots on trouve des morphèmes, etc.
Une autre approche, centrifuge, est possible : quelle variété de traits phonétiques élémentaires notre système auditif/vocal est-il capable de traiter, et lesquels simultanément. Par conséquent,  quelle variété et quelle quantité de ces traits sont susceptibles d’être utilisés concurremment pour obtenir des unités plus grandes et selon quelles structures ? [5].
D’un point de vue technique, la décomposition du langage en niveaux hiérarchisés répond de façon évidente à la nécessité de produire une grande quantité de “qualificateurs” (le lexique, plus quelques opérateurs syntaxiques) à partir d’une matière assez pauvre et surtout très “molle” au départ, les sons produits par les organes de la respiration et de la déglutition/mastication …  Il existe évidemment un très grand nombre de solutions à ce problème et il est clair que les langues du monde nous montrent une très grande diversité, dans laquelle des familles sont très reconnaissables à grande échelle, notamment parce qu’ on fait abstraction des “anomalies” qui caractérisent en fait chaque langue par rapport à ses sœurs.
Une  solution familière pour cette construction consisterait à se munir d’une petite collection d’événements élémentaires discrets superposables chronologiquement [6] et à les utiliser pour coder linéairement des événements discrets d’ordre supérieur non superposables (donc à peu près alignés chronologiquement) en nombre un peu plus grand, grâce à une première combinatoire. À leur tour, ces événements d’ordre 2 pourraient être utilisés comme matériau pour coder un nombre très grand événements discrets (de longueur non fixée) d’ordre 3 selon une deuxième combinatoire. (triple décomposition)
Alternativement, si on partait d’une collection d’événements de base superposables plus étoffée mais qu’on les amalgame selon un faisceau plus chargé ( plus long dans le temps, plus peuplé et comprenant éventuellement plusieurs schémas temporels), il serait possible de s’en servir pour coder directement des événements de deuxième ordre qui soient en nombre suffisant pour servir de lexique. (double décomposition seulement)
Dans les deux cas,  le champ des possibilités obtenues doit être suffisant pour générer, même si toutes les combinaisons ne sont pas utilisées, et en se réservant la possibilité d’homophones, une faune suffisante de morphèmes [7] “pas trop longs” (i.e. suffisamment courts pour parler sans que tout le monde s’endorme avant la fin du premier mot…).
Cao exprime ainsi cette vision centrifuge : “Le code linguistique organise les sons émis par les organes dits vocaux de l’homme pour les utiliser comme support matériel de ses unités. La discipline linguistique qui étudie l’organisation et l’utilisation de cette substance phonique aux fins communicatives de la langue est la phonologie”. 
On ne peut éviter à ce stade de remarquer une analogie entre plusieurs domaines de la communication (voir aussi mon article sur L’analogie biologie/linguistique … qui traite toutefois d’une autre analogie, entre les espèces biologiques et les langues).
 Informatique  Langage Génétique
 bit  trait phonétique  nucléotide
 octet  phonème  codon
 instruction  morphème  gène

Cette analogie tient, bien sûr,  à une convergence de moyens pour résoudre le même problème [8].

Remarquons qu’on pourrait y ajouter une colonne “écriture alphabétique” dans laquelle la lettre serait sur la même ligne que le phonème et le mot sur celle du morphème (grosso modo). Toutefois ce serait mal venu car il s’agirait alors d’une homologie, et non plus d’une analogie : notre écriture alphabétique est un calque imparfait mais structurellement très pertinent de nos langues (et ce n’est peut-être pas un hasard si cette écriture est apparue chez les indo-européens… et plus tard la linguistique, comme le suggère curieusement Cao (que ce soit un hasard, pour la linguistique) dont la thèse semble démontrer le contraire…

Dans le cas des écritures idéographiques, l’homologie langue/écriture existe aussi, bien qu’elle soit exploitée différemment. Anecdotiquement, il est reconnu que les découvreurs/admirateurs européens des idéogrammes chinois ont affirmé au départ qu’on pourrait noter à leur aide n’importe quelle langue, comme le français (ils notent bien toutes les langues chinoises). On s’est rendu compte par la suite que ce raisonnement était faux : ils sont bien adaptés pour noter les langues isolantes monosyllabiques, pas les langues microphonématiques d’Europe. Curieusement, la pratique (très répandue, elle, notamment dans l’enseignement) de noter ces mêmes langues asiatiques au moyen de l’alphabet latin, soit en pinyin pour le mandarin, a suscité moins de questionnements sur la valeur analytique du procédé ?
Pour en revenir au codage et à notre analogie, il faut bien voir qu’en génétique, les informations sont naturellement discrètes, et matérielles d’ailleurs (des bases, au sens chimique). En ce qui concerne l’informatique, la nature corpusculaire de l’électricité aurait pu représenter la base du codage mais les électrons sont beaucoup trop petits et fantasques (probabilistes) pour servir d’élément matériel d’information. L’astuce a été de se servir d’une quantité beaucoup plus grande de ces électrons et des propriétés magnétiques qui surgissent à ce niveau, propriétés qui permettent différents types de stockage.
Mais quand on en arrive au langage, il est évident qu’il n’a aucune base matérielle et aucune structuration donnée d’avance ou qui puisse apparaître spontanément, à part celle du temps et de son écoulement. C’est aux locuteurs d’y introduire des différences élémentaires (pour les premiers locuteurs de la préhistoire) mais plutôt en général de s’efforcer de reproduire celles qu’ils y perçoivent (pour nous autres qui avions une mère dotée de la parole…).
On voit là que le code du langage, contrairement à ceux des deux autres colonnes, repose sur une base circulaire car son moteur est la perception. Et dès qu’il s’agit de perception, on peut poser comme règle que tout ce qui est perçu comme simultané/localisé est peut-être en réalité étalé dans le temps/espace, et que tout ce qui est perçu comme successif/disjoint peut être en réalité simultané/unique etc. N’oublions donc, cet effet paradoxal, absent des études génétiques ou informatique : la perception qui est l’outil premier des locuteurs de n’importe quelle langue va “s’interposer” aussi entre ces même langues et ceux qui veulent les étudier scientifiquement…
De plus la nature perceptive du langage va produire ce paradoxe : ce qui au départ est analysable comme un code, et devrait tendre vers une structuration logique de fond en comble va en réalité devenir le jouet de forces beaucoup plus puissantes. Le locuteur, dont la tâche est théoriquement de produire un code absolu et sans équivoque a tôt fait de s’apercevoir qu’il a en face de lui un auditeur qui n’est pas une machine (avez vous déjà commandé un ordinateur à la voix ? essayer avec la recherche Google…) mais un cerveau perceptif capable de reconstituer n’importe quelle partie manquante, voire d’anticiper les parties avant qu’elles arrivent. A ce jeu, inutile de continuer ce codage théorique qu’on décrit dans les livres et on peut commencer à parler pour de bon, comme le font les gens dans la vie réelle, en avalant les mots, ou même les idées …
Et pour clore définitivement l’analogie, mentionnons trois choses que les vrais codes ne peuvent permettre et qui sont  :
1 la construction sémantique. Un chat est un chat, sauf s’il s’agit de chat perché, de “chat à neuf queues”, du shah de Perse ou du chas d’une aiguille (dans la parole, il n’y a pas cette précision orthographique). Les codes en revanche ne peuvent changer le sens d’une instruction qu’avec une instruction “réservée” (qui elle-même ne peut servir à autre chose).
2 la non construction (?). Un chapeau, ce n’est pas un chat et une peau (euh, et les chapeaux en peau de chat ?).  Par hypothèse, je crois que  toutes les langues utilisent cette possibilité, même les langues isolantes, qui peuvent juxtaposer deux mots et obtenir un sens spécial, non contenu dans les mots séparés). Elle a été découverte récemment chez les primates : http://news.softpedia.com/news/Monkeys-Name-Their-Predators-24062.shtml (ou lire l’article : Meaningful call combinations in a non-human primate, Kate Arnold and Klaus Zuberbühler)
3 l’homonymie. C’est un interdit absolu pour tous les codes, et cela existe dans toutes les langues. L’homonymie est un mystère au cœur du langage humain (cela reste à découvrir chez les singes ?).

Des définitions du phonème, en veux-tu en voilà !

Merci de m’envoyer par l’intermédiaire des commentaires toute définition que vous pourriez trouver et qui vous semblerait originale.

Je ne peux évidemment garantir la pérennité des liens fournis (qui étaient bons début 2009).

La définition de Saussure

Dans le Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure, on trouve à la page 63 de l’édition Payot (paragraphe 111) le titre “Définition du phonème”…. Malheureusement, ce titre est suivi par un long discours, dans lequel ne se trouve aucune définition (on dirait que personne ne l’a remarqué ?). C’est ce qui s’appelle un acte manqué !?!

Toutefois, certains passages du même livre montrent clairement que pour Saussure, le phonème était un son, ou plutôt, qu’à cause de l’étymologie de ce mot, Saussure voulait qu’il continue à désigner les sons, et pas une dimension psychique de la langue, dont il était pourtant bien conscient :

Le caractère psychique de nos images acoustiques apparaît bien quand nous observons notre propre langage. Sans remuer les lèvres ni la langue, nous pouvons nous parler à nous même ou nous réciter mentalement une pièce de vers. C’est parce que les mots de la langue sont pour nous des images acoustiques qu’il faut éviter de parler des “phonèmes” dont ils sont composés. Ce terme, impliquant une idée d’action vocale, ne peut convenir qu’au mot parlé, à la réalisation de l’image intérieure dans le discours. En parlant des sons et des syllabes d’un mot, on évite ce malentendu, pourvu qu’on se souvienne qu’il s’agit de l’image acoustique”. (p.98)

On a vu p. 132 que le changement phonétique n’atteint pas les mots, mais les sons. C’est un phonème qui se transforme : événement isolé, comme tous les événements diachroniques, mais qui a pour conséquence d’altérer d’une façon identique tous les mots où figure le phonème en question…” (p.198)

La définition de Martinet (in Eléments de linguistique générale)

Ce bouquin est censé présenter de façon réaliste “l’ensemble des faits de langue, des principes et des méthodes de la linguistique… une introduction essentielle” (dos de couverture).

Dans la plus pure tradition saussurienne, cette somme….ne donne aucune définition du phonème ! Après avoir expliqué en long et en large ce qu’est le monème (la version Martinetienne du morphème), Martinet commence tout simplement à parler du phonème sans l’avoir défini, dans la phrase suivante (paragraphe 1-10 Forme linéaire et caractère vocal, page 17) : “[…] Le caractère linéaire des énoncés explique la successivité des monèmes et des phonèmes. Dans ces successions, l’ordre des phonèmes a valeur distinctive tout comme le choix de tel ou tel phonème.

Il nous reste à rechercher ce que Martinet peut bien entendre par phonème, et cela de la seule manière qui nous reste possible : en étudiant les phrases qui en parlent, leur sens explicite et implicite.

Martinet commence de fait par saupoudrer les informations suivantes :

p. 18, les phonèmes seraient des “tranches phoniques”
p. 19 les phonèmes sont intérieurs à une langue (“ce sont des raisons d’économie qui font qu’on transcrit (sic) au moyen des mêmes caractères les phonèmes de deux langues différentes“) [1]
p. 20 la liste des phonèmes d’une langue est limitée (c’est une liste fermée).

C’est seulement dans la troisième partie de son ouvrage, “l’analyse phonologique”, que Martinet se lance réellement dans une explication de ce qu’il entend par phonème, en se concentrant (à raison) sur l’extraction des traits pertinents, une méthode beaucoup plus profonde et exigeante que celle des “paires minimales” sans toutefois donner à aucun moment de définition synthétique [9] axée sur la vulgarisation, comme on pourrait en attendre d’un tel ouvrage.
Ces chapitres contiennent probablement la “définition” de Martinet souvent citée par Cao : “Un ensemble de traits pertinents qui se réalisent simultanément”. Il est évident qu’elle ne peut nullement être considérée bien sûr comme une définition abordable, quelqu’un ne sachant pas ce qu’est un phonème pouvant difficilement savoir ce qu’est un trait distinctif…
(dans La linguistique Synchronique, il prend un peu e temps au début du livre, pour le définir, mais cela ne rachète pas l’impasse des “Eléments”.

La définition de (feu) l’encyclopédie ENCARTA :

phonème
1
Présentation

phonème, unité minimale du langage parlé dont l’association permet de constituer des énoncés et de les distinguer entre eux. La science qui a pour objet l’étude des phonèmes est la phonologie.

2
Unité distinctive

Un énoncé tel que carotte est constitué de 5 phonèmes : /k/ + /a/ + /r/ + /o/ + /t/. Il se distingue de l’énoncé marotte par le phonème /k/. En revanche les différentes façons de prononcer le r (roulé bourguignon, grasseyé, r parisien) ne donnent pas lieu à différents phonèmes dans la mesure où il n’y a pas de changement de signifié. Les phonèmes peuvent donc correspondre à des émissions sonores différentes : il s’agit alors de variantes ou d’allophones.

Dans l’analyse d’André Martinet, le phonème est l’unité de la seconde articulation, celle de la première articulation étant le monème (unité minimale significative).

Chaque phonème peut être décrit par des traits distinctifs : par exemple le point d’articulation (articulations dentales, labiales, gutturales, etc.), le caractère sourd ou sonore, ouvert ou fermé, etc.

3
Les phonèmes d’une langue
3.1
Phonèmes et orthographe

Chaque langue possède un nombre limité de phonèmes (entre 20 et 50 dans la plupart des cas), mais la combinaison de ces phonèmes permet de créer un nombre illimité d’énoncés.

La difficulté de l’orthographe d’une langue réside en partie dans la transcription des phonèmes. Il n’existe pas d’équivalence absolue entre phonème et graphème (façon de transcrire un phonème). Tout d’abord, certains phonèmes sont transcrit avec deux ou plusieurs lettres ( dont le graphème est ch). Par ailleurs, un même phonème peut se transcrire par différents graphèmes. Ainsi les graphèmes correspondant au phonème /s/ sont s, ss, c, ç et même t (dans explication, par exemple). Enfin à un même graphème, peuvent correspondre plusieurs phonèmes. Ainsi le graphème e se lit dans cela, et dans celle.

3.2
Les phonèmes du français

Le français compte 36 phonèmes : 16 voyelles (dont 4 voyelles nasales), 17 consonnes et 3 semi-voyelles (appelées également semi-consonnes).

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x x  x
 non  x  x  x  x

La définition du Petit Robert (1991)

gr. phonema : son de voix

1 Phonétique. Elément sonore du langage articulé, considéré du point de vue physiologique (formation par les organes vocaux) et acoustique (caractères objectifs ou subjectifs à l’audition). La phonétique traditionnelle classe les phonèmes en voyelles, consonnes et semi-voyelles (ou semi-consonnes). ◊ En phonologie, ce même élément, considéré comme une unité distinctive de l’expression phonique.

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

La définition du (Nouveau) Petit Robert (2002)

gr. phonema : son de voix
1 Linguistique La plus petite unité de langage parlé, dont la fonction est de constituer les signifiants et de les distinguer entre eux. Phonème vocalique, consonantique. Phonème oral, nasal, sourd, sonore. Le français comprend 38 phonèmes (18 voyelles et 20 consonnes)

(hum, chez Encarta, c’était 36, ça fait désordre…)

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

La définition de Paul Isambert

(“ALLOCATAIRE-MONITEUR EN LINGUISTIQUE / PhD STUDENT IN LINGUISTICS / U. PARIS III / LaTTiCe” ) in http://paulisambert.free.fr/notes/seance4.html

Les phonèmes sont les unités linguistiques sonores comprises abstraitement, et pas dans la réalité de leur production physique (voir la séance 1 sur les composantes de la linguistique). Ils onts (sic) deux caractéristiques qui les définissent. Premièrement, ce sont des unités minimales au sens où on ne peut pas les analyser en unité plus petites. On a ainsi le continuum suivant : discours > phrase > mot > morphème > syllabe > phonème où la flèche indique une unité de rang inférieur constituant la précédente (cf. le texte très classique d’Émile Benveniste “Les niveaux de l’analyse linguistique”, p. 124 et suivantes du polycopié). Par ailleurs, les phonèmes sont des unités distinctives, dans la mesure où, si dans un mot on change un phonème pour un autre, on obtient soit un autre mot, soit un suite de sons ne formant aucun mot.

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

Je note cette définition comme aberrante, elle renvoie à Benveniste, qui croyait qu’on pouvait étudier la langue dans un “texte” (http://www.cours.fse.ulaval.ca/frn-19972/h98/pr4/projet/exschlect/lect4/benvunitr.html : “Quelle que soit l’étendue du texte considéré, il faut d’abord le segmenter en portions de plus en plus réduites jusqu’aux éléments non décomposables.“)

La définition de Sergio POLI

(Cours de linguistique française .5)

Les phonèmes
Il existe toutefois un deuxième niveau (deuxième articulation): le monème peut être à son tour divisé en unités plus petites : voilà les phonèmes, les plus petites unités vocales qu’il est possible d’isoler par l’opération de *commutation entre « paires minimales » (= une paire de mots qui ne diffèrent que par un phonème) :
– mur # dur ———-> m, d
– fers # vers ———> f, v
– mère # mare ——->è ,a
– cane # cage ? n, g (=/? /)
– etc.
Comme on le voit, les phonèmes n’ont plus aucun signifié, mais leur présence, leur commutation ou leur absence modifie le sens des monèmes, et de toute la chaîne parlée. Ces unités ont une forme phonique, qui n’est qu’accidentelle (l’épreuve : la transcription graphique de ces mêmes phonèmes ; l’alphabet des sourds-muets), mais elle est quand même importante car toutes les langues humaines sont vocales. N’ayant pas de signifié, les phonèmes ne sont plus de véritables « signes », et leur importance est surtout « économique » et fonctionnelle. Chaque langue possède en effet un nombre limité de phonèmes (d’une vingtaine à une cinquantaine suivant les langues) grâce auxquels, par le jeu des combinaisons on peut créer une série virtuellement infinie de messages ayant un sens.

Dans les autres systèmes de communications non humains ou humains cette caractéristique n’apparaît pas : ou l’on possède un cri/geste pour chaque concept (et alors les possibilités d’expressions sont réduites à cause d’une gamme limitée de signifiants et d’une réduite capacité de mémorisation : singes, oiseaux, alphabet morse, car chaque petite combinaison a un sens complet ; signaux routiers ; etc.) ; ou l’on possède des unités discrètes et minimales, mais on ne possède pas des combinaison intermédiaires ayant un sens fixe et précis, et passibles d’être recombinées à leur tour dans d’autres messages, gardant toujours le sens établi, comme il arrive pour les unités de première articulation : c’est le cas de la musique.
Les phonèmes, malgré l’absence de signifié, possèdent toutes les caractéristiques des signes linguistiques. (c’est moi SJ qui souligne…)

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

La définition de Jacques Rollin

(in “phonoaut prof jrollin college-em quebec canada 2008.pdf” automne 2008)

1.1 Notion de phonème
Le phonème est l’élément fondamental du système phonologique d’une langue.
Un phonème est une unité abstraite constituée d’un ensemble de traits articulatoires servant à la production
et à la reconnaissance de la forme sonore d’un mot.
Chaque langue dispose d’un ensemble déterminé de phonèmes qui peuvent changer d’une langue à l’autre.
La langue française utilise 36 phonèmes alors que l’anglais en utilise environ 44.
Comment définir les phonèmes d’une langue?
Pour identifier les phonèmes d’une langue, on emploie une méthode dite des paires minimales. Il s’agit
d’opposer deux suites de sons qui ne se distinguent que par un seul son. Par exemple, [fil] et [vil].
Si le changement de son provoque un changement de mot, alors nous dirons que les 2 sons contrastant appartiennent à deux phonèmes différents tandis que si ce changement ne provoque pas un changement de
mot, alors les 2 sons sont considérées comme étant le même phonème réalisé de façons différentes.
Ainsi, dans la paire suivante : [fil] [vil] nous dirons que f et v correspondent à des phonèmes différents
puisque le remplacement de l’un par l’autre provoque un changement de mot. Alors que dans [pәti] et
[pәtsi] le remplacement du son [t] par [ts] n’entraîne pas de changement de mot.

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

La définition de la SIL international

http://www.sil.org/linguistics/GlossaryOfLinguisticTerms/WhatIsAPhoneme.htm

Definition
A phoneme is the smallest contrastive unit in the sound system of a language.
Discussion
Phonologists have differing views of the phoneme. Following are the two major views considered here:
  • In the American structuralist tradition, a phoneme is defined according to its allophones and environments.
  • In the generative tradition, a phoneme is defined as a set of distinctive features.
Comparison
Here is a chart that compares phones and phonemes:
A phone is … A phoneme is …
One of many possible sounds in the languages of the world. A contrastive unit in the sound system of a particular language.
The smallest identifiable unit found in a stream of speech. A minimal unit that serves to distinguish between meanings of words.
Pronounced in a defined way. Pronounced in one or more ways, depending on the number of allophones.
Represented between brackets by convention.

Example: [b], [j], [o]
Represented between slashes by convention.

Example: /b/, /j/, /o/
 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x
 non  x  x  x  x  x

La définition de Wikipedia (début 2009)

aussi reprise sur Wapedia (http://wapedia.mobi/fr/Phon%C3%A8me)

En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c’est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l’on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d’être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc., selon la règle un phonème = un symbole.

L’identification des phonèmes d’une langue se fait en construisant des paires minimales, c’est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x
 non  x  x  x  x

La définition de Louis Hébert, Université du Québec à Rimouski


http://www.signosemio.com/klinkenberg/signe.asp

La langue comporte deux sortes de signifiants, les phonèmes et les graphèmes. Par exemple, les phonèmes [v] et [t] permettent, en français, de distinguer les signes « va » et « ta ». Les phonèmes sont associés à des sons vocaux, qui jouent le rôle de stimulus. Que je roule ou pas mon {r} en disant {Montréal} ou {Montrrréal} ne change pas la compréhension de mon interlocuteur, qui comprendra que je parle de la ville du Québec appelée « Montréal ». De la même façon, même si le rouge du panneau de signalisation routière où est écrit « Stop » n’est plus rouge mais est devenu plutôt un stimulus rose sous l’effet du soleil, je comprends qu’il évoque encore le signifiant rouge, qui a pour signifié dans le code routier l’idée d’un arrêt obligatoire. Le graphème est au signifiant linguistique graphique ce que le phonème est au signifiant linguistique phonique. Ainsi, que la barre sur le {t} soit petite ou grosse, que cette lettre soit écrite en Times New Roman ou en Verdana, je comprends, malgré ces variations de stimulus, que c’est le graphème t qui est en cause.

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La définition de Wiktionary (début 2009)

http://fr.wiktionary.org/wiki/phon%C3%A8me

(Didactique) Son articulé élémentaire.

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La définition de http://www.linguistes.com (début 2009)

(http://www.linguistes.com/phonetique/phon.html) Je me permettrai de rassembler des éléments un peu épars dans cette page…SJ

 Phonétique  Phonologie
 Étude des sons de la parole appelés phones  Étude des sons à valeur linguistique, phonèmes en relation avec un signifié. Les traits phoniques sont appréhendés par rapport à leur valeur distinctive.


Étude linguistique des unités distinctives de la langue, les phonèmes que l’on peut :- commuter sur un axe paradigmatique :
ex. /ru/ (rue) / /nu/ (nu)
(Le phonème a une fonction distinctive)
permuter sur un axe syntagmatique :
ex. /sale/ (salé) / /lase/ (lacé)
(Le phonème a alors une fonction démarcative)

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La définition de ALEPH2AT

http://aleph2at.free.fr/index.html?http://aleph2at.free.fr/glossaire/phoneme.htm

(Apparu en 1873 du Grec phonèma « son de voix »)
En linguistique, un phonème est la plus petite unité distinctive (c’est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l’on puisse isoler dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d’être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On note traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc.
L’identification des phonèmes d’une langue se fait en construisant des paires minimales, c’est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).
Exemples : sage et mage sont deux mots différents de la langue française, et il n’y a qu’un seul son de différent (le premier). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /m/ sont des phonèmes. bien et mien : même raisonnement : /b/ et /m/.

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La définition de Lettres.org

http://www.lettres.org/files/phoneme.html

Elément sonore du langage articulé. Il s’agit d’un son. (la phonétique traditionnelle classe les phonèmes en voyelles, consonnes et semi-voyelles)
Ex. : on, an, ou, etc. sont des phonèmes.

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La définition du dictionnaire Sensagent

http://dictionnaire.sensagent.com/phon%C3%A8me/fr-fr/

1.(linguistique;phonétique) élément sonore du langage articulé considéré sur le plan physiologique et acoustique.

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La définition du TILF  (trésor informatisé de la langue française…)

http://atilf.atilf.fr/ qui se trouve aussi (ou est peut-être complètement mutée ?) à http://www.cnrtl.fr/lexicographie/phon%C3%A8me

LINGUISTIQUE
1. PHONÉT. Élément sonore du langage articulé considéré d’un point de vue physiologique (disposition des organes vocaux) et d’un point de vue acoustique (perception auditive). Il faudra donc établir pour chaque phonème: quelle est son articulation buccale, s’il comporte un son laryngé (…) ou non (…), s’il comporte une résonance nasale (…) ou non (SAUSS. 1916, p.69).
2. PHONOL. Le plus petit segment phonique (dépourvu de sens) permettant seul ou en combinaison avec d’autres phonèmes de constituer des signifiants ou de les distinguer entre eux“ (D. D. L. 1976):

Ces unités phonologiques qui, au point de vue de la langue en question, ne se laissent pas analyser en unités phonologiques encore plus petites et successives, nous les appellerons des phonèmes. Le phonème est donc la plus petite unité phonologique de la langue étudiée.
N.-S. TROUBETZKOY, Princ. de phonol., trad. par J. Cantineau, 1964 [1949], pp.37-38.

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La définition de l’encyclopédie Universalis

http://www.universalis.fr/encyclopedie/NT01548/PHONEME_linguistique.htm

L’étude des sons utilisés dans la communication humaine constitue l’objet de la phonétique. La phonétique expérimentale remonte à la fin du XVIIIe siècle, et la phonétique historique a servi de base, au XIXe siècle, aux reconstitutions des grandes familles de langues, comme celle des langues indo-européennes. Science de la face matérielle des sons du langage, la phonétique s’intéresse uniquement à la réalisation concrète de ces sons, indépendamment de leur fonction linguistique et de leur rapport à la signification. C’est vers 1930, dans les Travaux du Cercle linguistique de Prague, que furent formulés pour la première fois les principes directeurs de la phonologie, qui se donnait pour objectif d’étudier les sons du langage du point de vue de leur fonction dans le système de communication linguistique.

Un système d’oppositions : La phonologie, qui s’inscrit à son origine dans la tradition structuraliste, entend décrire le système phonologique de chaque langue, c’est-à-dire l’ensemble des relations entre les unités appelées « phonèmes » : « définir un phonème, c’est indiquer sa place dans le système phonologique, ce qui n’est possible que si l’on tient compte de la structure de ce système », déclare Nicolas Troubetzkoy, l’un des pionniers de la phonologie.(…)

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La définition de l’Université de Genève

http://tecfasun1.unige.ch/~rueger/staf13/phoneme.html
Le phonème est une unité sonore non significative de langue qui n’est pas susceptible d’être dissociée en unités plus simples. Il est important de définir le phonème par rapport à la notion de son de la parole dans le sens où l’ensemble des phonèmes d’une langue regroupe uniquement les sons de la parole pertinents pour cette même langue. On peut ainsi définir un alphabet phonétique pour chaque langue.

L’alphabet phonétique du français contient par exemple 37 phonèmes (19 consonnes, 15 voyelles, 3 semi-consonnes). La réalisation d’un phonème peut cependant varier selon les locuteurs puisqu’il représente un son défini aussi en termes de durée, de hauteur, d’intensité et de timbre, termes qui n’influent pas sur le processus de reconnaissance.

Domaine d’origine et controverses

Le phonème est à l’origine un outil de la phonologie ( étude théorique de la substance sonore d’une langue) alors que le son de la parole relève du domaine de la phonétique (étude technique de l’acoustique et l’articulation des sons). Or depuis la deuxième guerre mondiale, ces deux domaines ont fait des progrès immenses et l’on considère actuellement cette dichotomie comme dépassée, chacun de ces deux types d’étude impliquant nécessairement l’autre pour dégager une analyse pertinente.

Domaines d’application

La notion de phonème a été avant tout utilisée dans une perpective (sic) normative et répressive en servant à définir la prononciation correcte d’une langue. On l’utilise actuellement davantage dans une perspective descriptive pour saisir l’oralité. Elle permet aussi de fructueuses études comparatives des langues.

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La définition de l’université de Laval

http://www.lli.ulaval.ca/labo2256/lexique/phoneme.html
En phonologie, le phonème est l’unité distinctive minimale, en nombre limité dans chaque langue. L’unité distinctive minimale est constituée d’un ensemble de traits phonétiques pertinents, se réalisant simultanément et occupant une position particulière dans la chaîne. Les traits pertinents sont des caractéristiques oppositives, c’est-à-dire des propriétés phonétiques qui sous-tendent les oppositions entre les monèmes (ou morphèmes), à savoir les plus petites unités de sens. Alors que l’on définit les sons en fonction de leur substance (articulatoire, acoustique, auditive), on définit les phonèmes chacun selon sa valeur dans le système des oppositions d’une langue donnée. En français, par exemple, il y a trois consonnes bilabiales: /p/, /b/ et /m/. Or, si la sonorité de /b/ est pertinente dans cette langue, puisqu’en face de /b/ il y a /p/ (=même définition sauf pour la sonorité), il n’en va pas de même pour /m/ qui, bien que généralement sonore, peut se réaliser sourd dans certains contextes. C’est pourquoi la sonorité ne constituera pas, en français, un trait phonologique définitoire de /m/.

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La définition du Larousse en ligne

http://www.larousse.fr/ref/nom-commun-nom/phoneme_79214.htm (cette adresse n’est plus bonne en 2013 mais la même définition a été transférée à :

http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/phon%C3%A8me/79214

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/phon%C3%A8me/60323)

Élément minimal, non segmentable, de la représentation phonologique d’un énoncé, et dont la nature est déterminée par un ensemble de traits distinctifs.

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coin_devtEncyclopedique

Chaque langue possède dans son code un nombre limité de phonèmes (36 en français) qui se combinent pour constituer les signifiants des énoncés et s’opposent ponctuellement aux différents points de la chaîne parlée pour distinguer les énoncés les uns des autres. Un phonème peut être réalisé concrètement par des sons différents (dits variantes ou allophones) possédant tous en commun les traits qui opposent ce phonème à tous les autres phonèmes de la langue. Chaque phonème est constitué de traits dits pertinents ou distinctifs, qui ne peuvent pas être réalisés isolément, successivement dans la chaîne parlée, mais se manifestent en combinaison simultanée : ainsi le phonème /s/ en français est à la fois consonantique, dental, fricatif et non-voisé.

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La définition de Futura-Sciences

http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/vie/d/phoneme_3920/

Plus petite unité de langage parlé. Le français en comprend 36, dont 16 voyelles et 20 consonnes.

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La définition du “free” dictionary

http://fr.thefreedictionary.com/phon%C3%A8me

n.m. phonème

Son d’une langue, défini par les propriétés distinctives qui l’opposent aux autres sons de cette langue: Les mots ” chou ” et ” pou ” se distinguent par leurs phonèmes initiaux [ ʃ ] et [p].

Larousse Pratique. © 2005 Editions Larousse.

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La définition du Larousse papier

Ling. Dans la langue humaine, élément sonore produit par les organes de la parole, ayant une valeur distinctive, et déterminé par les rapports qu’il entretient avec les autres sons de ce langage : [b] et [p] sont des phonèmes. Les phonèmes, voyelles ou consonnes, sont caractérisés les uns par rapport aux autres par des traits pertinents (sonorité, nasalité, etc.).

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La définition du dictionnaire de l’Internaute

http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/phoneme/

phonème, nom masculin
Sens  Elément sonore distinctif du langage [Linguistique].
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La définition du Dicopsy

http://www.dicopsy.com/phoneme.htm

Son d’un langue caractérisé par un ensemble de traits distinctifs, appelés aussi pertinents, et ne pouvant être décomposé.
L’organisation des phonèmes permet de constituer les signifiants d’un énoncé et de les distinguer les uns des autres.
Le mode d’organisation des phonèmes et les traits distinctifs de ceux-ci caractérisent une langue, qui en comprend généralement de 20 à 50.

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La définition du site “FORMATION  EN  PSYCHIATRIE  INFIRMIÈRE”

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychologie/psychologie/communication.htm

Les monèmes et les phonèmes : le phonème est le son élémentaire d’une langue, l’unité sonore la plus petite. Elle peut être pourvue ou dépourvue de sens. Dans la langue française il y a 36 phonèmes. Les différences de prononciation n’ont rien à voir. Qu’on soit Marseillais ou Parisien, il y a toujours 36 phonèmes (sic).

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C’est pas bien de se moquer : j’ai classé cette définition comme aberrante, d’accord, à cause de la référence aux marseillais. L’égalité du nombre de phonème est très peu probable, pour le moins. Mais cette définition est aberrante, en quelque sorte, AUSSI parce qu’elle propose un sens possible pour le phonème (?).

La définition de Jacques B. Siboni

http://jacsib.lutecium.org/thesaur4/node220.html

Phonème
$ 20015$
Les unités signifiantes, ce sont les phonèmes. [Lac66a, p. 501]
$ 20016$
Les phonèmes sont le système synchronique des couplages différentiels, nécessaires au discernement des vocables dans une langue donnée. [Lac66a, p. 501]
$ 59014$
Tout signifiant, du phonème à la phrase, peut servir de message chiffré. [Lac74b, p. 22]
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Lac74b, je me demande s’il n’y a pas du Lacan la dedans ? Quand j’entends le mot Lacan, je sors mon Aberrante !

La définition de l’université de médecines de Rennes (Laboratoire d’Informatique Médicale)

http://www.med.univ-rennes1.fr/sisrai/dico/R819.html

Résultat audible de la réalisation d’un groupe bien défini de traits phonétiques.

Source:

      (Tiré de Terminologie de neuropsychologie et de neurologie du comportement. Recherche et réd. Louise Bérubé., c1991., 176 p. Reproduit avec la permission de Les Éditions de la Chenelière Inc., p. 53)
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La définition du Pr. Habert

(http://www.limsi.fr/Individu/habert/Cours/PX/ProprietesDesLangues01-02Polycopie/node8.html)

Définition

Unité de description phonologique, distinctive et oppositive. La plus petite unité linguistique non porteuse de signification mais susceptible de produire un changement de sens par commutation. Constituée d’un ensemble de traits distinctifs (traits pertinents).

Objectif de la phonologie

Faire ressortir, pour une langue, par commutation, toutes, et rien que les oppositions pertinentes de cette langue.Notion de système : les sons d’une langue sont organisés en un système d’oppositions tel que chaque élément n’est constitué que de l’ensemble de ce qui l’oppose aux autre éléments.

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La définition du Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage (Larousse)

Le phonème est l’élément minimal, non segmentable, de la représentation phonologique d’un énoncé, dont la nature est déterminée par un ensemble de traits distinctifs. Chaque langue présente, dans son code, un nombre limité et restreint [sic] de phonèmes (une vingtaine à une cinquantaine selon les langues) qui se combinent successivement, le long de la chaîne parlée, pour constituer les signifiants des messages et s’opposent ponctuellement, en différents points de la chaîne parlée, pour distinguer les messages les uns des autres. Cette fonction étant sa fonction essentielle, le phonème est souvent défini comme l’unité linguistique minimale. Le caractère phonique du phonème est accidentel (L. Hjelmslev propose le terme de cénème, “unité vide, dépourvue de sens”); il est néanmoins important puisque toutes les langues connues sont vocales. Le phonème est donc défini, en référence à sa substance sonore, par certaines caractéristiques qui se retrouvent aux différents niveaux de la transmission du message (niveau moteur ou génétique, niveau acoustique, niveau perceptuel, etc.).

[…] Le phonème français /a/ s’oppose à /i/, /e/, /ε/, /y/, /u/, /o/, /α/, etc. comme le montre la série minimale la, lis, les , lait [sic [10] ], lu, loup, lot, las, etc.  et à tous les autres phonèmes du français parce qu’il est le seul à posséder ensemble les traits vocalique, non consonantique, palatal (aigu), ouvert (compact).

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La définition de Tracey :

http://www.ucs.mun.ca/~lemelin/tracey.html

La linguistique commence avec la distinction du phone et du phème ainsi que du phonème. Le phème est le trait (compact/diffus, grave/aigu, etc.) permettant de distinguer un phonème d’un autre phonème; l’ensemble des phèmes définissant un phonème est le phémème. Le phonème — ou le graphème, quand la langue est écrite — est la plus petite unité significative de la forme de l’expression; c’est l’unité distinctive ou pertinente de la deuxième articulation de la signification qui permet de construire ou de produire la première articulation, dont l’unité est le monème, qui conduit à la communication. Les phonèmes permettent d’identifier un monème. Un monème est une syllabe, un mot, un groupe de mots (comme une locution) ou une expression, bref une forme ayant un sens — une direction, une orientation, une destination — dans la communication; par la signification, il y a déjà du sens, alors que dans la communication, il y a toujours un sens… Il y a deux types de monèmes ou deux catégorèmes : le lexème, c’est-à-dire le radical ou la racine du monème, et le morphème, qui s’ajoute ou non au lexème. Le morphème peut être lexical, c’est-à-dire notionnel; c’est le cas sémantique des affixes : préfixes, infixes, suffixes, les suffixes incluant les augments (comme les diminutifs). Il peut aussi être grammatical, c’est-à-dire fonctionnel; quand il est la désinence ou la terminaison, la marque morphologique de genre, de nombre, ou de catégorie, et les formants, dans la conjugaison des verbes par exemple, le morphème grammatical est alors dépendant, lié au lexème, dont il est donc inséparable; quand le morphème grammatical est indépendant ou libre, donc séparable, c’est un grammème.


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Cette définition est aberrante car elle introduits plus de termes qu’elle n’en explique et surtout parce qu’elle se réfère à la “langue écrite” sortant par là immédiatement de la linguistique…

La définition de Jacques Poitou

in http://j.poitou.free.fr/pro/html/div/ego.html

Le phonème

Les sons du langage intéressent le linguiste du fait de leur relation directe avec un message linguistique. Mais ces sons varient d’un locuteur à un autre, d’un énoncé à un autre.

Quelques expériences courantes suffisent à révéler ces variations :

– si l’on peut reconnaître un locuteur à la voix, c’est bien que les sons produits par chaque locuteur ont quelque chose de spécifique, même pour un même message ;
– un même locuteur ne produit pas, pour un même message, les mêmes sons selon les conditions dans lesquelles il se trouve : les sons ne sont pas les mêmes si ce locuteur chuchote le message à l’oreille de quelqu’un d’autre ou s’il les crie à un interlocuteur situé à une certaine distance ; ils ne sont pas les mêmes selon la condition physique dans laquelle il se trouve (on reconnaît tout de suite quelqu’un qui est enrhumé…) ; un même locuteur peut parler plus ou moins vite selon son interlocuteur, etc. ;
– des sons émis pour un même message par deux locuteurs différents peuvent être articulés de façon différente.

Exemple : dans la phrase La voiture roule sur la route, le son qui correspond à la lettre <r> peut être soit grasseyé à l’arrière de la bouche (sans occlusion) – c’est le prononciation la plus courante en français –, il peut être roulé à l’arrière de la bouche (plusieurs occlusions) ou, chez certains locuteurs, roulé à l’avant de la bouche (plusieurs occlusions se succédant rapidement). Mais, dans tous les cas, c’est le même élément linguistique qui est réalisé et perçu. Et il se distingue d’autres éléments : quelle que soit la réalisation de <r>, le mot <roule> est réalisé et perçu différemment de <poule>, <boule>, <coule>, <moule>, <saoûle>, <joule>, etc.

On appelle phonème la plus petite unité segmentale distinctive. Dans l’exemple ci-dessus, il y a donc un phonème unique /r/, qui peut être réalisé de plusieurs façons, et ce phonème est distinct des phonèmes présents dans les autres mots : /p/, /b/, /k/, /m/, /s/, /Z/.

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La définition de Lacheret (institut national d’histoire de l’art)

in http://www.lacheret.com/Xinha/UPLOAD/SDL533-intro-phono.pdf

Pour mémoire, phonème =
ensemble de traits pertinents, distinctifs, qui permettent d’opposer deux
formes qui constituent ce que l’on appelle une paire minimale (pa/po ;
ba/bo) [plus loin]
La phonologie: étudie les sons du langage humain sous
l’angle du système (aspects fonctionnels, formels).
– Décrire les systèmes et les arrangements de sons qui existent dans
les langues.
• Etablir les règles qui président aux changements que subissent
les sons quand ils apparaissent dans différents environnements
phonétiques.
• Principes de segmentation et de catégorisation des données
sonores

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La définition de THE FREE DICTIONNARY by FARLEX


http://encyclopedia2.thefreedictionary.com/Phonem

phoneme

Smallest unit of speech distinguishing one word (or word element) from another (e.g., the sound p in tap, which differentiates that word from tab and tag). The term is usually restricted to vowels and consonants, but some linguists include differences of pitch, stress, and rhythm. A phoneme may have variants, called allophones, that differ phonetically without affecting meaning. Phonemes may be recorded with special symbols, such as those of the International Phonetic Alphabet. In transcription, linguists conventionally place symbols for phonemes between slash marks: /p/.

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Les (eh oui) définitions d’Antoniotti

in http://m.antoniotti.free.fr/phonologie.htm

Le phonème

 Première définition : Un ensemble, une classe de sons, le phonème comme classe de sons :

La phonétique donne une description très précise des sons, mais on n’y trouve jamais deux sons identiques. ex : Le son [i] est différent suivant qu’il est prononcé par un homme ou une femme, peut être différent aussi chez la même personne suivant les moments (émotion, rhume). Cela pose d’ailleurs des problèmes en reconnaissance automatique de la parole.

La variété des sons produits par un locuteur d’une même langue est pratiquement infinie.

Malmberg : “Le nombre des sons physiquement distinct est illimité.”

Quand on veut décrire une langue une question se pose : pourquoi se comprend-on quand même, c’est à dire comment se fait-il que les sons soient perçus correctement malgré les différences de timbre et d’intonation ?

La phonologie a tenté d’apporter une réponse (fin XIXème Baudouin de Courtenay initie la démarche, la phonologie devient une science à partir de 1920/30 avec Troubetskoy puis Bloomfield et Sapir) : Les langues ne retiennent pas toutes les différences de son, elles retiennent les différences de sons pertinents dans le système linguistique, les différences significatives.

Le son [i] en français remplit la même fonction quel que soit le locuteur.

Les différentes façon de prononcer le [i] correspondent à une seule unité abstraite remplissant un certain rôle dans la langue : le phonème /i/.

C’est à partir de sa fonction qu’on postule son existence.

De ce point de vue, un phonème est un ensemble de sons trouvés dans les mêmes environnements, et qui remplissent la même fonction dans la langue.

 Deuxième définition : Le phonème comme unité distinctive minimale.

A ce niveau, l’ordre d’apparition est important : “sa” est différent de “as”. “le” de “me” : avant une même voyelle, le sens change en changeant une consonne.

” ma “, ” me ” : Cette voyelle “e” constitue-t-elle un phonème? Oui car en changeant cette voyelle, on change le sens. On a procédé à une commutation : la commutation est une procédure de découverte des phonèmes.

L’opposition (symbolisée par ~) est ce qui distingue un élément phonologique d’un autre. 

On utilise la notion d’opposition uniquement entre phonèmes ex : /s/ ~ /z/

On est dans la représentation orale des langues quand on a des crochets carrés [s] définissant la prononciation. Il s’agit là de la réalisation effective (ce qu’on entend sortir d’une bouche) du phonème /s/.

Là encore, il s’agit de deux niveaux différents.

/s/ = Phonologie : Le phonème est une abstraction.

[s] = Phonétique : Phénomènes (de production ou de perception) concrets, stade de la transcription.

Autrefois, on n’a pas toujours fait la distinction entre représentations écrites et orales, on n’avait pas de convention d’écriture pour l’oral. (ex. “oiseau” : aucun élément de l’écriture ne permet de deviner sa prononciation : [wazo]) On a utilisé les mêmes éléments pour transcrire écrit et oral en utilisant une unité de l’écrit : la lettre. On parlait de la “prononciation d’une lettre” C’est une erreur : une lettre ne se prononce pas, elle s’écrit. Pour eux, le terme de lettre pouvait désigner une lettre ou un son. Aujourd’hui, on utilise trois symboles différents pour trois aspects différents : les guillemets pour spécifier les lettres, crochets pour les réalisations et barres obliques pour la phonologie.

Autre cas: []”brun” et [>] “brin”

// existe mais deux cas :

  • Pour certaines personnes, les deux se prononcent [] (homophones) donc *// n’existe plus.
  • Dans certaines régions, la distinction se fait encore [] // ou [] //.

Dans le deuxième cas, il y a opposition entre deux phonèmes : // ~ // Il s’agit de deux usages différents

1) En français du nord, il y a perte de l’usage du //.

2) En français méridional, les deux sont conservés.

Ce type de recherche doit se faire à l’intérieur d’une langue particulière : Les langues ne retiennent pas les mêmes distinctions comme pertinentes.

En français : “t” et “d”

[t] “temps”, “tant” [d] “dent”, ” dans”

Donc, en français, l’opposition /t/ ~ /d/ a une fonction distinctive. Est-ce valable pour toutes les langues? Il vaut mieux changer de famille de langue

En chinois, la même consonne peut se réaliser en [t] ou [d] sans que le sens change (non distinctif), l’opposition /t/ /d n’est pas réalisée.

Les chinois par contre, opposent /t /~/th/

/th/ trait d’aspiration (trait de souffle)

tha -> avant de prononcer la voyelle les cordes restent écartées, l’air passe.

ta -> remise immédiate en position fermée pour vibration.

A ce stade, le niveau d’analyse du phonème ne suffit plus, il est nécessaire de faire intervenir une autre unité : le trait distinctif, phonologie et phonétique se rejoignent.

exemple : le trait de voisement :

/t/ : non voisé (ne fait pas intervenir les cordes vocales)

/d/ : voisé ( fait intervenir les cordes vocales)

Le phonologue est obligé de se mêler de phonétique en faisant intervenir des caractéristiques phonétiques.

Si une opposition n’est pas réalisée, elle est dite non pertinente.

ex /t/ ~ /d/ non pertinente en chinois

Le chinois oppose la réalisation non aspirée et la réalisation aspirée.

aspiré ~ non aspiré

.

 Troisième définition : Le phonème comme ensemble de traits pertinents

Si on considère les oppositions de

  • voisement, ou de critères auditifs (sonore / sourde),
  • de mode d’articulation
  • de lieu d’articulation

de ce point de vue, le phonème est un ensemble de traits pertinents :

/f/ est non voisé, labio-dental, fricatif

/Z/ est voisé, palatal, fricatif

Le concret n’est pas suffisant , la phonologie est une étape abstraite nécessaire pour décrire une langue

(D’après les cours de C. Chanet)


La définition de Robert Mannell, Macquarie University, 2008

Une autre définition en anglais… on observera qu’elle ne recoupe exactement aucune des précédentes. Compte tenu des différentes écoles linguistiques et de leurs querelles, il n’est pas impossible que l’ensemble des définitions en anglais ne se recoupe que très peu avec celui des définitions en français…

PHONEMES

Phonemes are the linguistically contrastive or significant sounds (or sets of sounds) of a language. Such a contrast is usually demonstrated by the existence of minimal pairs or contrast in identical environment (C.I.E.). Minimal pairs are pairs of words which vary only by the identity of the segment (another word for a single speech sound) at a single location in the word (eg.[mæt] and [kæt]). If two segments contrast in identical environment then they must belong to different phonemes. A paradigm of minimal phonological contrasts is a set of words differing only by one speech sound. In most languages it is rare to find a paradigm that contrasts a complete class of phonemes (eg. all vowels, all consonants, all stops etc.).

eg. the English stop consonants could be defined by the following set of minimally contrasting words:-

i) /pɪn/ vs /bɪn/ vs /tɪn/ vs /dɪn/ vs /kɪn/

Only /ɡ/ does not occur in this paradigm and at least one minimal pair must be found with each of the other 5 stops to prove conclusively that it is not a variant form of one of them.

ii) /ɡɐn/ vs /pɐn/ vs /bɐn/ vs /tɐn/ vs /dɐn/

Again, only five stops belong to this paradigm. A single minimal pair contrasting /ɡ/ and /k/ is required now to fully demonstrate the set of English stop consonants.

iii) /ɡæɪn/ vs /kæɪn/

Sometimes it is not possible to find a minimal pair which would support the contrastiveness of two phonemes and it is necessary to resort to examples of contrast in analogous environment (C.A.E.). C.A.E. is almost a minimal pair, however the pair of words differs by more than just the pair of sounds in question. Preferably, the other points of variation in the pair of words are as remote as possible (and certainly never adjacent and preferably not in the same syllable) from the environment of the pairs of sounds being tested. eg. /ʃ/ vs /ʒ/ in English are usually supported by examples of pairs such as “pressure” [preʃə] vs “treasure” [treʒə], where only the initial consonants differ and are sufficiently remote from the opposition being examined to be considered unlikely to have any conditioning effect on the selection of phones. The only true minimal pairs for these two sounds in English involve at least one word (often a proper noun) that has been borrowed from another language (eg. “Confucian” [kənfjʉːʃən] vs “confusion”[kənfjʉːʒən], and “Aleutian” [əlʉːʃən] vs “allusion” [əlʉːʒən]).

syntagmatic analysis of a speech sound, on the other hand, identifies a unit’s identity within a language. In other words, it indicates all of the locations or contexts within the words of a particular language where the sound can be found.

For example, a syntagm of the phone [n] in English could be in the form:-
( #CnV…, #nV…, …Vn#, …VnC#, …VnV…, etc.)

whilst [ŋ] in English would be:-
(…V
ŋ#, …VŋC#, …VŋV…, etc)

but would not include the word initial forms of the kind described for [n].

Note that in the above examples, “#” is used to represent a word or syllable boundary, “V” represents any vowel, and “C” represents another consonant.

For example, examples of the type “#CnV…” would include “snow” [snəʉ], “snort” [snoːt]and “snooker” [snʉkə]. In this case, the only consonant (for English) that can occupy the initial “C” slot is the phoneme /s/, and so the generalised pattern could be rewritten as “#snV…”.


 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x  x
 non  x  x  x

****

Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr. On pourrait la compléter des très nombreux cours (vous avez bien lu “cours”, pas “blog”) qui arrivent à la notion de phonèmes, sans jamais la définir eux-même ou renvoyer vers une définition :

comme : Introduction à la phonétique

ou : Introduction à la Phonétique et à la Phonologie [11]

La définition d’Umberto ECO, in “Le signe” 1973

Dans ce livre consacré, comme son nom l’indique, à la discussion de la notion de signe, Eco n’offre pas de discussion approfondie du concept et se limite à une courte et banale définition du phonème (p. 86 dans l’édition Labor):

Le phonème est une unité minimale, dotée de caractéristiques sonores distinctives. Sa valeur est fournie par sa position et par sa différence avec les autres éléments. Ces oppositions phonologiques peuvent constituer des variantes libres, ou facultatives, changeant selon les sujets parlants, mais celles-ci n’oblitèrent pas la différence fondamentale qui permet d’identifier le signifié

Cette définition, d’application difficile, est peut-être de la plume d’Eco [12], mais il n’attribue pas sa rédaction (ni à lui-même, ni à un autre) ce qui n’est jamais un bon signe (sans jeu de mot). Eco ne propose pas non plus d’explication ou d’exemple pour la notation de ces phonèmes et, comme on va le voir, parait finalement ignorer complètement les notations phonétiques [entre crochets] et la destination des notations phonologiques, de sorte que dans tout le reste de l’ouvrage, soit il n’utilise aucun système de notation comme :

– dans le tableau de “phonèmes” de la p. 86

– les exemples de permutations phonétiques de la p. 87

soit plus généralement il se sert des /barres obliques/, normalement réservées à la notation d’un ou plusieurs phonèmes, pour isoler à peu près n’importe quoi :

p. 58 /cheval/ est aussi bien une “émission verbale”, un mot écrit et un “signal” qu’on peut émettre en Morse.

p. 68 un énoncé : /du vin/ (qui peut être remplacé par un signe, celui de montrer le cadavre de la bouteille qu’on vient de boire… Eco a peut-être l’habitude de terminer ses soirées ainsi ?)

p. 74 : un graphème /?/ serait utilisé dans le langage écrit (sic) pour exprimer le “tonème du langage parlé”

p. 77 la mention /stop/ d’un signal routier

p. 87 /bet/ et /pet/ diffèrent par un son

p. 89 la phonétique reconnait deux sons : /i/ et /i:/

p. 98 mots qui s’écrivent /sheep/ et /ship/

P. 102 /rouge/ est la couleur d’un feu de signalisation

P. 105  – mening- est un “terme danois” mais dès la page 107 ce même “terme danois” est devenu /mening/ !

p. 129 /échec et mat/ est une phase du jeu d’échecs

P. 131 /passage/ est un signifiant (pour Moïse devant la mer Rouge, le savait-il ?)

P. 135 /77/ est le numéro d’une chambre d’hôtel

p. 149 /Jeuw vais ow cabaréi/ est un énoncé français prononcé avec l’accent américain (dommage qu’il ne nous fasse pas plutôt l’accent italien…)

p. 158 l’émission verbale /hər/ s’écrit soit /hare/ soit /hair/

p. 191 /H2O/ est un signe utilisé par un chimiste…

Donc soit Umberto Eco n’a jamais appris, ou n’a jamais compris, l’utilisation des barres obliques et crochets (et maintenant plus personne n’ose le corriger…) ou bien il a compris mais, sans aucun avertissement au lecteur, il a décidé de s’en servir à sa propre manière, tout à fait aberrante en linguistique.

Dans un ouvrage censé clarifier les définitions du signe et dont les derniers chapitres notamment, demanderaient pour être compris à être spécialisé dans la sémiotique, cet amateurisme fait tâche. Il est toujours très inquiétant de voir des ouvrages qui ont une grande prétention théorique mais qui montrent une incompréhension des conventions de base… (ce n’est pas le seul en linguistique).


La définition de L. STARY CPC & C. FAUX (Maîtresses d’école)

dans “Conscience phonologique 25/10/2011”

Il est intéressant de voir ce que devient la définition quand elle atteint les pédagogues de base que sont nos maîtres et maîtresses (les “professeurs des écoles” comme on les appelle maintenant) :

Le phonème : Un phonème constitue la plus petite unité sonore du langage oral. Si on observe la lettre, un phonème correspond au son de celle-ci. Ex : la lettre f correspond au phonème ffff (la manière dont elle chante).

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x
 non  x  x  x  x  x

La définition de Jacques Moeschler et Antoine Auchlin

dans “Introduction à la linguistique contemporaine” 3e édition

L’étude des sons dans leur réalité physique est l’objet de la phonétique : la phonétique
acoustique s’intéresse aux propriétés physiques des ondes sonores (étude spectrale) ; la
phonétique auditive traite de la perception des sons par l’appareil humain ; la phonétique
articulatoire, enfin, étudie les sons du point de vue de leur production par l’appareil vocal
humain.
L’étude des sons sous l’angle de leur pertinence linguistique, c’est-à-dire en tant qu’ils
contribuent effectivement à la signification linguistique, est l’objet de la phonologie structurale,
qui décrit les phonèmes d’une langue ou variété de langue donnée.
Conventionnellement, on note les sons entre [] et les phonèmes entre //.
[…]
La thèse centrale de la phonologie structurale (Cercle linguistique de Prague, représenté
par Troubetzkoy, Jakobson) découle de la notion de système (chapitre 2) : les sons d’une
langue sont organisés en un système d’oppositions tel que chaque membre n’est constitué
que de l’ensemble de ce qui l’oppose aux autres membres.
• La notion de phonème
L’objectif de la description phonologique d’une langue est de faire ressortir, par commutation,
toutes et rien que les oppositions pertinentes dans cette langue, et d’établir ainsi le
système phonologique de la langue en question.
Les unités phonologiques abstraites qui réalisent ces oppositions, les phonèmes,
contribuent à la signification linguistique de façon distinctive (i.e. non significative), et
de façon oppositive : [k] n’a pas de sens en soi, pas plus que [i], c’est la différence ou
l’opposition entre [k] et [g] qui produit une différence de sens (quai/gai). On définit le
phonème de la manière suivante :
Phonème : unité de description phonologique, distinctive et oppositive, c’est-à-dire la plus
petite unité linguistique non porteuse de signification, susceptible de produire un changement
de sens par commutation, et constitué d’un ensemble de traits distinctifs (traits pertinents).
[…]
À retenir

[…]

• Les sons sont des unités de parole, réalisations acoustiques particulières de phonèmes, unités
de langue, comme les mélodies sont des réalisations d’intonèmes.
• Les phonèmes sont des unités abstraites : chaque phonème n’est que la somme des différences
acoustiques que la langue retient comme porteuses de différences de signification.
 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x  x
 non  x  x  x

Aberrante, je crois, à cause des “intonèmes”, quelle valeur explicative cela peut-il bien y avoir pour un étudiant ?

La définition de Christian Guilbaut

http://www.sfu.ca/fren270/phonologie/page4_2.html#start 28/04/2012

4.2 Notion de phonème

Le but premier dans une analyse phonologique est d’identifier les sons qui créent des distinctions de sens. Pour ce faire, il faut mettre en relation la forme et le signifié des formes. En d’autres mots, nous cherchons à déterminer si les différences sémantiques sont causées par des différences phonétiques.

Par exemple, en français, nous pouvons mettre en opposition les formes « pont » et « bon ». Nous savons que les deux mots ont une définition différente et que leur transcription phonétique diffère par un seul son (un [p] et un [b] respectivement) :

pont_bon

En conséquence, nous pouvons affirmer que ces deux sons, [p] et un [b], sont des PHONÈMES DISTINCTS.

Nous appelons une paire minimale, une paire de mots dont :
a) le signifiant ne diffère que par un phonème, et
b) le signifié est différent,

Dès que nous trouvons une paire minimale, il nous est possible d’affirmer que nous avons des phonèmes, et non seulement des sons dans une langue particulière. Une démarche similaire pour toutes les voyelles du français nous permet d’identifier les 16 phonèmes du français standard. Le procédé par lequel nous pouvons trouver des paires minimales implique une substitution de sons ([p] et [b] par exemple suivi de “-ont”) dans un même environnement. Ce procédé s’appelle la commutation.

Le phonème sera donc défini comme étant une UNITÉ MINIMALE DISTINCTIVE. Il représente l’unité d’analyse en phonologie. Il s’agit en fait d’un son qui a une réalité psychologique, qui est reconnu comme appartenant à une catégorie renfermant toute une série de sons prononcés avec de petites variations acoustiques qui sont considérées comme négligeables. Par exemple, nous pouvons imaginer de prononcer le mot « phonologie » 50 fois. Durant toutes ces répétitions, les « p » que nous produirons en début de mot ne seront jamais complètement identiques acoustiquement. Ils diffèreront en terme de durée et d’intensité par exemple (et en termes d’autres indices acoustiques aussi). Néanmoins, toutes ces variations sont minimes et tous les locuteurs du français reconnaîtront un « p » tel que nous les produisons en français. En d’autres mots, nous entendrons le phonème /p/ malgré les différences acoustiques.

Les oppositions par paires minimales permettent d’affirmer qu’une paire de sons est significative, ou qu’elle crée des différences de sens. En conséquence, elle doit faire partie du système des sons de cette langue.

 cadrée  son  exemple  test  confusion
phono/phoné
 minimale  aberrante
 oui  x  x  x  x  x
 non  x  x

(aberrante parce l’auteur pense apparemment que le mot phonologie se prononce avec un [p] et comprend un phonème /p/), d’accord, il ne le pense peut-être pas vraiment, et ce serait une simple faute “d’inattention” ? Mais alors comment se fait-il que ce cours soit en ligne tel quel depuis des années et qu’aucun de ses collègues, aucun de ses élèves n’a lu le passage ?

Synthèse

Cette diversité des définitions ne donne pas l’impression de se trouver dans une discipline scientifique ! Comment se fait-il qu’autant de personnes ont éprouvé le besoin de pondre leur propre définition sans même repartir en la citant d’une définition antérieure qu’ils voudraient -à la limite – améliorer ou préciser ? J’ajouterai que s’il est inquiétant de voir autant de définitions différentes, il est encore plus inquiétant de voir que personne ne s’en inquiète …

Bien que la difficulté de trouver une définition fiable, ou au moins “reconnue”, soit réelle (ce qui justifie en partie ces démarches créatives ?) cette situation semble largement “passée sous silence”. Les auteurs ne manifestent-ils jamais de gêne aux entournures ? Sophie Wauquier-Gravelines lâche dans “Segmentation lexicale de la parole continue, la linéarité en question” la phrase suivante : “Enfin, cette conception de la linéarité du signe posée par Saussure, puis amplifiée et systématisée par la linguistique structurale puis par la phonologie SPE, est directement inspirée d’un modèle alphabétique et “eurocentrique”  (Cao Xan Hao 1985) qui suppose d’une part que les notions de phonèmes, de mots sont claires et d’autre part, que le mot ainsi défini existe dans toutes les langues.” Hum, tant qu’à faire allusion à Cao, elle ferait mieux d’écrire : ” …que le phonème ainsi défini existe dans toutes les langues” (car Cao ne s’occupe absolument pas du “mot” dans l’ouvrage en question, mais bien du phonème du début à la fin).

Une partie de l’explication de ce grand flou vient probablement de la longue histoire du concept de phonème, qui dès l’origine a évolué au sein de plusieurs disciplines, à l’intérieur desquelles il pouvait déjà avoir plusieurs acceptions [13] ! Cette préhistoire du phonème est bien retracée dans l’article de 1986 de René Amacker : “Quand le phonème n’était pas le phonème, contribution à l’histoire de la terminologie linguistique“. Toutefois l’article regorge de considérations implicites et de phrases autoréférencielles qui rendent sa lecture difficile. Reste qu’il est bien révélateur de la confusion de date ancienne existant sur l’usage scientifique du terme, ancienne confusion qui n’a été que partiellement réduite aujourd’hui apparemment, s’il l’on en croit la dispersion des citations ci-dessus.

Une autre partie de l’explication pourrait venir du fait … que les professionnels n’arrivent “toujours pas” à se mettre d’accord sur ce qu’est réellement un phonème. Toutefois on a le sentiment qu’ils devraient tout de même faire l’effort d’arriver à une définition de vulgarisation commune (comme on le fait pour l’atome).

Enfin, après avoir compulsé des dizaines et des dizaines de publications, on en arrive au sentiment que la principale composante explicative (à la dispersion des définitions) pourrait être tout simplement le désintérêt des linguistes pour une question aussi triviale [14] ! Ainsi, sur son site de l’université Macquarie (Sydney, Australie), le professeur Mannell donne une introduction extrêmement détaillée à la phonologie autosegmentale [15] (probablement une des spécialités de ce professeur) tandis que la page qui introduit le phonème le fait de manière on ne peut plus économique [16] :

“PHONOLOGY: UNITS

In each human language, there are a finite number of units called phonemes that a language uses to build its words.”

(Oui, le paragraphe est fini…)

Pour compléter cette tentative de décrire cette diversité (du moins en français) et pour essayer de dégager à chaque fois les caractéristiques de la définition en fonction de son référentiel, sa motivation, ses contraintes ou du moins ce qui en est déductible de sa lecture, chacune a été assortie d’un petit tableau récapitulatif. Ce tableau comprend les colonnes :Cadrée : indique si la définition est explicitement cadrée ou non (une définition pourrait aussi être “sourcée” mais on l’a vu, la question ne se pose pas, chacune étant originale…)
Son : indique si la définition implique que le phonème est un son (ou quelque-chose de plus abstrait) [17]
Exemple : indique évidemment si un exemple (avec notation correcte) de phonème est donné
Test : indique si la définition fournit un test de reconnaissance (en général la paire minimale)
Confusion : indique si la définition distingue/évoque la vision phonétique et la vision phonologique du phonème
Minimale : indique si la définition a apparemment eu pour contrainte la compacité
(Temporelle : indiquera (à compléter) si la définition implique une nature segmentale, c.à.d. délimitée dans le temps)[18]. J’ai abandonné ce projet, qui me demanderait beaucoup de travail pour rien…
Aberrante : indique si visiblement, la définition semble sortie du cadre “normal” de la linguistique

Remarque finale : bien que les débuts de la linguistique aient été marqués par les schémas de Saussure concernant le signe (que nous avons reproduits plus haut), apparemment, aucun de ceux qui définissent le phonème n’ont pensé à en donner une représentation schématique ???(j’ai découvert au début 2014 un auteur, Fatima Sadiqi, qui dans “Grammaire du berbère” donne le schéma suivant.
schéma du phonème par Fatima Sadiqi - Grammaire du berbère
Très bien mais Sadiqi  se contredit elle même, si /b/ est le phonème, alors le schéma ne “représente” pas le phonème, plutôt le phonème ET SES PHONES…
Je présenterai mon propre schéma dans la suite de cet article.
Encore une autre ‘remarque finale’ : parmi toutes ces définitions, une seule apparemment, accède à une propriété fondamentale du phonème : qu’il est parfaitement capable À LUI SEUL de constituer un morphème. En fait cette cécité n’est pas due au hasard, elle est due au fait que ces “définisseurs” se focalisent sur le fait que le phonème ne porte pas de signification en lui, contrairement au morphème, mais cela les empêche de voir qu’un morphème peut être constitué d’un seul phonème.

Tentatives d’intégration structurale phonème/morphème

Comme on l’a vu au début de cet article, le phonème est reconnu par la plupart des linguistes comme une deuxième subdivision (une “articulation”) d’une subdivision supérieure de la langue : le morphème [19].

En sciences, quand on reconnait ce genre de hiérarchie, il est naturel de penser qu’on va retrouver au moins certaines propriétés à plusieurs de ces niveaux : par exemple en biologie, il est fondamental de comprendre qu’une famille se subdivise en genres de la même manière qu’un genre se subdivise en espèces et une espèce en variétés… A quoi bon baser une description sur une hiérarchie si cette hiérarchie ne permet aucune économie descriptive ?

Il serait donc naturel de rechercher, déjà au niveau de leur définition, un parallélisme entre le phonème et le morphème. Très peu le font, on l’a vu, mais peut-être ne vous a-t-il pas échappé qu’une des définitions proposées, celle de Sergio Poli, abordait clairement ce sujet, nous y reviendrons.

Le premier, Troubetzkoy a cherché un tel parallélisme et, dans un souci clairement structural, a essayé de “réutiliser” ou si l’on préfère, de généraliser l’opposition signifiant/signifié à l’analyse de différentes parties du langage [20].

Nous avons trouvé un autre exemple d’un tel parallélisme esquissé sur la page suivante de la SIL :
http://www.sil.org/linguistics/GlossaryOfLinguisticTerms/ComparisonOfMorphemeMorphAllom.htm

Compare: Morpheme-morph-allomorph and phoneme-phone-allophone
  The relationship between a morpheme and its morphs and allomorphs is parallel to the relationship between a phoneme and its phones and allophones.
  A morpheme is manifested as one or more morphs (surface forms) in different environments. These morphs are called allomorphs.
  A phoneme is manifested as one or more phones (phonetic sounds) in different environments. These phones are called allophones.

Ce parallélisme est aussi évoqué par Moeschler et Auchlin (op. cité, p. 60) mais uniquement en ce qui concerne le lien allophone/allomorphe. Les auteurs ne semblent pas en extrapoler l’idée d’étendre plus loin un parallélisme phonème/morphème.

Revenons maintenant à la définition de Sergio POLI (son cours est écrit en français, mais où enseigne donc ce monsieur ? après une petite recherche, il semble qu’il soit professeur “ordinaire” à l’université de Gènes, faculté des langues et des littératures étrangères, département des sciences de la communication linguistique et culturelle [21]) qui montre lui-aussi une très nette tentative de structuration englobant le phonème et le monème, en avançant une idée aussitôt rétractée : “N’ayant pas de signifié, les phonèmes ne sont plus de véritables « signes »” mais plus loin : Les phonèmes, malgré l’absence de signifié, possèdent toutes les caractéristiques des signes linguistiques.

S. Poli voit en effet trois raisons qui font ressembler le phonème à un signe :

1. les phonèmes sont des unités discrètes
2. ils s’opposent mutuellement
3. seulement quelques-unes de leurs caractéristiques sonores sont importantes

L’emploi du concept de phonème

La définition d’un concept est une chose mais son emploi dans la vraie vie en est une autre… On peut trouver dans la littérature des auteurs, qui ont parfois eux-même défini l’opposition phone/phonème de façon stricte mais dont l’emploi en pratique est plus moins relâché. Voici un best-of de cette tendance :

  • Pour un bon exemple d’emploi allègrement mélangé (début 2010) de notations phonétiques et de notations phonologiques : http://fr.wikipedia.org/wiki/Palatalisation [22]
  • Au niveau de Wiktionaire, c’est tout l’ouvrage (début 2010) qui donne apparemment les “prononciations” en écriture phonologique (au lieu de l’écriture phonétique)…[23] probablement aussi tout wikipedia (bien que je n’aie pas vérifié toutes les langues, ni toutes les pages) bien que certains articles fassent bien la distinction.
  • Martinet ne dédaigne pas un emploi disons “large” de la notion de phonème, examinons par exemple cette phrase :

L’existence d’une deuxième articulation assure ce maintien [de la compréhension, SJ] en liant le sort de chacun des composants du signifiant, chacune des tranches phoniques /m/, /a/, /l/ de mal par exemple, non point à la nature du signifié correspondant, ici “mal”, mais à celui des composants d’autres signifiants de la langue, le /m/ de masse, le /a/ de chat, le /l/ de sale, etc.”

On y voit que Martinet se sert de la notation phonologique des phonèmes du mot “mal” en les qualifiant de “tranches phoniques” ! [9]

De plus, les crochets de la notation phonétique n’étant plus présents dans le tableau final, on avait l’impression que cette notation nue (mais bien phonétique lorsqu’on regardait la légende) récapitulait, pour l’auteur de la page, l’essence même du phonème, qu’il avait pourtant défini plus phonologiquement au début… malheureusement il aurait fallu conserver cet exemple, la page n’existe plus…merci si vous pouvez me l’envoyer.

un résumé d’article qui donne correctement pour commencer la prononciation phonétique de “un air” et de “un nerf” : [œ̃nɛЯ] mais voilà que quelques lignes plus bas le même résumé se demande si le /n/ a la même longueur dans les deux cas (une entité phonologique ne peut bien sûr avoir de “longueur”, c’est bien sûr le [n] qui pourrait en avoir une).

  • Ici [26] la linguiste Annelise Coquillon, une fois lancée dans les considérations phonologiques, continue à employer cette notation au sujet de faits purement phonétiques.
Ces exemples ne sont pas là pour le plaisir de critiquer, mais pour montrer que les linguistes eux-mêmes ont du mal à employer avec constance les notations du phone et du phonème. Est-ce si étonnant si phone et phonème sont les deux faces d’un même “objet” qui n’a pas reçu de nom (voir plus bas) ?
Un autre contexte dans lequel l’utilisation des notations phonétiques et phonologiques se révèle ardu est celui des évolutions linguistiques. En toute justice, dans un pareil cas, la notation phonologique ne devrait être utilisée qu’à l’intérieur d’un même système phonologique, donc en situation synchronique. En pratique diachronique, le linguiste a souvent besoin d’exprimer la modification du système phonologique consécutif/parallèle/sous-jacent à la modification phonétique. Cela peut être fait avec plus ou moins de précautions comme ici :
Les phonèmes additionnels dans les systèmes dialectaux de plus de cinq voyelles sont généralement le produit de la coalescence de deux voyelles simples : par exemple /y/ ([y˘]) résulte historiquement de /ui/, /O/
([O˘]) de /oi/, et /Q/ ([Q˘]) de /ai/ dans le japonais d’Aichi.” Labrune, PHONOLOGIE DU JAPONAIS,pp 39-40 [27]
ou bien d’emblée comme un éléphant dans un magasin de porcelaine comme là :
A phonological example is the unconditional sound change of /t/ to /k/ in Hawaiian. So the ancestral Polynesian word *tapu, “forbidden,” changed to kapu, and *tolu, “three,”changed to kolu, and so on (Crowley, 1992).” (Curious Parallels and Curious Connections—Phylogenetic Thinking in Biology and Historical Linguistics, QUENTIN D. ATKINSON AND RUSSELL D. GRAY) [28]

Un cahier des charges !

Une définition du phonème devrait donc répondre aux points suivants :


  • Réconcilier phonétique et phonologie

Si ces deux sous-sciences doivent cohabiter à l’intérieur de la même science, leurs définitions d’un concept qui les traverse ne peuvent être séparées, ou pire antagonistes. On présente d’ailleurs habituellement le travail de la phonétique et de la phonologie comme une sorte de coopération [29] :

– la phonétique se charge de faire l’inventaire des sons de la langue
– la phonologie prend ces sons bruts et détermine lesquels sont des phonèmes.
En réalité, comme Cao l’a brillamment montré, la phonétique est “une phonologie qui s’ignore”. Les notations phonétiques (comme d’ailleurs les notations alphabétiques dont elles sont directement issues) représentent déjà l’aboutissement d’une analyse pré-scientifique des langues européennes poursuivie pendant des siècles par ses locuteurs. Les transcriptions conventionnelles ou phonétiques ne représentent donc pas du tout des sons bruts de ces langues mais une pré-analyse phonologique [30], mise au point par ses locuteurs [31]. Le rôle du phonologue se borne donc en général à écrémer les notations phonétiques trop détaillées en réunissant sous un même signe les manifestation phonétiques différentes du même phonème (par exemple p aspiré ou non en anglais) [32].

  • Intégrer phonèmes et morphèmes en tant qu’objets linguistiques.

Comme on l’a déjà dit, une description structurale doit servir entre autres choses à économiser notre salive : à quoi sert la dualité du signe si elle ne s’applique qu’au signe ?


  • Donner du concept une définition accessible, si possible à peu près compatible avec les anciens emplois.

Étant donné la pagaille qui règne dans les définitions, une nouvelle définition peut difficilement augmenter cette entropie davantage mais si on arrive à la rendre réellement plus logique, elle pourrait aider à faire disparaître cet imbroglio.

Une proposition pour l’intégration du phonème et du monème dans une même logique descriptive

Finalement pour arriver à une vraie intégration des concepts de morphème et de phonème, que manque-t-il à ce dernier ? La pierre d’achoppement serait seulement terminologique : on l’a vu le signe est tri-partite, mais dès son origine le phonème reste nominalement bi-partite. Si on veut que le nouveau phonème puisse se comporter comme un signe, comme l’ont souhaité différents auteurs (sans être un signe on est d’accord, OK, rangez votre revolver), il faut et il suffit de lui donner, à lui aussi, une structure tri-partite.

Pour cela il y a deux solutions (celle de gauche ou celle de droite) :

Solution 1 (à droite sur le schéma précédent)

On conserve l’opposition phone-phonème qui est présentée dans quelques unes (les plus structurales) des définitions ci-dessus, mais l’ensemble des deux n’a pas de nom …

avantage : stabilité des sous-définitions
désavantage : le plus gros inconvénient est que la plupart des phonéticiens n’emploient pas le mot phone ou son mais seulement celui de phonème, censé s’opposer à phone [33], d’où beaucoup de confusion.

Une seconde difficulté est que le couple phone/phonème n’a pas de nom et que si on en trouvait un on aurait les plus grandes difficultés à le voir adopter par quiconque [34] !
On a envisagé plus haut une série de raisons qui ont pu empêcher les définitions de saisir le phonème. Arrivés à ce point de l’étude on se rend compte que le principal obstacle sur lequel ont achoppé toutes ces tentatives a été de vouloir définir un objet sans parler d’abord de sa structure !
.

Solution 2 (à gauche sur le schéma précédent)

On garde le phone (dont très peu de gens se servent, c’est un fait) mais on déplace l’appellation de phonème qui désigne maintenant l’ancien couple phone-phonème (résultat à gauche sur le schéma précédent)

avantage :

– 99% de la littérature reste utilisable telle quelle, notamment par les non-spécialistes, car la plupart des auteurs utilisent (volontairement ou non) le concept de phonème au sens “large”, y compris quand ils ont plus ou moins insisté d’abord sur sa définition strictement phonologique (ou “psychique”). Cela n’est guère étonnant car le phonème a historiquement un nom qui fait référence à du son. Dans le cadre de cette deuxième solution, on pourrait fournir comme explication (pour ceux qui n’ont pas vécu, ou revécu tout le XIXème et le XXème siècles et ne pourraient s’apercevoir que c’est un raisonnement a posteriori) que ce radical en “phon” du phonème lui viendrait de sa partie phonique tandis que sa partie psychologique lui donnerait sa terminaison en “ème”.
– le phonème est avant tout défini comme un objet structural à deux faces mais trois étiquettes [35]
désavantages (?) : les étudiants et les chercheurs doivent accepter ce léger changement théorique. Il faut trouver un nom pour la partie psychologique du phonème, disons pour l’ancien phonème stricto sensu (voir ci-dessous).

C’est évidemment cette dernière solution que j’ai adopté pour la définition ci-dessous.

Une définition scientifique pour le phonème : le phonème (pp)

Remarques

1 Le phonème est une généralisation : une définition du phonème ne peut être avancée qu’en gardant à l’esprit qu’il s’agit en réalité d’un concept à plusieurs niveaux, dont seul le premier est réel et dont les autres sont des généralisations, ce qui semble échapper à la plupart des définitions, voire des définisseurs.
Il faudra que sa définition s’applique donc  à un phénomène de la parole à la base mais aussi à trois niveaux de généralisation/abstraction qui en découlent :
  • Le phonème réel ou individuel ou phonème de la parole, c’est un phonème effectivement réalisé/capté en tant que percept [36] dans un énoncé réel (prononcé donc sonore)
  • Le phonème-locuteur, c’est le phonème typique tel qu’il est réalisé par un locuteur donné, généralisation de tous les phonèmes individuels qu’il a prononcé dans sa vie (n’est plus sonore, mais peut être resonorisé…ou décrit phonétiquement)
  • le phonème-espèce ou phonème de la langue, c’est la généralisation des entités précédentes au niveau de tout ou partie des locuteurs d’une variété de langue spécifiée, à une époque spécifiée
  • le phonème du langage, c’est la généralisation du phonème au niveau de plusieurs langues (possiblement toutes, si tant est que la notion puissent leur être appliquée, en notant qu’il ne peut pas être sonorisé, ni noté etc.)
Ce sont ces généralisations qui font qu’on peut sauter immédiatement (et sans prévenir) du phonème réel au phonème-espèce : quand le locuteur prononce un phone individuel on suppose qu’il réalise un phonème de la langue.
2 Le phonème du langage n’est normalement abordé qu’en épistémologie (comme dans cet article). Comme comme cette dernière généralisation franchit la limite normalement assignée à la phonologie (qui ne travaille qu’à l’intérieur d’une langue) la définition du phonème du langage (s’il existe) pourrait avoir une définition notablement différente des trois autres, qui sont phonologiques…À moins qu’on prenne le soin de concocter une définition  suffisamment puissante [37] pour être homogène aux quatre niveaux d’étude, ce qui n’est probablement possible que par une démarche centripète (ou au moins dialectique centrifuge/centripète). Autrement dit toute tentative de définition du phonème avec un grand PH en partant de l’exemple d’une langue en particulier prend le risque d’étendre quelque chose qui serait vrai à l’intérieur de cette langue pour une vérité générale…

Définition

  • Cadre : le phonème réel ne peut être défini du point de vue phonétique seulement, ni phonologique seulement. Compte tenu de sa double nature (phonique et psychologique) il ne peut justement être défini que par un aller-retour dialectique entre ces deux sous-disciplines de la linguistique.
  • Le phonème (réel ou individuel) est une unité de perception [38] dans la parole émise par un locuteur (qui la reçoit simultanément) et qui normalement est reçue, en tant que même unité de perception, par un ou plusieurs autres récepteurs (locuteurs de la même langue).
  • Les locuteurs d’une langue peuvent reconnaître et répéter n’importe quelle suite permise de phonèmes de leur langue prononcée par un pair, qu’elle ait une signification ou non (effectuer en fait toutes les opérations impliquant une manipulation consciente de ces unités) [39]. Le phonème est donc la plus petite unité manipulable [40] de la langue.
  • Typiquement, quand il est exposé à une langue étrangère, un locuteur s’efforce de la décomposer et de la restituer en se servant des phonèmes de sa propre langue [41].
  • En fonction de leur qualité sonore et de leur mode d’articulation, la partie sonore de ces unités sont décrites phonétiquement par rapport à certains de ces traits (par exemple comme voyelles ou consonnes tyiquement dans les langues européennes, puis classées en séries etc. [42] )
  • La combinaison d’un (au minimum) ou plusieurs phonèmes forme des unités plus grandes, les morphèmes, munies de sens.
  • Les phonèmes sont reconnus en première approche par leur caractéristiques sonores, mais en dernier ressort par les traits qui les opposent aux autres phonèmes de la même langue. Tout phonème d’une langue manifeste différentes caractéristiques structurales : au niveau interne ou phonématique, il s’oppose aux autres phonèmes de la même langue en formant un système plus ou moins cohérent et compact (par réutilisation des mêmes traits distinctifs dans différentes oppositions). Cette structuration est bien décrite dans la littérature. Mais aussi au niveau externe ou morphologique car il s’organise avec les autres phonèmes selon des règles typiques de la langue en question [43]. Les phonèmes ne portent pas de sens en eux même mais la morphologie est structurée par la latitude des phonèmes. Les essais de commutation, permutation et autres substitutions doivent (sont obligés de) tenir compte de cette structuration !
  • Le phonème (pp) individuel est constitué de quatre parties fonctionnelles :
  1. Le mentème (ou “phoné”) : c’est la partie signifiée (au sens phonologique, non sémiologique) du phonème, dans l’espace phonématique donc le message transmis et reconnu, du point de vue linguistique. Dans notre schéma, cette partie correspond à la partie inférieure du schéma, en contact avec la machinerie supposée du langage (c’est le seul élément ayant une notation phonologique, l’ancien “phonème”). Le mentème peut être activé par le récepteur phonique, ou activer lui-même l’émetteur phonique. Il est l’élément de base de la construction des morphèmes [44].
  2. Le(s) phone(s) passif(s) ou récepteur phonique : c’est la partie du phonème qui reconnait les phones arrivants en tant que percepts et qui active alors le mentème. Dans notre schéma, cette partie correspond à toute la partie en forme de pavillon, en contact avec le monde sonore, au dessus du rectangle allongé. Une partie centrale correspond à des profils phoniques (allophones) hautement compatibles, qui activent le mentème sans heurt. Une partie externe -en entonnoir- correspond à des profils phoniques plus exotiques, qui peuvent également activer le mentème, mais non sans “frottement”.
  3. Le phone actif ou émetteur phonique : c’est une unité de la parole articulée par l’auditeur/locuteur, à partir du mentème. Elle n’a pas en autant de variété que le phone passif  (et ne peut donc nous renseigner complètement sur lui).
  4. Le phonème comprend aussi les phones libres, c’est à dire à l’état de stimuli sonores, qui sont des percepts émis/reçus par un locuteur, et éventuellement perçus par d’autre en plus de lui (représentés par des notations phonétiques arrivant ou partant)

Les phones libres, le récepteur et l’émetteur phonique (2, 3 et 4) forment à eux trois la partie signifiante (toujours au sens phonologique et non sémiologique) ou “phonant” du phonème car ils se situent tous les trois dans l’espace perceptuel phonétique.

Schéma

Je propose pour la première fois un schéma représentant le phonème (ce schéma peut s’appliquer aux quatre niveaux de généralisation). La partie supérieure est le monde sonore, dans lequel certains sons peuvent être émis et reçus en tant que percepts, la partie inférieure est la sphère phonologique et lexicale.

On a repris ici l’exemple du phonème /r/, souvent utilisé pour illustrer une série d’allophones en français. Notre représentation montre que des phones reçus qui sont proches (trois exemples phonétiques sont donnés) du phone émis “tombent” directement dans l’entonnoir phonologique, où ils activent le mentème. D’autres phones libres plus exotiques, tels que la jota espagnole ou divers sons issus de l’anglais peuvent aussi fonctionner comme allophone du /r/, mais non sans “frottement”, soit une sensation “d’accent” pour l’auditeur standard. Pour un francophone de France métropolitaine, le r roulé [r] se trouve aussi dans la zone périphérique (exotique).
Le schéma pourrait être complété pour montrer la formation des allophones en émission. (la question de l’émission et de la réception des allophones n’est classiquement pas bien distinguée)

Limites de la notion de phonème

Tout ce que nous venons de voir reste descriptif. Cao lui-même ne semble pas se diriger vers une méthodologie expérimentale, centripète en tout cas. La phonologie qu’il critique comprend pourtant une telle méthodologie, la méthode des paires minimales. Cao a redéfini les principes de base de la phonologie et a établi une nouvelle classification des langues mais il n’a pas laissé de protocole qui pourrait permettre d’aborder sa classification comme “clef de détermination”. (j’ai entrepris ce travail fin 2013 dans mon nouvel article :” la détermination des phonèmes d’une langue“)
Une bonne définition du phonème devrait aussi comprendre une délimitation de sa portée, des limites de sa pertinence.
– L’étude phonologique met théoriquement en évidence une structuration logique (donc exhaustive) de la langue, mais une langue donnée est toujours en évolution donc il est inévitable que l’analyse phonématique rencontrât toujours des cas limites : phonèmes en train de se confondre, phonèmes en cours de séparation et en outre pour tous ces cas des différences interpersonnelles (inter-locuteur) non généralisables sont à attendre.
– La communication dans une langue repose théoriquement sur l’utilisation du code phonématique complet mais en pratique la réception fonctionne quand même si le code du locuteur est incomplet :
– locuteur traditionnel ayant un “défaut de prononciation”
– locuteur utilisant une version réduite  du code phonologique ou encore :
– étranger parlant la langue tant bien que mal.

On comprend par ces exemples que l’auditeur parvient toujours à reconnaître les mots même si le décodage des phonèmes n’est pas réalisé à 100% [45]. Autrement dit, l’extraction des morphèmes ne repose pas entièrement sur le codage phonologique. En pratique, l’auditeur se comporte comme une machine à aspirer du sens (fut-il erroné), pas comme un décodeur de phonèmes….

On pourrait même affirmer que ce qui est typique du locuteur traditionnel (voir dans mon knol sur le français standard ce que j’entends par cette appellation), c’est de pouvoir comprendre sa langue même quand les conditions de compréhension deviennent très défavorables. Dans une chanson écoutée en langue étrangère par exemple, il est notoire que même avec une bonne maîtrise de cette langue, on peut en être réduit à demander à un locuteur maternel pour savoir “ce que le chanteur dit”…. C’est en fait l’expérience même (d’ajouter du bruit, pas de la musique, quoique…) qui a été volontairement par une équipe de chercheurs pour voir si on pouvait discriminer techniquement des locuteurs traditionnels d’autres locuteurs parlant couramment depuis un âge très jeune [46] et qui a produit des résultats étonnants.
D’un point de vue épistémologique donc, l’idée que le phonème soit un élément de base de la structure linguistique, élément qu’on a pu comparer à un code, ne signifie pas nécessairement que l’interprétation du langage se fasse dans notre esprit en collectant une suite de phonèmes, puis en les assemblant pour constituer des morphèmes etc.
Annexes

L’idée d’un schéma de représenter le phonème en m’inspirant des schémas représentant les neurotransmetteurs m’est venue en mai 2009.Observez la figure suivante :

Ouh la la  ! Pourquoi trouver ici un schéma d’un récepteur “metabotropic” dans sa membrane ?

Réponse : parce que ces molécules sont capables de “reconnaître” d’autres molécules qui se baladent à l’extérieur d’une cellule et de donner alors un signal à l’intérieur de la cellule ! Eh oui : la synapse est un dispositif dans lequel un signal électrique est transformé en signal chimique, lequel se propage dans un milieu “externe” (en pratique externe au nerf seulement) pour être finalement capté par un récepteur qui le retransforme en signal électrique à l’intérieur d’un autre nerf !  Cela ressemble extraordinairement à  la situation linguistique, dans laquelle un projet “mental” est transformé en produit sonore, qui sera capté par un récepteur qui le retransformera en produit mental afin de l’identifier…

References

  1. que Martinet appelle monème, qu’il redivise entre lexèmes (les “morphèmes lexicaux” des autres auteurs) et morphèmes (soit des “morphèmes grammaticaux”)…
  2. Oui MAIS : quand on considère deux langues apparentées, il y a quand même aussi en pratique un “apparentement “des phonèmes, qui explique historiquement cette coïncidence des caractères dans l’écriture vulgaire et qui la justifie aussi sur le plan scientifique : les langues ne sont pas isolées phonologiquement de façon absolue…
  3. Le phonème pourrait être conservé, si on suit Cao, à condition de poser l’existence de langues microphonématiques (en gros les langues européennes) et de langues macrophonématiques (les langues isolantes notamment). Pour décrire ces dernières avec les phonèmes classiques, on est obligé de bricoler parallèlement la notion de tonème (sans toutefois que celui-ci arrivât jusqu’aux manuels de base d’ailleurs)
  4. “centrifuge” en ce sens qu’ici, au lieu de voir le langage de l’extérieur et de tenter de le décomposer, on tente de répondre à la question centrale : “comment faudrait-il s’y prendre pour inventer un langage à partir d’un signal informe ?”
  5. Cette approche existe probablement dans tel livre ou tel laboratoire. La linguistique est vaste et décentralisée (écoles en guerre les unes contre les autres). Il est donc difficile de tout explorer, et encore plus de ne pas se perdre en voulant le faire…
  6. Ce sont les traits phonétiques. Ici, “superposables” ne signifie pas que chacun est superposable à n’importe quel autre, puisque bien évidemment certains sont antithétiques, mais que généralement on peut en produire plusieurs de façon quasi-simultanée, relativement si on se place d’un point de vue sonore, absolument si on se place d’un point de vue perceptif.
  7. Sans remettre en question le système général d’un certain nombre d’éléments superposables chronologiquement (traits) qui se combinent pour former des éléments d’ordre supérieur (phones ?) formant une structure (le système phonétique), cela n’exclut pas que d’autres traits, en moins grand nombre, soient “superposés” mais sur une échelle temporelle plus étendue, celle de la syllabe, du mot, de la phrase. On les rencontre souvent sous la forme de l’accent d’intensité, ou au troisième niveau comme tons, occlusive glottale, etc. voire au niveau de la phrase (intonation).
  8. Précisons tout de même que les codes informatiques et génétiques n’ont pas la possibilité d’introduire des traits superposables de second niveau, quoique la méthylation de l’ADN….
  9. La lecture d’autres ouvrages de Martinet, comme par exemple : “Des steppes aux océans” (1986) confirme le lecteur dans l’idée que Martinet s’intéressait surtout à la comparaison des langues et à leur reconstruction morphologique, syntaxique, etc. le tout avec une approche profondément phonétique, et beaucoup moins à la nature ou à la pertinence du concept de phonème, qu’il maniait d’ailleurs avec beaucoup de désinvolture, comme à la page 125 : [S’il s’agit par exemple de l’anglais, le premier phonème, noté / th / (pas moyen de reproduire le caractère employé par Martinet ici mais ce qui compte, ce sont les barres obliques SJ), de thin réclame que l’air qui sort de la bouche passe par une fente réalisée entre la tranche antérieure de la langue et celle des dents d’en haut….] L’idée qu’un phonème, unité phonologique, puisse “réclamer” une prononciation ne résisterait pas à une correction de première année de linguistique… et finalement, Martinet, la plupart du temps, se débarrasse allégrement de tous crochets ou barres obliques, citant les phones/phonèmes avec lesquels il jongle nus (les phonèmes, pas Martinet) sans autre forme de procès…
  10. On a ici un indice sur le système phonologique du rédacteur de ce passage : dans sa forme de français, il oppose apparemment “lait” et “les” et il a cru bon de choisir cet exemple de ce qu’il dit (ou de ce qu’il entend ce qui revient au même) pour illustrer sa définition… Par contre,  J. Dubois, un autre rédacteur du même ouvrage dans : Grammaire distributionnelle ( Langue française. Vol. 1 N°1. La syntaxe. pp. 41-48.) nous donne comme exemple de phrase en français : /lε vag bat lə rivaz/ où “les” a le même phonème que “lait” ! Qui a raison ? Pour connaitre la réponse, suivez le lien (le français standard). J’ajoute que l’exemple de Dubois est par ailleurs très mauvais. La phrase citée ci-dessus illustre selon Dubois “les morphèmes /s/ et /t/… discontinus du pluriel. Or si la phrase en question contient bien un /t/ qui oppose le pluriel /bat/ au singulier du même verbe /ba/, elle ne contient évidemment aucun phonème /s/, /vag/ ne portant aucune marque de pluriel de même que “les” s’oppose à “la” par les voyelles /a/~/ε/, non par un son [s] ! A noter que la même opposition les/lait est présentée par François Lonchamp in La transcription phonétique du français (sans source non plus mais probablement indépendamment, compte tenu de son parti-pris pédagogique, construire des des mots L + voyelle…).
    Autre exemple, dans son cours en ligne Céline Romero affirme que : “…deux sons que nous avons mentionnés : [ø] peuple et [oe] peuplé (on les appelle des “voyelles moyennes antérieures arrondies”) ; elles n’ont jamais la même distribution, i.e. elles ne peuvent pas être commutées dans le même entourage phonétique : le phonologue ne peut pas produire de paires minimales permettant d’opposer ces deux voyelles.” Hum, cela prouve seulement qu’il y a des “phonologues” qui ont (probablement) le français comme langue maternelle et qui en déduisent qu’ils sont en train de parler un français standard. Dans une deuxième étape, ils prennent n’importe quel exemple de leur cours dans leur propre pratique, ce qui est catastrophique, normalement ils devraient se baser sur un corpus ! Dans le français parlé par Céline Romero, il ya très évidement la perte de l’opposition du français standard entre je/jeu, me/meut, jeune/jeûne, etc Mais cela n’est guère étonnant car elle parle plus loin de “redondance entre les phonèmes qui permet de reconnaitre le bon mot” avec l’exemple de bon et banc. On en déduit immédiatement que la même dame parle un français qui a perdu cette opposition, comme la plupart des locuteurs de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française d’ailleurs, ainsi qu’un nombre croissant de métropolitains (qui parlent à la télé sans que cela soit détecté par le public comme une faute).
    Mais cette pratique “d’inventer” des exemples a existé depuis longtemps et une variante en est l’exemple de “seconde main”. Un linguiste qui ne parle pas parfaitement une langue donnée se fait refiler un exemple par un autre linguiste, qu’il prend pour un locuteur de la forme standard (ce deuxième linguiste le croit problablement aussi…). C’est ainsi que Trubetzkoy, dans Principes de Phonologie écrit (à la page 80) : “Mais en français e et ε n’apparaissent comme termes d’une opposition phonologique distinctive qu’en syllabe finale ouverte : Les-lait,

    allez-allait ; dans les autres positions l’apparition de e et de ε est réglée mécaniquement …” L’opposition allez/allait est impeccable, pas de problème, mais Trubetzkoy s’est fait refiler le même couple les-lait que j’ai épinglé plus haut, décidément, dans le dictionnaire Larousse des sciences du langage ! Attention, en français standard, il est vrai que “les”, ce double-morphème grammatical peut-être prononcé de manière intermédiaire (comme en milieu de mot) ou même totalement [le]. Cela ne signifie pas qu’il peut être pris comme exemple phonologique. Sa valeur théorique, qui apparait normalement “en surface” -comme on dit-  chez un locuteur standard dans la diction soignée est et reste [lε], la même que celle du morphème lexical qu’on écrit “lait” ….
  11. a noter dans ce cours, un schéma “intéressant” dans lequel : 1 la phonétique ne fait pas partie de la linguistique (peut-être que c’est là l’explication finalement…) 2 la reconnaissance des phonèmes intervient apparemment dans ce niveau phonétique non linguistique…
  12. Il faudrait probablement rechercher une source plutôt à l’original italien de cette définition…
  13. Dans les textes fondateurs de Saussure, les termes de phonétique et de phonologie sont inversés par rapport à aujourd’hui…un détail qui montre la difficulté à se repérer dans les anciennes définitions
  14. “trivial” dans cette phrase est du second degré…. La nature extraordinairement complexe et fuyante du phonème n’échappe probablement qu’aux débutants ou aux charlatans, pas aux vrais linguistes. Reste que certains choisissent peut-être de ne pas le montrer, un peu comme les gens qui soignent leur cancer par le mépris…
  15. http://clas.mq.edu.au/phonetics/phonology/autosegmental/index.html
  16. http://clas.mq.edu.au/phonetics/phonology/structure/index.html
  17. Bien sûr l’idée que le phonème soit un “son” est l’erreur la plus basique et la plus rencontrée. Elle signale en fait une approche phonétique qui s’est arrêtée avant au niveau phonologique.
  18. Comme l’a fait remarquer Cao, l’idée qu’un élement structural tel que le phonème doive avoir une nature temporelle discrète n’est pas contenue dans les prémisses extractibles de sa fonction.
  19. Sachant qu’un phonème peut, le cas échéant, constituer un morphème à lui tout seul.
  20. “Tout ce qui appartient au langage, c’est-à-dire aussi bien acte de parole que langue, a d’après Ferdinand de Saussure deux faces : le signifiant et le signifié, de sorte qu’un langage est toujours une association, un recouvrement réciproque du “signifiant” et du “signifié”. Dans l’acte de parole, le “signifié” est toujours une communication tout à fait concrète, ne prenant de sens que comme un tout. Dans la langue par contre le “signifié” est représenté par des règles abstraites – syntaxiques, phraséologiques, morphologiques et lexicales. […] La face “signifiante” de l’acte de parole est un courant sonore concret, un phénomène physique perceptible par l’ouïe. Mais quelle est la face “signifiante” de la langue ? » ( Principes…, p. 2.) Troubetzkoy a besoin de définir le phonème comme unité « signifiante » de la langue. L’opposition va donc se situer entre les signifiés (dans la langue et dans la parole) d’un côté et entre les signifiants, pris sous le terme vague de « normes phoniques », de l’autre. « Le “signifié” de la langue consiste donc, par opposition au “signifié” de l’acte de parole, en nombre limité, fini, d’unités. Mais le même rapport entre langue et parole existe aussi dans le domaine du “signifiant” : les mouvements articulatoires et les sons en résultant qu’on rencontre dans les différents actes de parole sont d’une variété infinie, mais les normes phoniques qui sont les éléments de la face “signifiante” de la langue sont en nombre limité et fini. » Par le truchement de ces oppositions, Troubetzkoy revendique une répartition de plusieurs linguistiques – de la langue et de l’acte de parole, celle du son et celle du sens et, finalement, en définissant les phonèmes comme des signifiants de la langue en opposition aux sons, signifiants de la parole, Troubetzkoy déclare l’autonomie de la phonologie par rapport à la phonétique.”(extraits de VILKOU-POUSTOVAIA I., Martinet face à Grammont. Une rencontre manquée entre Troubetskoy et Saussure, La Linguisti…
  21. http://www.lingue.unige.it/mambo/index.php?option=com_content&task=view&id=26&Itemid=170&Itemid=1, http://www.disclic.unige.it/index.html
  22. “La palatalisation est une modification phonétique dans laquelle un son est produit par une partie plus à l’avant du palais dur que celle utilisée pour le son d’origine. Par exemple, le latin castellum a donné chastel en ancien français, et suite à la loi de Bartsch caballus s’est transformé en cheval : le phénomène qui fait passer /k/ latin (phonème dorso-vélaire, articulé du dos de la langue contre le voile du palais) à /ʃ/ français (phonème post-alvéolaire, prononcé contre une partie du palais dur) est une palatalisation. La palatalisation a joué un rôle important dans l’évolution des langues romanes, slaves, et indo-aryennes mais aussi en japonais (elle explique pourquoi les consonnes /t/ et /s/ sont réalisées [ʨ] et [ɕ] devant un /i/, par exemple) et en mandarin (où /hi/ s’est palatalisé en [ɕi], entre autres exemples). On parle aussi, abusivement, de palatalisation pour décrire l’avancée du point d’articulation d’une voyelle postérieure vers une position plus antérieure. L’évolution du u long latin prononcé [uː] vers le français u prononcé [y] en est un exemple.La palatalisation est une modification phonétique dans laquelle un son est produit par une partie plus à l’avant du palais dur que celle utilisée pour le son d’origine. Par exemple, le latin castellum a donné chastel en ancien français, et suite à la loi de Bartsch caballus s’est transformé en cheval : le phénomène qui fait passer /k/ latin (phonème dorso-vélaire, articulé du dos de la langue contre le voile du palais) à /ʃ/ français (phonème post-alvéolaire, prononcé contre une partie du palais dur) est une palatalisation.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Palatalisation
  23. CHENIL, Nom commun, Singulier Pluriel chenil /ʃǝ.nil/ chenils /ʃǝ.nil/ chenil masculin 1. Lieu où logent les chiens de chasse. * Mr. et Mrs. Joliffe, aussitôt sortis de la maison, s’étaient rendus, l’un au chenil, l’autre à l’étable des rennes. (Jules Verne, Le Pays des fourrures , 1873)
  24. /kabállus/ = 3 syllabes /ka-bál-lus/ Le /á/ est entravé par la liquide /l/ qui empêche ainsi sa dipthongaison : /kabállus/ > /ševal/. On retrouve bien en FM la même voyelle, le même son /a/.
  25. La neutralisation Dans d’autres cas, deux sons s’opposent dans un contexte, mais non pas dans un autre. Prenons les voyelles [e] et []. On trouve les deux en syllabe ouverte: /se/ ~ /s / (ses ~ sait). Par contre, en syllabe fermée, on ne trouve que []: /pR/. L’opposition /e/ ~ // existe donc en syllabe ouverte, mais elle est neutralisée en syllabe fermée.
  26. Ainsi, outre l’opposition /a/ ~ /./ qui ne se rencontre pas, toutes les voyelles orales du français général se retrouvent en français méridional au niveau phonétique, mais pas en tant que phonèmes : les voyelles mi-ouvertes /oe/ ; /./ et /./ sont respectivement des variantes combinatoires, ou allophones, des phonèmes /ø/ ; /e/ et /o/. Le locuteur de l’extrait suit strictement cette règle de position, comme par exemple dans j’ai et je fais (l.1), vrai (l.37), après (l.14), bêtise (l.15) prononcés avec un /e/ fermé, alors qu’il est ouvert dans ces mots en français normatif. Pareillement, chose et autres (l.37 et 58) sont prononcés avec un /./ ouvert et restauration (l.8), il faut, baromètre et officier (l.19) avec le /o/ fermé. L’opposition /../ ~ /oe./, qui tend à disparaître en français normatif, est systématiquement maintenue en français méridional
    http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/25/02/73/…/Coquillon.pdf
  27. Mais cela aurait été encore mieux de séparer dans un tableau comment l’évolution continue au niveau phonétique, a fini par se concrétiser (donner quelque chose de concret, ici au sens mathématique) au niveau phonologique : ancien système ////// nouveau système /ab/ /c/ [xy] >>>>>>>>>>>>>>>>[z]Mais plus loin le même auteur : “Comme nous le verrons dans la section 3.7., la distribution particulière de p et sa rareté en langue moderne35 résultent en fait de l’évolution du */p/ japonais archaïque en une fricative laryngale /h/.
  28. Les linguistes qui reconstituent les proto-langues océaniques emploient souvent, comme dans la deuxième phrase, des notations dépourvues de // ou [], et précédées d’une * pour les mots reconstitués. Ils profitent du fait que les langues modernes de cette région ayant une écriture pratiquement phonologique, l’écriture peut être vue aisément comme représentant à la fois leur réalisation et leur base phonologique. Ces auteurs nous montrent donc ce qu’il ne faut pas faire : en se lançant imprudemment dans une utilisation “qui fait bien” avec des barres obliques, l’approximation habituelle se transforme immédiatement en galimatias pseudo-scientifique ! Bien entendu, il aurait fallu employer dans cette phrase la notation phonétique. Par ailleurs, si on admettait la mise en correspondance complète (et diachronique donc) de l’ancien phonème polynésien avec le phonème moderne hawaiien, c’est évidemment le même graphème qu’il aurait fallu employer à l’intérieur des // ! Donc : PPN : /T/ [*t] >>> HAW : /T/ [k] montrant ainsi que le phone qu’on décrit comme un [k] du hawaien (moderne) est la réalisation sonore du phonème /T/ ce qui permet alors de comparer cette langue avec le proto-polynésien et les autres langues vivantes du Pacifique…
  29. Cette réconciliation ne peut être opérée que si on réalise, et qu’on souligne explicitement que la phonétique comprend en fait des parties non-linguistiques : notamment le projet de noter par les mêmes signes les sons de toutes les langues.
  30. Un corollaire naturel de cette idée de Cao est que la phonétique classique appliquée aux langues “exotiques” donne une décomposition arbitraire et non structurale de ces langues.
    http://knol.google.com/k/la-diphtongue-en-fran%C3%A7ais#
  31. Plus on comprend une langue, plus on a une vision subjective de ses phones, plus on les isole. Et moins on la comprend, moins on peut isoler quoi que ce soit. Noter objectivement les sons d’une langue est donc une tâche paradoxale et en réalité, jamais effectuée par quiconque.
    http://knol.google.com/k/la-diphtongue-en-fran%C3%A7ais#
  32. Le cas de ces allophones est le plus facile à résoudre par les phonologues mais en revanche dans les cas où une consonne ou une voyelle complexe aura été notée phonétiquement au moyen de plusieurs signes, souvent parce que des parties de ces complexes existent aussi isolément dans la même langue, la tâche du phonologue sera extrêmement dure, pouvant se transformer en une sorte de combat perdu d’avance : comme l’a montré Cao il sera obligé de faire référence à des faits pris à l’extérieur de la théorie du phonème, la commutation ne pouvant lui être en général d’aucun secours. J’ai montré toutefois que la commutation donne des indications très sûres dans le cas des diphtongues du français, indications qu’on peut compléter en utilisant un critère que j’ai défini : la recherche de paire minimale de même racine.
    http://knol.google.com/k/la-diphtongue-en-fran%C3%A7ais#
  33. sans qu’ils soient apparemment au courant, voir la définition de Wikipedia pourtant.
  34. L’entité englobant le phone et le phonème pourrait s’appeler : un signème (signem ?), un globème ? (vos suggestions les plus délirantes sont les bienvenues puisqu’elle ne serviront à rien)
  35. Il existe peu d’objets artificiels construits de cette manière. J’ai toutefois pratiqué, avant l’hégémonie de Windows, les fenêtres de Framework. Chaque fenêtre avait : un recto, dans lequel on pouvait écrire par exemple, ou mettre des (sous) fenêtres un verso, dans lequel on pouvait écrire un programme mais chaque fenêtre avait aussi une tranche, SUR LAQUELLE ON ECRIVAIT LE NOM DE L’ENSEMBLE.
  36. Le phonème est réalisé dans des sons, cela ne veut pas dire que c’est un son : sa partie sonore, le phone, existe bien dans le monde sonore, mais en tant que percept.
  37. Si on défini la lumière comme “ce qu’on voit qui éclaire”, on ne peut plus y intégrer l’infra-rouge, par exemple. Mais si on la définit d’abord comme une vibration électromagnétique, on peut ensuite parler de lumière visible (un pléonasme pourtant pour l’ignorant en sciences), d’IR et d’UV, etc.
  38. Cao flirte indéfiniment avec le vocabulaire de la perception (illusion, phénomène subjectif) sans jamais arriver à poser le phonème comme perception.
  39. D’ailleurs, c’est justement par répétition de mots qu’ils ne connaissaient pas au départ qu’ils ont appris la langue ex-nihilo
  40. Par manipulable, je n’entends pas ici les commutations et permutations auxquelles se livrent les linguistes sur des phonèmes écrits (comme l’a fait remarquer Cao…) mais bien les manipulations orales par des locuteurs “naïfs” (pas “natifs”). Le locuteur peut en fait manipuler un ensemble de traits distinctifs inférieur au phonème à condition que le résultat soit un phonème de sa langue. Une paire minimum ne peut donc pas prouver l’existence d’un phonème à elle seule. Un vrai protocole d’extraction des phonèmes dépasse cependant le cadre de cet article.
  41. Ce qui nous renseigne directement sur ce qu’il a entendu.
  42. Comme les phones sont des percepts, leur description sera entachée de subjectivité. Plus le linguiste connaîtra la langue, plus sa description sera subjective : les différences “importantes” seront exagérées tandis que les différences non-importantes seront négligées.
  43. par exemple dans une langue indo-européenne les phonèmes forment des racines dans lesquelles les consonnes sont très stables, avec des possibilités plus larges de substitution des voyelles, qui restent généralement au même “endroit”. Dans les langues sémitiques, pas si différentes si on considère uniquement cette spécialisation morphologique, les consonnes sont aussi très stables mais les voyelles ont encore bien plus de degrés de liberté : substitutions, permutations, multiplications, etc.
  44. Tout se passe comme si cette “racine” du phonème était associée à une base de donnée lexicales stipulant, par exemple, les morphèmes l’utilisant et les morphèmes ne l’utilisant pas, fondant ainsi la nature distinctive du phonème dans le lexique. Cette base de données lexicale est certes techniquement dissociable du reste du phonème mais elle est en est indissociable dans la compétence des locuteurs. Autrement dit : si un locuteur qui ne réalise pas une opposition apprend à le faire (phonétiquement) cela ne le rend pas par la même occasion compétent pour cette opposition puisqu’il n’est pas en possession de la base lexicale associée.
  45. Il est probable que le décodage des énoncés se fait de la même manière : même si tous les mots n’ont pas été compris.
  46. Kenneth Hylstenstam et Niclas Abrahamsson dans “Age de l’exposition initiale et niveau terminal chez des locuteurs quasi-natifs du suédois L2” (2008)
    http://aile.revues.org/document1154.html
  47. Patrice Maniglier, docteur et agrégé de philosophie, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm), enseigne la philosophie, et plus précisément la philosophie française du vingtième siècle, au département de Philosophie de l’Université d’Essex, au Royaume-Uni. et patati et patata, croit apparemment que Saussure était un linguiste russe (in le Nouvel Observateur, Hors-Série n° 51, « Lévi-Strauss et la Pensée Sauvage », juillet-août 2003, pp. 6-11.) : “C’est ici que les « phonologues » russes rejoignent les thèses d’un auteur alors un peu oublié, le linguiste russe Ferdinand de Saussure mort en 1913, qui affirmait précisément que « dans la langue, il n’y a que des différences » (Cours de linguistique générale, Payot, 1973, p. 166), et que « les phonèmes sont avant tout des entités oppositives, relatives, et négatives » (Ibid., p. 164).”
    http://www.ciepfc.fr/spip.php?article64
  48. Il est d’ailleurs possible que cette “définition” se trouve aussi dans l’ouvrage en question mais il est évident qu’elle ne peut nullement être considérée bien sûr comme une définition abordable, quelqu’un qui ne sait pas ce qu’est un phonème pouvant difficilement savoir ce qu’est un trait distinctif…
  49. Comme le phone

2 commentaires

Comments RSS
  1. stefjourdan

    Le signifiant lacanien
    Bonjour ,

    J’ajoute à la référence 2 l’importance de l’inversion signifié/Signifiant en psychanalyse.

    Le terme de “signifiant” a été emprunté par Lacan à la linguistique, en particulier à F. de Saussure (Cours de linguistique générale, 1915) et à R. Jakobson (Deux Aspects du langage et deux types d’aphasies et Essais de linguistique générale).

    L’algorithme saussurien va être inversé, et devenir S/s. Lacan veut mettre par là en évidence ce qu’il appelle la “suprématie du signifiant sur le signifié”. Ce nouvel algorithme ne sera, dès lors, plus celui du signe linguistique, mais il sera inversé.

    Il en résulte que, selon Jacques Lacan, c’est le signifiant qui gouverne le discours et non pas l’inverse.

    Référence : http://www.lituraterre.org/Illettrisme-Le_Signifiant_lacannien.htm
    Cordialement , L.B.

    Dernière modification 17 juin 2009
    Bonjour et merci pour le lien

    toutefois, dans cet article, je n’évoque le signe qu’anecdotiquement, pour la plupart des linguistes, le phonème n’est en fait pas un signe du tout (attention jeune homme,il ne faut pas mélanger). Je fais remarquer les tentatives de rapprochement et/ou de structuration et j’y ajoute la mienne.

    j’irai voir tout de même votre lien mais pour moi, il est certain que d’une part, la psychanalyse est extérieure à la linguistique (ce que vous ne niez pas), donc la question se pose de l’intérêt d’y transférer des concepts issus de cette science, je veux dire de la motivation de ceux qui l’ont fait.

    d’autre part, si la linguistique s’efforce, sans y arriver toujours, d’atteindre au statut de discipline scientifique, je ne crois pas que ce soit le cas de la psychanalyse, dans laquelle, pour ce que j’en sais, l’utilisation des concepts relève du beau-parler et qui semble complètement indifférente à un tel but (même si elle donne parfois le change).

    oui je sais c’est un peu sec, mais la linguistique, c’est la linguistique, point. Maintenant dans une perspective de la psychologie du langage, il est certain qu’il serait intéressant de rechercher les bases mentale du signe.

    bien à vous

    Publié par Stephane Jourdan, dernière modification 16 juin 2009 23:17
    Bonjour ,

    bien entendu ma remarque appartient à la culture générale. Je me cantonne au rapport S/s.
    Scientifique *et* psychanalyste je fais bien la différence entre l’objectif et le subjectif. Les neurosciences et la psychanalyse n’ont rien à se dire.

    Cordialement , L.B.

  2. stefjourdan

    Quel phonème?
    Peine perdue, il n’y a plus de phonème en linguistique, sauf peut-être pour parler de façon anecdotique du segment qui est sous-jacent à un graphème.

    Last edited Jan 20, 2010 11:50 AMDeleteBlock this userReport abusive commentHide report window0View/post replies (1) to this comment ▼Hide replies to this comment ▲
    Vous avez raison de poser la question je pense, mon article évoque à mots couverts le problème (que le phonème serait surtout isolable dans certaines langues mais peut-être pas dans d’autres, ou pas sous la même échelle (langues syllabiques))

    Je continuerai à développer la question, ce knol est “ouvert”

    Par contre il y a une contradiction chez vous à m’inviter (sur mon knol : diphtongue) à lire des articles surannés écrits par des chercheurs qui peinent à atteindre la notion de phonème (aucun des deux ne semble parler réellement en termes phonématiques, ils sont bloqués au niveau phonétique) et à déclarer d’autre part que le phonème est mort…une position très avant-gardiste

    De toutes façons, la linguistique est une science (enfin normalement) et s’il n’y a plus de phonème en linguistique, et bien tant mieux, mais il va falloir le montrer, et comment ? en prenant la notion et en montrant son histoire, ses différentes acceptions etc. exactement ce que j’essaie de faire, cette peine ne sera jamais perdue, même si elle ne sert qu’à avancer d’un millimètre

    Le cheminement de cet article reste donc légitime, d’autant que le phonème est toujours cité dans tous les dictionnaires, et je crois, dans tous les cours dispensés à l’université (je ne fais pas partie de ceux pour lesquels cela lui donne plus d’existence, d’être reconnu officiellement, mais je constate son emploi et je m’intéresse donc au phonème en tant que “notion couramment employée” ce qui ne préjuge pas pour moi, je le répète, de sa réalité)

    Pour en revenir à votre boutade, attention : la vraie linguistique ignore superbement l’écriture et par conséquent, les graphèmes. Pour un linguiste “parler…. [de quelque chose] qui serait sous-jacent à un graphème” n’a pas de sens. Cela serait une démarche au mieux phonétique, plutôt en fait celle des instituteurs qui ont mal digéré le cours de linguistique expéditif de leur formation initiale.

    En linguistique, on ne peut pas parler des graphèmes pour savoir à quoi il correspondent, c’est tout simplement contraire à la démarche de base, de plus, on essaie de ne jamais parler “anecdotiquement” mais scientifiquement, et ainsi la peine n’est jamais perdue…

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