Origine de la formation calcaire de Motuhiva, Eiao


A l’extrémité sud de ‘Eiao se trouve la “vallée” Motuhiva. Un naturaliste ne peut doubler ce cap en bateau sans avoir l’attention attirée par une formation rocheuse blanche qui ressort sur la roche noire partout ailleurs. D’où vient cette formation calcaire ?

En pratique, mon attention avait effectivement été attirée, il y a très longtemps … et puis j’avais oublié, pendant Vingt ans…
C’est en discutant avec Jean-françois Butaud, qui m’a aussi aimablement fait passer des photos de terrain par la suite, que je me suis souvenu de ce point d’interrogation enfoui au fond de ma mémoire.
motuhiva-18-mars-2005

Motuhiva vue dans Google Earth, on distingue bien la plus grande plaque calcaire en forme de triangle

Au sud de l’île marquisienne de ‘Eiao, dans la baie nommée Motuhiva [1], se trouve une formation très visible et assez difficile à expliquer. Il s’agit d’une série de cônes formés de couches de calcaire blanc plaquées sur la pente rocheuse noire.
1 ce qui est caractéristique de cette formation, c’est le pendage apparent des couches, je n’ai pas de mesure de leur inclinaison mais il doit approcher de 45° ? là où la couche supérieure est enlevée, on voit les couches sous-jacentes de même pendage
2 on observe donc une forme de cône, ça va en s’élargissant de haut en bas, c’est très caractéristique et en fait il semble qu’il y ait plusieurs cônes, soit plusieurs “origines” ou “sommet”.
3 je ne crois pas au basculement de l’île, ni d’une portion, les couches de basalte sont en place, leur section par la falaise est horizontale
par ailleurs le plateau de corail sous marin est horizontal aussi, l’île a pu s’enfoncer ou remonter selon les époques par isostatisme (ainsi que sous l’effet de l’eustatisme)  mais pas basculer à cet angle important, ni un de ses morceaux.
4 j’ai pensé au départ à une récif frangeant mais j’ai abandonné cette idée car il est très improbable qu’une telle formation n’ait laissé des traces qu’à un seul endroit de l’île. Par ailleurs, c’est du calcaire, mais rien ne me prouve que ce soit du corail (j’attends des photos de près). Enfin je ne crois pas qu’un récif frangeant, pourrait donner une pente si forte si près du socle rocheux
5 donc si c’est du calcaire, mais pas du corail, cela doit être du calcaire re-déposé :
Mon hypothèse c’est qu’une remontée d’eau (de mer ou douce ?) (éventuellement chauffée ?) par la chaleur volcanique rémanente (comme dans le cas de la soufrière de Hiva ‘oa) a dissous le carbonate de calcium du plateau corallien (quand il était en surface, exondé ou profond comme aujourd’hui, pas important) c’est à dire que cette eau a emprunté un chemin qui la faisait passer dans ou contre le corail suffisamment longtemps pour se charger en calcaire (à Taravao il y a des sources au contact corail/rocher qui sont calcaires)
L’eau chargée en CaCO3 est montée par des fractures et est ressortie 150 m plus haut par trois ou quatre sources et a ruisselé sur les falaises, ruissellement qui s’est produit à l’air libre, et suffisamment longtemps pour déposer ces quantités impressionnantes de calcaire.
Cette théorie explique la grande localisation du phénomène (il faut de multiples coïncidences pour que l’eau chargée ait suffisamment de pression pour monter si haut), la forme en cône, les couches de dépôts superposées et à fort pendage)
6 les différents “plateaux” calcaires exondés de ‘Ua Huka (Hatuana)et ‘Eiao (motu tapu) sont des restes de récifs en place, leurs couches sont horizontales, ce sont les dernières reliques de récifs plus étendus qui ont poussé lors de niveaux marins plus élevés ou des niveaux isostatiques plus bas. Le motu Nao de ‘Eiao est une portion de récif barrière plus haute. Quand l’ensemble du récif qui entoure ‘Eiao-Hatutu était en position naturelle à fleur d’eau, on avait peut-être là un îlot semblable d’aspect aux îlots de ‘Ua Huka.
7 le point faible de cette théorie est que je n’ai jusqu’à présent trouvé aucune formation similaire dans le monde. Les formations dues à une redéposition de minéraux contenus dans de l’eau chaude tendent à être constituées de terrasses horizontales, pas en pente. Toutefois, cette théorie du dépôt aquifère serait cohérente avec les observations de Jean-François Butaud qui a observé des micro-couches (comm. pers.)
motuhiva-26-dcembre-2006
Sur cette autre image très contrastée, en plus de la plaque principale on voit bien les deux ou trois plaques plus petites qui se trouvent plus au nord et la petite plaque au sud.

Références

  1. Si on admet pour “motu” le sens d’ “entaillé”, on peut penser que le nom s’applique à la pointe à l’est de la baie, avec son pinacle. Quant au “hiva”, il pourrait signifier lointain, ou “sur le côté”.  Par ailleurs, Motu hiva est le nom d’une princesse dans une légende de Huahine, il y a pu avoir une légende similaire aux Marquises (question ouverte) ?

 

La notice de la carte géologique du BRGM au 1/25000 de Eiao

 

Plus haut, j’ai fait référence à un “basculement”. Cette théorie ainsi que d’autres bribes émanant d’une mission géologique m’avait été communiquée oralement. En juin 2014, je me suis procuré la carte du BRGM dans sa 1ère édition et j’en profite pour mettre à jour cette page.

Voici mon analyse de la notice de cette carte  et de son interprétation pour la formation de Motuhiva :

À la page 34 se trouve la description de ce qui est porté sur la carte comme Cb, calcaires bioclastiques. La description englobe clairement la “plate-forme” de Motutapu (qui a fait l’objet des photos 2 et 3) ET la formation de Motuhiva (photo 4).

Le texte décrit des grains arrondis liés par un ciment et qualifie donc ces formations comme des grainstones qui “peuvent être considérées comme des formations de plage”. Les auteurs pensent évidemment à des beach-rock sans que le nom soit imprimé (?).

Sans en avoir la preuve, j’ai tendance à penser que les auteurs ont pu effectivement examiner (au moment de la rédaction de ce passage) la roche de Motutapu mais qu’ils ont seulement extrapolé pour Motuhiva.

À l’appui de cette idée je vois une photo de la première formation prise de loin (crête de la falaise) suivie d’une autre prise de près (ce qui nécessite seulement un petit débarquement un jour calme, ou une descente de la falaise périlleuse mais faisable, faite en tout cas par les chasseurs marquisiens…). Cette deuxième photo (3) montre des couches que les auteurs qualifient d’ “entrecroisées”. La seule photo de Motuhiva est prise de loin, le promontoire  ou la crête faisant face au nord est, de l’autre côté de la “vallée”.

Les plaques de la formation de Motuhiva sont très difficile d’accès. Je ne pense pas que les auteurs s’y soient rendus ni qu’ils en aient effectivement pris des échantillons. S’ils s’y étaient rendus, il n’auraient pas manqué de faire une photo de près de cette formation beaucoup plus mystérieuse que la première, de leur propre aveu. Je ne pense pas que quelqu’un (en dehors des marquisiens) n’aie pu s’y rendre avant Jean-François Butaud, qui m’a communiqué des images prises sur place. Butaud aurait envoyé des échantillons périlleusement prélevés au géologes du BRGM sur les parties sommitales des plaques de Motuhiva, cela semble confirmer qu’ils n’en avaient pas pris eux-même.

La suite de l’analyse se trouve page 65. Elle offre à nouveau une description micrographique de la formation de Motuhiva. Je reste toujours sceptique, les géologues ont-ils réellement analysés les échantillons envoyés par Butaud ? Par ailleurs les photos dont je dispose ne montrent nullement des morceaux de lave inclus ???

La suite du raisonnement de la notice p.65 est la suivante : ces formations sont marines donc elles indiquent un “soulèvement de la partie sud de Eiao”. Le mot “basculement” n’est pas employé mais si seule la partie sud de l’île s’est soulevée, une explication possible est que l’île a dû basculer.

Les autres arguments en faveur d’un soulèvement/basculement de la partie sud de l’île sont :

– l’existence d’une terrasse alluviale perchée au fond d’un talweg (du sud de l’île). Je n’ai pas d’explication sur cette formation dont aucune localisation n’est donnée en fait, ni photo mais je pose la question : est-ce qu’un éboulement qui aurait bouché une vallée ne pourrait pas être responsable de ce genre de choses ?

– l’existence de vallées perchées se terminant en falaises au dessus de la mer, la cote maximale de surcreusement étant de plus en plus haute lorsqu’on se dirige vers Motuhiva. Le fait que le surcreusement n’ait pas atteint toujours la même altitude semble utilisé comme preuve de basculement (une fois de plus le mot n’est pas imprimé). L’existence du surcreusement est à lier à la falaise qui termine la vallée. AMHA La falaise semble le prolongement de la faille normale qui traverse toute la partie médiane de l’île. La hauteur du surcreusement pourrait être aléatoire.

Très bizarrement à la page 66 le texte parle tout à coup d’un soulèvement de toute l’île. Ce soulèvement est qualifié d’ “énigmatique”.

Conclusion : la formation de Motuhiva n’est qu’une mince partie du sujet EIAO pour ces géologues, le gros de l’affaire étant les analyses concernant l’île volcanique.

Concernant Motuhiva, il me semble que l’équipe des géologues a été obligée d’improviser un peu, compte tenu de l’absence de vraies données locales ainsi que de celle d’une formation semblable ailleurs dans le monde à laquelle ils auraient pu se référer.

Ils ont donc été conduits à une série d’ approximations et de non-dits :

– la formation de Motuhiva est assimilable à celle de Motutapu

– donc elle s’est formée sous l’eau et ses couches devaient être sub-horizontales

– donc cette partie de l’île s’est trouvé sous l’eau à une époque inconnue et l’inclinaison actuelle et/ou l’émersion sont provoquée par un soulèvement localisé

– puisqu’il n’existe aucune preuve réelle et surtout aucun mécanisme pour un tel basculement ou soulèvement d’une partie seulement de l’île il faut admettre que toute l’île s’est soulevée

Cette succession d’au moins deux sauts logiques ne me parait pas respecter la méthode scientifique, les causes invoquées me paraissant plus difficile à expliquer que le problème de départ.

Je pense que le point clef qui a été manqué par ce travail, en ce qui concerne Motuhiva, est l’aspect de coulées, d’épanchements. La carte rend très mal justice à cet aspect, très frappant quand on regarde les photos satellites ou d’autres photos dont je dispose (mais pas très visible sur la photo 4 de la notice parce qu’elle est prise en biais).

 

 

 

7 commentaires

Comments RSS
  1. CHARLEUX

    Non Stéphane, quand je qualifiais ta théorie d’audacieuse, je n’y voyais aucune critique. Je pense du reste que pour faire avancer les recherches, il est important d’émettre des hypothèses audacieuses, (tant qu’on les garde comme “hypothèses de travail”), quitte à devoir revenir en arrière ensuite. A charge de celui qui les émet ou à ses collègues d’apporter des éléments probants permettant de vérifier l’hypothèse. C’est ainsi que la science avance.
    Je vais vérifier dans mes sources, mais il me semble bien que c’est dans la notice de la dernière carte géologique de Eiao (Guille et al, BRGM 2009) que ce basculement est précisé. En tous cas, je crois me souvenir qu’il n’est question que d’un basculement de 200m d’amplitude (un soulèvement plus qu’un basculement, en partie vérifié par les vallées suspendues visibles sur la côte sud-ouest) de la partie Sud de l’île, tandis que la partie Nord se serait légèrement enfoncée. Même avec ce soulèvement, les coulées volcaniques restent dans leur position d’origine et c’est probablement tout le plancher océanique qui a été affecté. D’où, extérieurement, une situation qui peut paraître “normale”. Ces explications ne visaient pas à expliquer le pendage de la formation de Motuhiva, mais la formation elle-même qui elle est anormale ou pour le moins très étrange. Et ça, au plan géologique et tectonique c’est tout à fait réaliste. Le secteur ayant été affecté par des mouvements tectoniques très important (il suffit de penser aux 3/4 du volcan originel de Eiao qui se sont effondrés pour s’en convaincre). A titre d’exemple, les coraux ont été soulevés de 600m sur l’île de Santo au Vanuatu. C’est dire les forces en jeu! Je reste convaincu que seules des observations in situ et diverses analyses et autres études au microscope permettront de résoudre cette question (je ne dis pas “mystère” volontairement). J’essaie d’obtenir des échantillons par des amis car je ne compte pas retourner fouiller à Eiao car j’ai déjà bcp donné, que j’ai failli y rester et que j’ai assez de matériel archéologique pour 5 ou 10 ans de travaux.. De plus, comme j’ai du avancer des fonds à chaque fois sans pouvoir me rembourser intégralement (je fais tout ça bénévolement contrairement à mes autres collègues archéologues/je ne suis pas rétribué), ça suffit! J’espère donc que “quelqu’un pourra me rapporter des échantillons de Motu Motu’u et Motu Hiva.

    • stefjourdan

      Oups, nos réponses se sont croisées, le texte de ma dernière réponse a donc été légèrement allongé depuis que tu as répondu…

      Oui, l’audace, je suis pour, on est d’accord donc (allez, je ne reparle pas de Darwin, mais je pense à lui…). Maintenant je sais que tu es surchargé, mais il va falloir que tu lises mon grand article sur les Atolls des Marquises. Il contient justement une hypothèse audacieuse (mais néanmoins tout à fait dans l’orthodoxie tectonico-hot-spotesque) qui concerne l’ensemble des Marquises, pas seulement Eiao-Hatutu…

      Ah bon, il y aurait des sources biblios pour le basculement je vais vérifier de mon côté (merci pour la piste)mais je ne comprends toujours pas leur idée, encore moins si elle n’a pas été émise pour expliquer Motu Hiva ???

      Pour les vallées suspendues, mon explication est dans la fin du commentaire de ce matin, nul besoin d’aucun basculement à mon avis. J’y vois plutôt l’érosion d’une île en “fin de vie” hydrologique.

      Bien entendu, je suis au courant (enfin j’espère) pour tout ce qui est des théories eustatiques et isostatiques, des effondrements partiels, des basculements (comme à Tahiti) mais bon, j’ai besoin d’en savoir plus sur Eiao à ce niveau, je vais refaire un tour d’horizon ???

  2. CHARLEUX

    Ka’oha nui Stéphane,
    Je travaille sur les sites archéologiques de Eiao depuis 1987. Pour ma dernière mission consacrée à des fouilles, je suis resté 3 mois et demi sur le plateau Tohuanui. J’ai moi-même été intrigué par deux formations calcaires du Eiao. La première, c’est le Motu MOTU’U (que certains dénomment Motu Tapu). Pour des raisons physiques, je n’ai pu aller personnellement sur cette formation, mais JF BUTAUD et F.JACQ m’ont rapporté des photos et des échantillons. J’ai analysé l’un de ces échantillons et y ai noté un taux en Strontium dix fois supérieur à la normale. J’attends d’autres échantillons de cette même formation pour vérifier ce taux. Par ailleurs, l’allure et l’épaisseur de cette formation, l’absence de vestiges autres sur la côte sud-est, des photos au microscope,…m’incitent à penser qu’il ne s’agit pas de beachrock au sens propre du terme… Analyses en cours.
    La seconde c’est cette formation triangulaire de Motu Hiva. J’avoue que ta théorie est très audacieuse. Personnellement, tout en continuant à chercher une raison à cette formation très particulière, je reste très sceptique. Je compte faire des analyses et des photos au microscope. Le feuilletage des couches est intéressant. Par ailleurs si on en crois les géologues, l’île aurait bien basculé (vallées suspendues visibles sur la côte Nord-Ouest)….
    Cordialement Michel CHARLEUX

    • stefjourdan

      Ka’oha et Kia ora !

      depuis 87, bigre, dommage qu’on ne se soit jamais rencontré, j’ai été aux Marquises en 1986 la première fois (et la dernière fois en 93). A Eiao, j’ai été trois ou quatre fois, la plus longue je suis resté une semaine environ…

      3 mois sur le plateau, il a dû falloir en monter, des bouteilles d’eau !

      merci donc de ce commentaire motivant, je suis très enthousiaste en théorie sur les possibilités d’internet pour échanger de l’information mais dans la pratique, c’est aussi un grand désert ou il ne se passe rien, souvent. Enfin de l’action :

      1 le Motu Tapu

      Pour info, j’ai débarqué sur le Motu’u/motu tapu, avec mon propre bonitier, un jour où la mer était calme, en 93 probablement, mais je ne suis pas resté longtemps, en tant que capitaine du bateau, je le surveillais du coin de l’oeil je ne sais plus si j’avais mouillé ou juste beaché d’ailleurs, la mer était comme un lac, mais bon c’est un secteur pas très net …la mer peut se lever sans prévenir… et ce genre d’erreur peut faire très mal…

      Il me semble me rappeler, sur le sommet du motu, une sorte d’entassement de dalles calcaires, c’est à peu près tout ce dont je me souviens, je n’ai pas de photos de ça (on mesurait la pellicule à l’époque… je n’ai pas de photos non plus de Motu One ou de Hatutu…). Et puis à l’époque, je ne faisais que de la bota, j’ai probablement un relevé d’ailleurs (j’ai retrouvé ma base de données récemment, reste plus qu’à l’exploiter…)

      depuis je suis devenu, je l’espère, un naturaliste plus complet, comme Darwin le fut…

      je suis donc très intéressé par les photos que tu pourrais m’envoyer (que je ne ferai pas passer ou publierai sans votre autorisation bien sûr), ça serait intéressant d’ailleurs de comparer ce qu’on voit avec la formation de Motu Hiva, si des couches sont apparentes, etc.

      Au niveau géomorphologique, ce truc se présente comme “de niveau” par rapport à l’île, par rapport à la mer actuelle et la connexion avec le rivage actuel me font penser que c’est un récif frangeant, et qui doit être à la même altitude que le “trottoir” marquisien, donc témoin du même niveau marin (dernière glaciation à priori ?)

      donc un récif, en place, comme ceux plus grands de Hua Huka (je ne sais plus s’il n’y en a pas un à ‘ua Pou, je crois que Butaud m’avait dit que non, j’avais dû rêver à ce sujet)

      c’est mon hypothèse scientifique, bien entendu, pas une vision prophétique, il doit y avoir un moyen de vérifier ça (datation ?)

      cette analyse du strontium, euh un isotope du strontium ? est surement très intéressante, mais je ne sais pas du tout ce que le strontium peut nous indiquer, as-tu une idée là-dessus ? une datation justement ?

      et un taux anormal de strontium, qu’est-ce que ça pourrait vouloir dire ? (certains isotopes du S sont connus pour se fixer à la place du calcium (même colonne je crois) quand les centrales nucléaires ont des fuites…)

      maintenant, il y a une dernière chose : le fait que cette formation se trouve juste au milieu de cette côte pourrait être dû au hasard ? ou non ? je n’ai pas trop d’explication là-dessus, c’est assez curieux quand même ? mais pas un réel mystère :

      les motus des récifs barrières ont tendance à se former là où la diffraction de la houle empêche leur destruction, donc de chaque côté des passes (mon interprétation, je ne l’ai jamais lu nulle part ?) donc il pourrait ici y avoir un phénomène de résonance/ondes stationnaires qui aurait protégé cette partie d’un récif autrefois plus étendu ?

      pour conclure, entièrement d’accord, je ne vois pas de raison de penser à un beach rock

      la suite bientôt

      • CHARLEUX

        Je reprends ton texte Stéphane. Un argument qui irait à l’encontre de ta théorie: si l’eau chargée de CaCO3 avait emprunté des fractures, à moins que celles-ci ne soient de très forte taille/diamètre, les sels se déposant auraient eut tôt fait de les boucher (cf ce qui se passe dans les grottes calcaires comme à Rurutu). J’attends pour ma part de connaître la nature exacte du dépôt de Motu Hiva. Particules calcaires, CaCO3 recristallisé, calcite, aragonite???
        ll est vrai que la formation triangulaire est déconcertante. Il aurait fallu que JF BUTAUD se penche davantage sur ces extrémités… Il a déjà pris ENORMEMENT de risques en allant échantillonner et de plus seul sur ces placages instables…. Il faudrait pourtant y retourner avec des moyens de sécurité accrus, une foreuse (carottage sur plusieurs décimètres si possible), etc pour ensuite réaliser un étude poussée des échantillons (structure microscopique, analyse géochimique, datation, présence de micro-fossiles,…). Formation aérienne ou sous-marine? Ce n’est pas du corail. Des Algues calcaires? ce n’est pas du beach rock, ni une formation éolienne comme imaginé un moment.

      • stefjourdan

        Merci pour ce commentaire. Je réponds d’abord à certains points de l’ancien :

        Merci d’avoir qualifié ma théorie d’ audacieuse ! je prends ça comme un compliment, même si on pourrait aussi y voir une critique aussi, ha ha !

        Je reviens donc sur la “théorie du “basculement”. Butaud m’en avait déjà parlé, sans me donner de nom, ni d’article auquel se référer (?). De qui ça émane ? communications personnelles ?

        j’ai déjà exprimé mon scepticisme total sur cette théorie, l’île n’a pas basculé, la caldeira est horizontale, Eiao et Hatutu sont enchâssées dans le même récif (ennoyé) qui est lui-aussi horizontal, autour de Motu Hiva les couches volcaniques ont une disposition normale. On ne peut pas “produire” un basculement comme ça sans donner des éléments, juste pour expliquer le pendage de la formation de Motu Hiva, il faudrait en plus un basculement formidable, un truc comme les “autoroutes couchées” lors du tremblement de terre de Kobe….

        et de plus je ne vois pas bien comment un “basculement” pourrait expliquer des vallées suspendues à cet endroit seulement ?

        L’explication des vallées suspendues est autre : étant donné la taille de l’île, son réseau hydrographique est quasiment relictuel, les rivières ne coulent que très peu, plus d’érosion

        Les falaises reculent donc, depuis des milliers d’années, plus vite que les rivières ne peuvent creuser, dans ce coin là du moins, car il est vrai que d’autres vallées “arrivent” au niveau de la mer dans le reste d’Eiao

        pour ça, je vois deux explications alternatives/complémentaires :

        1 la pluviométrie est différentes selon les versants, sens des pentes; la partie sud est peut-être encore plus aride que le reste, les rivières y ont moins d’érosion que dans le reste de l’île

        2 il ne faut pas oublier que dans ces îles, beaucoup de rivières ont un profil “double” : basse vallée et haute vallée séparées par une cascade

        il y a 1 millions d’années, Eiao avait de la montagne sérieuse, comme on la voit dans les îles qui vont au dessus de 1000 m actuellement, et plein de ces cascades…

        alors si la falaise cotière recule suffisemment, en bouffant la basse vallée, pour arriver à la cascade, on doit obtenir précisément ce qu’on voit dans cette partie d’Eiao, des vallées perchées

        bref, rester sceptique, certes, il le faut, absolument, mais du basculement, au moins autant que des sources, on doit l’être (maitre Yoda)

      • stefjourdan

        j’ai aussi entendu dire, toujours par Butaud, que “des géologues” (probablement le ou les mêmes, mais toujours pas de nom ou d’article) pensaient à un beach rock” pour Motu Hiva ?

        c’est vrai que là, c’est différent de Motu Tapu, on a bien une formation avec un pendage, moi aussi j’ai pensé à un beach rock, au début…

        mais j’ai analysé la question en profondeur, je me suis penché sur la littérature, et je n’ai pas trouvé de mentions d’un beach rock en forme de cône, ou ayant une telle élévation, ou étant “collé” au rocher en fait

        et des beach rocks, au Marquises, j’en ai vu pleins, c’est pas ça qui manque…

        donc je suis arrivé à ma théorie de l’écoulement à partir de sources minérales

        c’est une théorie scientifique, elle doit certainement être vérifiable…

        Butaud m’avait parlé d’échantillons et d’analyses, mais récemment je n’ai plus de nouvelles de ça (ou alors il parlait des analyses de Motu Tapu ?)

        au niveau de ces analyses, on devrait pouvoir prouver que la formation a été déposée par des sources ? (mélanges de minéraux caractéristique de la roche, en plus de ceux du corail ? juste une idée)

        ensuite, au niveau de la micro-structure, ça devrait se voir, des couches de dépôt ultra fines ? les beach rocks n’ont pas ça, c’est juste du sable, du grès quoi ? j’ai demandé à des copains de me faire des photos de près, mais visiblement ils ont d’autres chats à fouetter…. et moi je ne pense pas y retourner en fait…

        finalement, si ces cônes ont été déposés par les mêmes sources qui ne changeaient pas de place, est-ce que les couches profondes ne devraient pas être plus pentues que les supérieures ?

        je pense que le meilleur argument pour ma théorie, c’est le fait qu’il y a plusieurs cônes; deux ou trois… un gros très net, les autres un peu plus diffus

        c’est cette multiplicité des “points d’écoulement” qui m’a suggéré un fonctionnement effusif de cet ancien système (après plusieurs heures de brain storming quand même)

        Quant au bouchage des tuyaux par le mineral, ce que j’ai toujours entendu dire, à propos des grottes qui contiennent des stalagtites, c’est que le CACO3 se déposait au moment ou l’eau apparaissait à l’air libre (de la grotte) donc cela expliquait comment des fissures très fines fonctionnaient pendant des milliers d’années sans se boucher. A part ça je n’y connais rien.

        Maintenant je suis entièrement d’accord qu’on devrait retrouver des ouvertures au sommet des cônes….

        Que Butaud se “penche” davantage, ha ha, pas sûr ! je pense moi aussi qu’il a déjà dû prendre pas mal de risques (enfin ce genre d’endroit est impressionnant quand on y va la première fois, mais avec l’habitude, on y gambade surement comme une chèvre ? de temps en temps, les chèvres, et les marquisiens qui les poursuivent… finissent par se casser la gueule d’ailleurs)

Laisser un commentaire

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Changer )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Changer )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Changer )

Connecting to %s

%d bloggers like this: