André Martinet, les “Parisiens” et les provinciaux (sans majuscule), quelques curiosités dans la méthodologie du grand maître


Qu’est-ce qu’un parisien ? Qu’est-ce que le français de Paris ?


Dans son ouvrage pédagogique “Eléments de linguistique générale” [1], André Martinet entame son exposé en fixant comment, selon lui, certaines contraintes de la recherche scientifique s’appliquent à la linguistique :

1-1 La linguistique, discipline non-prescriptive

La linguistique est l’étude scientifique du langage humain. Une étude est dite scientifique lorsqu’elle se fonde sur l’observation des faits et s’abstient de proposer un choix parmi ces faits au nom de certains principes esthétiques et moraux. Scientifique s’oppose donc à prescriptif. Dans le cas de la linguistique, il est particulièrement important d’insister sur le caractère scientifique et non prescriptif.

Cette définition de la méthode scientifique est rédigée de façon un peu simpliste (si les principes esthétiques et moraux sont exclus en effet, la phrase ne dit pas si d’autres principes peuvent toujours être appliqués ?) et désordonnée (en effet si scientifique s’oppose à prescriptif, la dernière phrase est un pléonasme). Plus loin dans le même ouvrage, Martinet revient toutefois sur les fondements de la linguistique, comme au chapitre “2-3 Variété des usages” dans lequel il aborde finalement la question cruciale de la délimitation de l’étude linguistique. Un aspect de la méthodologie dans cette science est toutefois complètement laissé de côté, selon moi : c’est l’exigence d’authenticité !

Cet aspect est lié à la question de la délimitation : au moment où le linguiste délimite son sujet d’étude, la langue d’une population générale, représentée par un échantillon, il y a toujours une recherche (plus ou moins explicite) d’authenticité…

Supposons que le linguiste veuille étudier le créole réunionais, il va alors commencer son travail par localiser les personnes susceptibles de lui fournir un matériel de première main. Autrement dit il ne s’intéressera pas au créole tel qu’il est rapporté par ceux qui le parlent mal ou très mal, mais bien par ceux qui sont nés et ont été élevés dans cette langue. Son enquête linguistique débutera donc par une enquête socio-linguistique dont le but sera de déterminer l’extraction socio-culturelle des futurs informateurs. Bien que la linguistique s’intéressât donc aux diverses situations d’évolution rapide, comme dans la créolisation, dans cette situation comme dans toutes les autres, la démarche sera fondée sur une recherche d’authenticité, je crois que Martinet aurait dû le souligner.

Dans cet article, nous aurons l’occasion d’étudier ce qu’il en est de la pratique de Martinet, quant au respect des principes qu’il pose dans ces deux paragraphes notamment.

Martinet et son dada : les “Parisiens”

Dessin de Daumier


Dans l’ouvrage étudié, une première référence appuyée aux “Parisiens” (et aux Parisiennes…) se produit à la page 29 [2] où on lit:

“66 Parisiens nés avant 1920, réunis par le hasard, ont tous deux voyelles distinctes dans patte et pâte; parmi quelques centaines de jeunes parisiennes nées après 1940, plus de 60 % ont, dans ces deux mots, une même voyelle /a/.”

(Martinet veut illustrer l’évolution incessante du langage : 2-2 Synchronie et diachronie)

Le lecteur qui s’attend à un minimum de rigueur pourrait dès lors se demander ce que Martinet entend exactement par “Parisien” ou “Parisienne” ? Des habitants de Paris ? Des personnes qui ont TOUJOURS vécu à Paris ? Des personnes dont les ancêtres sur un certain nombre de générations étaient implantés en région parisienne ?

Des allusions aux “Parisiens” reviennent aux pages 76 et 79 :

De même le Parisien moyen ne penserait pas à relever une différence entre le /ò/ de joli et celui de cor.

[…] à la finale du mot, on distingue en français de Paris quatre degrés d’ouverture pour les voyelles d’avant, comme le montrent les mots riz, ré, raie, rat. Dans la position dite couverte, c’est à dire lorsqu’une consonne au moins y suit la voyelle, on ne distingue plus que trois degrés, ceux de bile, belle, bal. Un mot commençant par /b/ et se terminant par /l/, avec, entre ces consonnes, le timbre du é de ré, non seulement n’existe pas, mais est imprononçable pour le Parisien moyen.

Remarquons dans ces deux citations une utilisation approximative des notations linguistiques, à commencer par des mots non notés phonétiquement, suivis de notations phonologiques là où on attendrait des notations phonétiques ???

Le lecteur, qui n’a pas progressé entre temps sur la question de la nature exacte des “Parisiens”, se retrouve alors avec un nouveau problème, celui de l’existence du “français de Paris” et celle du “Parisien moyen”. Dans le groupe des “Parisiens” il y aurait des “Parisiens moyen” et des “Parisiens” non-moyen, anormaux, exceptionnels ? On ne peut que se perdre en conjectures à ce sujet.

Est-ce faire un mauvais procès à Martinet que de le critiquer sur ce petit détail, une tournure qui lui a probablement échappée ? Non, car on se demande vraiment pourquoi il invente un pareil cobaye (par imagination, car il n’a certainement pas fait le test réel) car le mot en question serait difficilement prononçable, à froid, pour tout francophone probablement, mais est aisément prononçable par le linguiste, fut-il parisien.

Mais Martinet y tient et le “Parisien moyen” revient dès le paragraphe suivant (3-20 ) dans lequel, le pauvre, il est à nouveau “en peine de prononcer le é de ré dans il repère...”

Une nouvelle idée surgit alors : le “Parisien moyen”, c’est peut-être celui qui n’est pas linguiste, tandis que Martinet lui, serait un “Parisien” mais linguiste, soit un “super-parisien”, capable de prononcer des choses hors d’atteinte du commun des mortels ?

Ce n’est pas tout, comme les 40 voleurs d’Ali Baba, les 66 “Parisiens” de Martinet refont surface à la page 149 :

[…] En réalité dans les rapports entre personnes d’une même communauté, l’absolue identité des systèmes semble être l’exception plutôt que la règle : sur 66 Parisiens de 20 à 60 ans appartenant dans l’ensemble à la bourgeoisie et réunis par le hasard en 1941, il ne s’en est pas trouvé deux pour répondre de façon absolument identique à une cinquantaine de questions visant à dégager le système vocalique de chaque informateur.”

Au détour de ce paragraphe, on en apprend davantage sur les 66 “Parisiens” déjà rencontrés plus tôt :

Ils ne sont ni très jeunes ni très vieux mais surtout, ce sont “dans l’ensemble” des bourgeois, et la notion de hasard qui a soi-disant présidé à leur rassemblement (dans la première allusion) commence notablement à s’effriter…

Plus haut, ils avaient tous en commun d’opposer patte et pâte, et brusquement ils sont cités comme le parfait exemple d’une totale hétérogénéité (???).

Finalement, la dernière allusion de Martinet à Paris et aux “Parisiens” intervient à la page 202 (6-27 Confusion phonologique et économie) :

[…] d’autres provinciaux, ont, en accord avec les habitudes locales, fait un sort à la distinction de longueur qui a longtemps été le trait le plus saillant de l’opposition tache – tâche. Les Parisiens, au contraire, avaient, ici comme pour les autres types vocaliques, tendu à éliminer la différence de longueur au profit de celle de timbre. Comme Paris, où s’élabore la langue, compte dans sa population plus de provinciaux que de parisiens, un modus vivendi a dû nécessairement s’établir […]”

Alors qu’on semble ici arriver au point culminant de la démonstration de Martinet sur l’évolution phonologique du français à Paris (Martinet est toujours bloqué sur la réduction phonétique des /a/), il détruit lui-même le concept qu’il a créé, celui de “Parisien” : les habitants de Paris seraient en fait majoritairement des “provinciaux” ! Mais alors, les “Parisiens”‘ dont il nous parle depuis le début de son livre, les 66 bourgeois, était-ce des “vrais” Parisiens ou bien des provinciaux cryptiques ? Et le “Parisien moyen”, est-ce un parisien non-provincial ou bien si ? Enfin je ne peux retenir plus longtemps une question horrible qui me démange : certains de ces provinciaux peuvent-ils être des méridionaux, au français non-acceptable (je veux dire, n’y a-t-il donc personne, à l’entrée sud de Paris, pour demander patte blanche, attention pas pâte blanche) ?

Martinet et le “beau parler”

Dans son introduction, Martinet a exclu les “principes esthétiques et moraux” de la méthode scientifique appropriée à la bonne linguistique.
On ne voit pas alors bien pourquoi il écrit p. 79, à la suite de sa première invocation du “Parisien moyen” :
[…] Ce qui permet de dire que c’est l’opposition ré – raie qui est ici neutralisée, et non l’oppostion riz – ré, est le fait que les timbres de et de raie sont partiellement complémentaires, le timbre de raie seul normal en syllabe couverte, celui de tendant à être seul normal dans les syllabes non couvertes ailleurs qu’à la finale, dans maison, pêcheur, descendre par exemple, en dépit des des traditions de beau parler et des indications que semblerait donner la graphie.”
Il me semble que toutes les langues ont un “beau parler”. Exclure ce beau parler du matériel utilisable par la linguistique ne procède-t-il pas d’un principe esthétique, ou plutôt anti-esthétique ?

Paris et la province

p. 155 on tombe sur une phrase surprenante : “[…] Tout américain parle un dialecte, celui de Boston, celui de New-York, celui de Chicago, ou, s’il a beaucoup voyagé, quelque dialecte hybride,sans avoir le sentiment qu’il parle jamais autre chose que l’anglais d’Amérique sous une forme parfaitement acceptable dans toutes les circonstances de la vie. Cette situation rappelle celle qui se passe à Paris et dans les centres urbains de la France non-méridionale où existent de multiples variétés du français qui, dans la bouche des gens cultivés, paraissent si acceptables que ce qui les distingue passe en général inaperçu.”

Martinet pose là que le français du Nord de la France est en général “acceptable” mais que ce n’est donc pas le cas dans la France méridionale. Sans avoir posé la délimitation linguistique comme un pré-requis méthodologique, à ce stade de l’ouvrage on s’aperçoit qu’il la met effectivement en pratique, après l’avoir cependant esquissée p. 30 (2-3 Variété des usages) quand il constate que les locuteurs méridionaux ne distinguent pas piquait et piqué. : “[…]Ici encore le linguiste qui décrit le français contemporain aura un choix : il pourra soit exclure les usages méridionaux de sa description, soit constater que la distinction entre /-é/ et /-è/ n’est pas générale.” (noter l’emploi de barres obliques pour noter des phones ?).

Remarquons en passant que Martinet ne semble pas imaginer que le linguiste lui-même pourrait un jour être “méridional”, et ne pas s’apercevoir alors que la distinction existe, un peu comme on n’imaginait probablement pas que l’ethnologue puisse un jour être noir…

Mais surtout, cette distinction entre la France du nord et celle du sud vient en complète contradiction de ce qui est posé quelques pages plus haut (p. 152) au chapitre “5-9 Les patois” :

Dans une grande partie de la campagne française [3] au XIXème siècle, dans maintes communautés rurales encore aujourd’hui, l’enfant est exposé avant dix ans à des formes linguistiques assez divergentes dans leur phonologie, leur grammaire et leur lexique pour suggérer à l’observateur linguiste l’existence de deux idiomes concurrents, plutôt que celle de deux variétés d’une même langue. Dans ce cas, la forme linguistique apprise la première et normalement employée au sein de la famille est appelée patois; concurremment avec le patois, l’enfant identifie et souvent pratique une forme linguistique où l’on n’hésitera guère à reconnaître du français, bien qu’elle diffère sur bien des points des diverses formes pratiquées à Paris ou dans les villes de province; dès qu’il ira à l’école, il se familiarisera, en outre, tout comme le petit Parisien, avec la forme littéraire et la forme poétique. Il importe relativement peu que le patois soit roman, c’est à dire dérivé du latin comme le français et, par conséquent, assez proche de lui, ou beaucoup plus lointainement apparenté, comme c’est la cas dans un village de Flandre ou de Basse-Bretagne ou, encore, comme au Pays Basque, qu’il soit un parler dont les rapports génétiques avec d’autres familles de langues restent hypothétiques“.

Bien entendu cette dernière analyse (“il importe peu…”) est fausse et archi-fausse. Tout linguiste apprend au cours de ses études, ou découvre rapidement sur le tas, qu’un des effets les plus frappants que toute langue manifeste localement est celui de l’effet à long terme du substrat. Non seulement toute génération bilingue, même “de naissance”, va subir les interférences entre les différentes langues qu’elle pratique, mais dans les nombreux cas d’abandon de la langue ancestrale d’un lieu, remplacée par une langue plus puissante, on continue à constater après plusieurs générations la rémanence de ces effets [4]. Martinet aborde d’ailleurs assez brièvement l’aspect (qu’il qualifie de “phonique” ???) phonologique de ces interférences à la p. 170.

En ce qui concerne le français, il est clair que la répartition des formes sous lesquelles il est parlé en Europe, ou même dans le monde, ne peut être comprise que par référence au substrat local [5] et notamment aux conditions  de son extension au dépend de ce dernier, qui peut être récente [6].

La constatation de ces contradictions flagrantes dans l’ouvrage le plus pédagogique de Martinet sont la partie émergée d’une grande contradiction, voire d’une schizophrénie scientifique, qui ressort aussi en réalité dans de nombreuses autres pages du même ouvrage et qu’on pourrait synthétiser en opposant le Martinet chauvin et le martinet universaliste.

Martinet le chatouilleux de la prononciation ?

Martinet pose à la page 20 que le français qu’il va noter, celui “qui n’est pas rare à Paris“, comprend 31 phonèmes. Ce serait très bon de partir sur de telles bases, dire ce qu’on va noter, mais Martinet oublie de nous fournir la liste de ces 31 phonèmes du “français qui n’est pas rare à Paris” [7], ni l’inventeur de ce système, pour lequel il est difficile de retrouver une quelconque référence [8]. Par ailleurs, il ne peut s’empêcher de poser d’emblée que le sien, de français, en comporte 34 [9] ( Cela ne nous intéresse pas en fait, le linguiste est censé rester en dehors de son étude !)

Parmi ces phonèmes “supplémentaires” de Martinet, je me demande s’il n’y a pas le a de l’arrière, celui qui distingue pâte de patte ? (c’est du second degré); Je crois que si on peut trouver une vidéo de Martinet quelque part, cette vidéo le montrera en train de nous expliquer qu’il distingue patte de pâte ! Dans l’ouvrage étudié, il en parle aux pages : 29, 42, 150, 202 et 203 (dans cette dernière page, avec l’exemple légèrement différent de lace et lasse…).

Comme si ça ne suffisait pas, Martinet nous explique, à la page 173, qu’il comprend très bien son interlocuteur qui prononce “age” là où lui prononce “âge” avec son a de l’arrière (en fait il l’a déjà expliqué aussi à la page 150)… “je comprendrai immédiatement le sens de sa question, et je n’aurai jamais le temps de remarquer qu’il prononce âge autrement que moi“. On peut rester sceptique quant à cette dernière affirmation. Je serai même prêt à parier que Martinet avait l’habitude, dans un cas pareil, de reprendre son interlocuteur…: “votre age ? vous voulez dire votre ââge ?”

Dans “Des steppes aux océans” (1er cas spécial des conventions graphiques, p. 261) Martinet revient aussi sur cette différence qui lui est chère avec cette définition désabusée : “si l’on doit distinguer entre les voyelles de patte et de pâte, [a] désigne la première et [ɑ] la seconde”… 

Mais Martinet emploie-t-il quand même d’autres exemples d’oppositions menacées, fut-ce brièvement ?

p. 33, il note “un” dans “un cahier vert” différemment de “in”.

p. 44, il oppose mettre et maître (dont la voyelle serait plus longue “chez beaucoup de français” [10])

p.80 il note un son [ɛ] dans repère, comme dans grès…

p. 85 il oppose pré et prêt, et p. 194 un rouet est noté /ruè/

p.106 il note un son è dans “tu es”,”il est”, “j’vais”

p. 205, il signale que celle entre faite et fête (c’est la même que la précédente !) est “en voie d’élimination” à Paris.

Enfin (p. 201) il souligne que l’opposition entre “on” et “an”, assez coûteuse, se maintient en raison du grand nombre de distinctions qu’elle réalise [11].

Ou Martinet la sourde oreille ?

Alors pourquoi Martinet note-t-il [12]:

p. 24 et 26 “c‘est une bonne bière ” avec deux é fermés ? inattention (?) qu’on lui pardonnerait  si

p.80 “abbaye” n’était notée /abei/ et “abeille” /abej/

p. 105 “les animaux paissent” n’étaient également notés avec deux é fermés ???

Remarquons que Martinet note “j’ai” comme /jé/ pp. 15, 19 et 64 et “les” comme /lé/ pp. 33, 105, 161

Etant donné que “lait” est bien noté /lè/ p. 34, doit-on en déduire qu’en “français de Paris” à 31 phonèmes, il y a une opposition entre les et lait ? A moins que ce soit dans son français à 38 phonèmes ?

On rencontre aussi “mauvaise”  noté /movez/, soit avec un é fermé  p. 27 et 26; de même “a l’air” noté /aler/ p. 194 ???

Ces notations étranges qui emplissent le bouquin diminuent pour moi la probabilité d’erreurs d’inattentions. On finit plutôt par avoir l’impression que cette édition “remaniée et mise à jour en 1980” a reçu l’imprimatur sans vraie relecture, à moins d’imaginer que Martinet était complètement sourd phonétiquement ?

References

  1. Ce manuel aurait été traduit en 17 langues.
  2. Si l’on excepte la page 20, discutée plus tard
  3. On ne saura rien des campagnes belge, canadienne ou suisse, bien entendu.
  4. La citation contient une autre information implicite qui est fausse : celle qu’il n’existe qu’une seule sorte de ville “de province”.
  5. En se souvenant que les raisonnements “géographiques” n’ont de valeur que pour les éléments sédentaires de la population et n’ont aucun sens pour l’analyse du parler des migrants, de fait la majorité de la population de nombreuses grandes villes, à commencer par Paris. On ne peut pas étudier le français de Paris chez les gens dont les parents sont nés à Marseille !
  6. Toute étude sur le français in situ devrait donc bien sûr exprimer de façon explicite si on se trouve dans un contexte de langue d’oïl (donc zone où le français est la langue sui generis), de langue francoprovencale, de langue d’oc, de catalan ou de corse, voire créole, ou encore dans les cas très diversifiés d’un substrat non roman (soit celtique, germanique, basque, polynésien, arabe, berbère, etc.)
  7. Il ne peut quand même pas compter les semi-consonnes, pour descendre à un nombre si-bas (et p. 107 et 117 il note effectivement [ua] et [ui] ce qu’on note habitutellement [wa] et [wi]) mais que reste-t-il alors comme voyelles dans son système “restreint” ?
  8. Il est très difficile en réalité de trouver une référence pour ce système simplifié à 31 phonèmes ? En lien un texte qui en fait mention sans donner son origine, et également ici : http://www.crdp-reims.fr/cddp52/gran_doss/dossiers/G_dossier/ASH_dyslexie_troubles_du_langage/fichiers_annexes/doc_ortho_inventee_version_du_15_octobre-2.doc il est mentionné comme “système phonologique restreint de référence”. Il y a mieux comme “référence”…
    http://www.reunion.iufm.fr/TICE/houpert/Savoirs/langue/syst-ecriture/comp1.htm
  9. Sans préciser pourquoi, mais on pense à l’origine arpitane (francoprovencale) de sa famille. Reste à prouver que l’arpitan, en tant que substrat du français, pourrait y produire ce genre de phonologie.
  10. c’est très intéressant, mais on aimerait savoir ce qu’il en est chez les Belges, les Suisses, les canadiens ( et les Monac…, enfin les habitants de Monaco)
  11. Martinet ne connait visiblement pas les français parlés dans le Pacifique, dans lesquels cette opposition a parfaitement disparu.
  12. En notation phonologique, à chaque fois, alors que bien sûr, il faudrait noter entre crochets
  13. C’est du deuxième degré
  14. Je n’ai pas ratissé tout l’ouvrage mais il est probable qu’outre la “table des conventions graphiques”, il en reparle aussi dans le texte.
  15. mais là pas de référence aux Parisiens… chez qui cette opposition a disparu depuis longtemps (Martinet aurait mieux fait d’écrire “chez beaucoup de francophones” car cette opposition est bien vivante, mais plutôt dans les marges de la francophonie : Belgique, Canada, Suisse)

Un commentaire

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  1. stefjourdan

    Sébastien BURNEAU
    Invite as authorSuper
    Encore un excellent knol…
    Beau travail, bonne idée, j’adore, j’apprendsbeaucoup à vous lire.

    Voici un lien vers un site traitant du parler poitevin considéré à tort comme un patois.
    http://pivetea.free.fr/langue_poitevine.htm

    Sébastien

    Last edited Apr 25, 2011 11:51 PMDeleteBlock this userReport abusive commentHide report window0View/post replies (1) to this comment ▼Hide replies to this comment ▲
    Oui, merci de votre appréciation. Ce bouquin est considéré comme la bible pour les débutants en linguistique, écrit en réalité dans un langage assez hermétique, malgré le dos de couverture qui le qualifie de “sans formalisme ni a priori théorique abusifs”, hum, il m’a fallu des années pour le maîtriser, j’en suis maintenant à ma n-ième lecture et c’est pour ça que je commence à voir la trame du tissu…

    Je suis conscient d’être assez méchant envers Martinet, mais qui aime bien châtie bien. C’est étonnant de voir qu’un manuel aussi répandu contient autant d’approximations qui n’ont jamais été relevées (?), encore moins corrigées. Mon knol remédie donc à cette dernière lacune, j’espère. Il faut à tout moment rester conscient que même si je me lâche à bras raccourcis sur le pauvre Martinet, c’est uniquement dans le but de faire progresser le sujet. C’est une joute scientifique, à aucun moment personnelle. Quiconque a déjà assisté à une soutenance de thèse sait aussi que ces pontes, eux-même hors d’atteinte de toute critique, sont presque toujours étonnamment compréhensifs pour la production de leurs propres étudiants et horriblement intolérants pour tout ce vient de l’extérieur de leur école…

    Je dois encore rédiger un paragraphe car je dois finalement pointer dans le manuel un curieux laxisme des notations au niveau de l’opposion é/è qui contraste avec la répétition à l’infini de l’opposition patte/pâte.

    Vous avez oublié de mettre le lien promis je crois, mais j’ai déjà visité de nombreux sites sur les dialectes locaux. Au niveau du mot “patois”, certaines personnes le trouve péjoratif, mais il ne faut pas trop se formaliser : Martinet l’emploie sans jugement de valeur (c’était un amoureux du dialecte de ses ancêtres), moi c’est pareil, dans ma famille on l’employait plutôt avec un sens favorable en fait.

    En ce qui concerne donc les dialectes de la langue d’oïl comme le poitevin, il serait très intéressant de les valoriser davantage, pas seulement en tant que tels, mais aussi comme référence pour l’étude du français (comme je le fais dans mon étude de la diphtongue). On devrait normalement aussi les voir de temps en temps dans les médias, qui montrent malheureusement à 99,99 % des personnes qui n’ont aucune base traditionnelle : la prétendue “diversité culturelle” mise en avant consiste à montrer des francophones de n’importe quelle origine ethnique mais complètement parisianisés (en surface, l’écoute montre des profondes pertes phonologiques et prosodiques). Il faut se lever de bonne heure en France pour entendre parler quelqu’un qui aurait l’accent Suisse, Belge ou Canadien, alors un accent provincial, ou un dialecte, n’y pensons même pas.

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