La linguistique : un recoin de la science



inoui parce que tu ?!?

(je parle toujours du recoin)

Cet article explore les raisons historiques, culturelles et autres qui font que la linguistique est une des sciences les moins connues, probablement une des moins vulgarisée, et que ses définitions de base sont ignorées du public même cultivé…



Vous avez de la culture générale ? Bon d’accord ! OK ! Voyons cela :

Que connaissez vous de la linguistique ? Ahem …. ? Alors on fait moins le fier maintenant ?

Rappelez vous, au baccalauréat, vous en a-t-on parlé ? Peut-être un peu en “philosophie” ? Mais la philosophie est-elle une science ?

Sujet de baccalauréat philosophique : une non-science peut-elle évoquer avec profit un sujet scientifique ?

arbormoralis%20(2)

Arbre de la science de Raymond Lulle, (Arbor scientiae),
Lyon, [J. Pillehotte], 1515 [i.e. 1635].
Contrefaçon d’une édition de 1515, portant faussement cette dernière date.
Paris, BnF.http://classes.bnf.fr/DOSSITSM/gc185-23.htm
Ils ont pas peur du pléonasme à la BnF

Comment je suis tombé … dans la linguistique

J’ai suivi une formation assez strictement scientifique. En fait les curés chez qui j’étais, probablement les derniers en France à mettre les bons élèves en Latin-Grec avaient été obligés de trouver un compromis, car tous les collèges mettaient depuis longtemps les bons élèves en maths…
On m’avait donc mis en “C4”, C pour mathématiques (l’ancêtre de S) et 4 pour les langues mortes je suppose. J’ai abandonné le Grec, une langue très jolie (ah les beautés callipyges) mais pleines de verbes et de mots irréguliers et le latin, auxquels je ne comprenais rien, bien avant le bac C de toutes manières.

En quatrième, un de mes professeurs, M. François Chatelard,  nous montra un jour au tableau un extrait du système des consonnes en français (séries et ordres) qui me sembla LUMINEUX !

Son schéma devait ressembler à ça :

 sourdes sonores
 labiales  p  b
 dentales  t  d
 palatales  k  g

Pour moi, ce fut un événement marquant et je m’en souviens bien (y compris dans quelle salle c’était) car ce fut la première fois (et la dernière) que j’appris quelque chose d’intéressant (de VRAIMENT intéressant je veux dire) dans un cours de français ! En effet, ce que ce tableau montre, c’est que les sons de la langue ne sont pas distribués au hasard, mais constituent une structure ! Ce même prof, par ailleurs, fut tout à fait incapable de nous faire remarquer des correspondances simples entre le grec et le latin, or les correspondances sont la base de toute la linguistique scientifique (elles doivent être recoupées, analysées, mais il faut d’abord les remarquer). Or le grec et le latin présentent un schéma clair de correspondance [h] (noté par un esprit rude dans le texte grec et par un h dans la transcription latine des mots savants du français) du grec contre [s] du latin :

hélio-/sol

halin/sal

hyper/super

hémo-/sang

 

A la suite de mon baccalauréat, j’obtins un diplôme d’ingénieur et un DEA de biologie sans entendre parler de linguistique naturellement. Les sciences auxquelles je me suis toujours intéressé sont les maths, la physique, la cosmologie, la physique du vol, l’évolution biologique, etc.

Quel fut donc l’erreur de parcours qui m’amena dans le secteur ? Une série de curiosités successives :

En 1987, je fis un premier voyage dans le Pacifique, ce fut pour moi l’occasion de me poser certaines questions à propos de la toponymie polynésienne. Un tremplin idéal pour se poser des questions linguistiques (j’ai l’intention d’écrire un jour un article là-dessus) :

De la toponymie, je sautai à l’évolution des langues polynésiennes, puis au fur et à mesure que je m’instruisais dans cette matière, se posèrent pour moi de plus en plus de questions théoriques, qui m’ont amenés aujourd’hui à rédiger les articles d’une petite collection de knols linguistiques.

Un premier grand obstacle, l’organisation des cursus universitaires

Je viens de raconter comment je n’avais pas rencontré la linguistique au cours de mes études, si l’on excepte la parenthèse d’un seul cours de français. Il y a à cela une raison simple : il n’y a aucun enseignement prévu de la linguistique dans le cursus général et encore moins pour les scientifiques. Les cursus linguistiques sont proposés exclusivement aux élèves ayant passé des bacs de littérature ou de langues.

Par exemple, dans le résumé d’un ouvrage de 2005 (déjà réédité deux fois) intitulé “Introduction à la linguistique contemporaine” (par Antoine Auchlin & Jacques Moeschler), on lit : “La linguistique est la discipline qui a eu le plus d’influence sur le développement des sciences humaines au 20e siècle, bien que son importance ait diminué au cours de ces dernières décennies, de par l’émergence de paradigmes scientifiques nouveaux (sciences cognitives, neurosciences) et de par l’abandon progressif de la coupure entre sciences de la nature et sciences humaines.
mais plus loin  “Cette introduction est destinée aux étudiants de linguistique des 1er et 2e cycles de Lettres et sciences humaines, aux élèves des classes préparatoires aux Grandes Écoles littéraires, ainsi qu’à tous ceux qui sont concernés par l’analyse du langage (en philosophie, études littéraires, psychologie, sciences cognitives…) [1] . Dans la première phrase, on a déjà l’impression que les auteurs déplorent la baisse d’influence de la linguistique avec l’ouverture (selon eux) des disciplines, mais dans la deuxième, on est confirmé dans l’idée que cette ouverture, si tant est qu’elle s’est produite, n’est pas de leur faute… (leur livre est clairement destiné aux esprits littéraires, point) et dès le début, si on relit, l’influence de la linguistique, ils ne s’en préoccupaient que sur “le développement des sciences humaines”.

Plusieurs effets pervers de cette situation sont prévisibles :

  1. Un grand nombre d’esprits scientifiques ne rencontrent jamais la linguistique, ce qui est peut-être dommage. La linguistique se veut une science, et le fait est qu’elle comprend des concepts assez abstraits, voire abscons. Mais voilà, c’est une science “humaine” alors pas question d’en parler aux matheux…
  2. Un grand nombre d’étudiants ayant abandonné de bonne heure les études scientifiques se retrouvent , notamment s’ils abordent des études de langues, en train de suivre des cours de linguistique ce qui dans certains cas leur laisse un souvenir cuisant, un peu comme s’ils étaient obligés de refaire des maths !
  3. Le voisinage exclusif d’autres “sciences humaines” comme la sociologie, la psychologie (à laquelle s’accroche la psychanalyse), l’ethnologie, la philosophie, peut amollir les limites de la linguistique : des chercheurs dans ces différentes sciences sont souvent tentés de lui emprunter ses concepts, ce qu’ils ne feraient pas de concepts physiques ou mathématiques, ou plus difficilement…
  4. Les étudiants voire les chercheurs qui travaillent en linguistique, contrairement à ceux qui travaillent dans les champs scientifiques habitués à la fréquentation des autres disciplines s’accoutument à vivre dans leur tour d’ivoire, détachés des préoccupations scientifiques environnantes. Autrement dit, est-ce que les chercheurs en linguistique font des problèmes de maths, de temps en temps ou lisent des revues scientifiques générales ? [2] Réciproquement, les chercheurs en sciences dures font rarement une incursion dans le champ linguistique [3]
  5. Un système universitaire qui produit déjà très peu de linguistes, ne peut pas non plus produire des profs qui ont des bases linguistiques, d’où un cercle vicieux.

Un deuxième obstacle : l’orientation des études générales

L’enseignement  est classiquement axé sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, puis de la grammaire, enfin de la philologie, qu’on appelle plus simplement “les belles lettres” ou le plus souvent “la littérature” (Remarquons que ces deux expression viennent de la “lettre” écrite, du graphème, l’écriture étant considérée comme la base de la civilisation).

Bien que chaque élève, étudiant ou professeur puisse rester conscient, dans certains accès de lucidité, qu’il a parlé bien avant de lire, l’ensemble de notre enseignement forme un socle anti-linguistique basé sur l’idée que la langue va des lettres vers les sons, c’est à dire que les règles de la prononciation peuvent être décrites en partant de leur notation, qu’il existe une “langue écrite” (sic) .

Ce socle éducatif rend extrêmement difficile pour la personne, même “cultivée”, qui veut un jour acquérir les rudiments de la linguistique, une science dont l’objet est exclusivement la langue parlée, comme l’exprime sans détour Martinet : “Le linguiste fait donc par principe abstraction des faits de graphie” (Eléments p. 8).

L’obstacle éducatif est rendu encore plus difficile à franchir par l’existence d’une discipline partiellement autonome au sein de la linguistique: la phonétique. En effet des notions de phonétique sont souvent saupoudrées à tous les niveaux de l’éducation, notamment en langues étrangères. Ce vernis phonétique se révèle habituellement un obstacle sérieux lorsqu’il s’agit de comprendre les concepts de la phonologie.

De fait, la phonétique mène son étudiant dans au moins deux directions qui l’handicaperont pour aborder la vraie linguistique :
– une habituation à l’emploi du concept de phonème alors même que la phonétique devrait se limiter à manipuler sa partie non-linguistique, le phone.
– le projet de noter par l’Alphabet Phonétique International les sons de toutes les langues, projet antithétique avec l’utilisation en phonologie d’un code phonologique propre et intérieur à chaque langue.
Au moment où j’écris ces ligne (début 2010) c’est l’ensemble du Wictionnaire, de Wikipedia qui donnent de façon erronée la prononciation des mots en notation phonologique (au lieu de la notation phonétique) et ce malgré quelques îlots de notation correcte, comme ce signe pour “ébauche” :
45px-phonetik.svg
Voici par exemple comment est donnée la prononciation dans le Wictionnaire, c’est le petit cartouche qui est fautif, il contient des notations phonologiques au lieu de phonétiques :
chien
(apparemment il ne savent pas reconnaître un chien d’une chienne ?)
Ce n’est pas vraiment étonnant d’ailleurs puisque un certain nombre d’ouvrages “de référence” étaient déjà dans la même erreur, comme par exemple : Introduction a la phonétique comparée par Luc Ostiguy, Robert Sarrasin,Glenwood, Henry Irons (1996, réédité et revu en 2002) dans lequel on peut lire l’énormité suivante (chap. 2.2 Les phonèmes du francais et de I’anglais nord-américains) :
Le principe de I’A.P.I. est de faire correspondre à un son du langage un symbole unique, quelle que soit la langue à laquelle ce son appartient. Par exemple, les mots homophones «eau », « haut » et « au » et la voyelle « o » elle-même se transcrivent tous en A.P.I. par le symbole /o/ ” [4]
Il n’est donc pas surprenant de s’apercevoir que de nombreuses personnes parviennent à des hauts niveaux universitaires sans la moindre notion de linguistique, ou des notions fausses. Martinet, toujours lui, s’en émeut : “Aujourd’hui encore, le public français, même cultivé, ignore à peu près l’existence d’une science du langage distincte de la grammaire scolaire et de l’activité normative des chroniqueurs mondains […] Tout concourt, en fait, à identifier, dans l’esprit des gens instruits, le signe vocal et son équivalent graphique et à imposer ce dernier comme le seul représentant valable du complexe” (ouvrage cité, p. 7-8).
Le tant célébré Claude Lévi-Strauss, qui ne cache pas son ambition de mettre l’ethnologie sur un pied d’égalité avec la linguistique (notamment en faisant sans cesse appel à l’opposition para/syntagmatique) ne semble pas très éloigné de cette confusion quand il écrit : “ De même, c’est en raison du rôle paradigmatique tenu par les noms propres dans un système de signes extérieur au système de la langue que leur insertion dans la chaine syntagmatique brise perceptiblement la continuité de celle-ci : en français, par l’absence d’article qui les précède, et par l’emploi d’une majuscule pour les transcrire“. (La pensée sauvage, p. 244 dans l’édition Agora)

Certes, mais … l’absence d’article (voire : “le gros Pierre, la Marie…”) est un fait linguistique, par contre l’emploi d’une majuscule n’en est pas un ! Il est vrai que L-S emploie bien le terme “transcrire”, qui montre une certaine distance, mais l’association des deux exemples reste tendancieuse. Ce porte-à-faux est à son comble si un enseignement linguistique met la langue écrite sur le même pied que la langue parlée, comme dans l’extrait de cours suivant, emprunté à : http://paulisambert.free.fr/notes/seance1.html

SÉANCE 1 : QU’EST-CE QUE LA LINGUISTIQUE ?


  • Selon Antoine CULIOLI , c’est “l’étude du langage appréhendé à travers la diversité des langues et des textes”.

 > Texte: production verbale de tout type : littérature, conversation, etc.
La linguistique ne connaît pas de limites: tout ce qui est parlé est son objet, même les formes dites “incorrectes”.

> Langue: un système particulier, utilisant le son et parfois l’écrit, pour communiquer. (On compte environ 7000 langues dans le monde, dont environ 500 avec moins de 50 locuteurs. )
Une langue doit être apprise pour être maîtrisée; c’est un objet qui évolue dans le temps et dans l’espace, et qui en fait appartient à une culture, une société.

>Langage: c’est une faculté, commune à la totalité de l’humanité, n’appartenant qu’à l’humanité. C’est la capacité à employer un système symbolique pour s’exprimer.
La faculté de langage n’a pas à être apprise, elle est innée : tous les enfants se mettent à parler. On peut dire que cette faculté est génétiquement déterminée. A l’inverse, personne n’est destiné à parler telle ou telle langue : cela dépend de la situation où l’on se trouve.
La faculté de langage, par ailleurs, ne varie pas, ou alors ce serait l’espèce humaine qui varierait. Tous les hommes partagent la même capacité linguistique.

L’objet de la linguistique, c’est donc cette capacité de l’esprit humain; c’est en cela que la linguistique est une branche de la psychologie (bien que l’on ne puisse pas l’y réduire). Cependant, nous n’avons pas directement accès à l’esprit humain: nous n’avons accès qu’à la langue, qui elle-même ne se révèle qu’à travers les textes (et c’est là la raison pour laquelle la linguistique ne se réduit pas à la psychologie).

(trois passages soulignés par moi)

Même s’il démontre plus loin dans son cours que “L’écrit est donc un code second.” ce monsieur n’en a pas moins commencé son cours en martelant l’idée que les écrits étaient bien du domaine de la linguistique, ce qui est fâcheux pour le moins.

D’autres “linguistes” ne sont pas non plus au courant du principe de base de cette discipline :

A. Séré de Olmos : A partir de quelles langues travaillez-vous ?

F. Rastier : J’ai essentiellement travaillé sur des textes français, mais aussi d’autres langues, surtout des langues romanes. Quand je travaille sur des textes étrangers, ce sont toujours des textes littéraires.

A. Séré de Olmos : Travaillez-vous sur l’oral ou sur l’écrit ?

F. Rastier : Essentiellement sur l’écrit, qu’il s’agisse de textes littéraires, scientifiques ou techniques. J’ai cependant analysé des textes oraux transcrits, des interviews d’experts. (Où en est la linguistique : http://www.revue-texto.net/Dialogues/Rastier_deOlmos.html)

Des chercheurs qui écrivent des articles de haut niveau dans des revues spécialisées continuent apparemment visualiser un “continuum” qui va des éléments de la langue parlée au texte écrit, comme le montre ce titre : “La linéarité dans la langue – du phonème au texte” [5] dans lequel on lit cette étonnante révélation : “Cette interdépendance des niveaux est peut-être encore plus claire dans la langue parlée“.

A tord et à travers

On peut ajouter que cette orientation de l’enseignement vers l’étude de l’écrit tend à détourner activement l’esprit d’observation des faits réels de la langue.

En effet, l’orthographe nous masque la ressemblance entre coquelicot et cocorico, par exemple. De même tous les efforts que l’on emploiera à savoir quand il faut écrire “tort” et quand il faut écrire “tord” seront de l’énergie perdue pour la prise de conscience qu’il s’agit en fait du même morphème (comme on peut s’en convaincre en se remémorant l’expression : “à tort ou à droit”, souvent remplacée par sa version modernisée : “à tort ou à raison” qui masque l’opposition originelle entre “droit” et “tordu” [6] et aussi devenue subliminale dans les mots polysémiques “droite” et “gauche”).Voir notre article sur les ressemblances entre le français et l’anglais, en approche linguistique, c’est à dire sans se focaliser sur l’orthographe.

Un troisième obstacle : la nature hyper-abstraite (parce qu’autoréférentielle) de toute la linguistique

Le plus grand obstacle à la vulgarisation de la linguistique est finalement le caractère hyper-abstrait de cette discipline.

Par définition, toute la linguistique est “métalinguistique” : on se sert de la langue elle-même pour décrire les phénomènes de la langue ! Imaginez seulement qu’on ne puisse expliquer les maths qu’avec des maths, aucun mot !

Même un scientifique habitué aux concepts abstraits comme ceux des mathématiques est impressionné par la caractère extraordinairement abstrait et complexe des concepts linguistiques. J’ai écrit (je continue à écrire) un Knol sur le phonème qui montre la difficulté de le définir et …le nombre d’auteurs qui se sont embourbés dans cette tentative (libre à vous de démontrer que c’est aussi mon cas), sans parler des encyclopédistes et autres pondeurs de dictionnaires… j’espère seulement avoir fait progresser le schmillblick sur la question !

References

  1. Il s’agit probablement du dos de couverture de la première édition.
  2. Dans “Des steppes aux océans” Martinet rappelle que nombre de linguistes sont, au fond, d’anciens philologues et les limitations mentales qui les touchent (!) : “Les philologues, que sont fréquemment, au départ, les comparatistes, sont tentés, lorsqu’ils cherchent à interpréter les faits linguistiques, de partir de ce qu’ils connaissent de la culture des civilisations classiques, plutôt que d’utiliser les données de l’anthropologie et de l’archéologie moderne” p.16
  3. Cet isolement est peut-être à la source d’une certaine propension chez les linguistes à utiliser des concepts dont on ne donne pas soi-même de définition ni pour lesquels on renvoie vers une définition d’autrui… Voir mes knols sur le phonème, sur la diphtongue, sur le français standard.
  4. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1996_num_111_1_5348
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1996_num_111_1_5348
  5. On a aussi : “bois tortu fait feu droit”…
  6. Ce n’est pas une erreur d’inattention, tout le reste de l’ouvrage continue consciencieusement à utiliser la notation phonologique à la place de la notation phonétique !

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