TOUT, TOUJOURS, PARTOUT par Pavel Dzigivsky


De la définition et les conditions d’application d’un quantificateur de la généralité dans l’esprit humain.

 

Des généralisations trop larges sont le péché principal de la connaissance spéculative. Cela saute particulièrement aux yeux quand nous nous tournons vers la sphère des sciences sociales et humaines. N’importe quelle déclaration sur l’individu en général, toute tentative de définir des lois objectives de ses actions sont contestées avec une telle régularité que cela amène plutôt à l’idée de l’universalité de notre ignorance sur cette question.

Souvent on peut entendre mettre en doute que les sciences de l’homme telles que l’éthique, l’esthétique, la théologie, la psychologie, la sociologie ou le droit soient véritablement des sciences dans la signification moderne du mot. Néanmoins, il est difficile de nier l’utilité de ces discours, leur spécificité dans le corpus de la connaissances du monde et de la personne. Si nous admettons que les structures de notre compréhension de la réalité sont les mêmes quel que soit l’objet d’étude, que le sujet et le prédicat sont la condition nécessaire et suffisante pour l’existence de la pensée, le gouffre entre les sciences exactes avec leur appareil mathématique d’une part, et les réflexions sur la conscience, la liberté et l’amour d’autre part ne doit pas être tout à fait insurmontable. De plus, cette séparation est illusoire :

Je peux être le sujet ou l’objet de la connaissance, regarder la beauté s’échappant du monde de toute éternité ou, au contraire, voir cette éternité par comparaison avec la somme de mes désirs momentanés – dans tous les cas ce sera le monde vécu par moi-même, ma vie. La participation de la personne au procès de la connaissance est inévitable et nécessaire. La loi objective et universelle, le mot “tout” ou “toujours” au début de l’idée, l’ordre des objets dans le monde – ne peut pas être séparée du “moi” individuel, qui établit cet ordre.

     L’idée que «toutes les hommes sont mortels» amène à la conclusion : «je suis mortel». Il n’est pas possible de contrôler expérimentalement la première idée, ni la deuxième. Cependant la représentation de la vie humaine comme un système fermé est extrêmement importante et pour la philosophie sociale et pour la physique. La négation de la nature mortelle de l’homme nous place en terrain inconnu. 

      Comme on le sait, toutes les lois physiques objectives sont valables seulement dans le cadre d’un certain système fermé, l’image profonde ou l’archétype de ce qu’est la vie de l’homme – continue, mais limitée par la naissance et par la mort. (Même au sujet de l’Univers, ce que nous essayons de dire s’exprime avant tout en termes de  naissance et de mort). Voici comment le principe agit: plus grande est l’abstraction, plus profondément en elle est l’anthropomorphisme caché. L’homme ou le cheval peuvent voir la vase, mais  la “vasité” et la “chevalité” sont des inventions trop humaine. L’observateur veut être correctement compris pour un autre observateur et s’adresse à son expérience. Le principe anthropique est valable non seulement pour la physique, mais aussi pour tous les autres domaines de la connaissance.

      Le prototype de n’importe quelle généralisation consiste en un principe de la conservation. Le principe philosophique de l’éternité de la matière est le modèle des principes physiques de la conservation de l’énergie, du moment cinétique, de la quantité de mouvement, de la charge électrique etc. Les lois de la conservation ne peuvent pas être prouvées et se fondent sur l’expérience et la certitude qu’il y a quelque chose restant invariant à toute transformation du système.

 Avec le même degré de confiance, nous affirmons l’unité de notre “moi” malgré les changements visibles extérieurs et intérieurs au long de notre vie. L’identité “je”, par exemple, permet d’introduire dans la jurisprudence le principe de la responsabilité personnelle, autrement le criminel serait tel seulement au moment de la perpétration du crime et puis pourrait se justifier ensuite parce qu’il était «non dans lui-même», parce qu’il fut été victime des circonstances, prétendre «avoir changé complètement depuis» etc.

En biologie le rôle de principe fondamental est joué par une telle propriété générale de la nature vivante, l’excitation (réactivité). Pour l’esthétique – le principe de l’éternité de la tentation par le beau, l’éternité de l’enchantement et le désir dans tous ses aspects. Dans l’éthique – le principe de l’éternité de l’aspiration au bien. Tout discours religieux part du principe de l’éternité du Dieu et de l’aspiration à se rapprocher de lui. Les préceptes juridiques et moraux conservent le même principe, mais nettoyés du rite et du culte, sous le nom de “justice” et “bien”. La logique de même que la science s’appuie sur la loi de la conservation de la raison, connu aussi comme principe de la raison suffisante ou principe du déterminisme.
  (En temps et lieu Leibnitz affirmait la signification ontologique du principe de la raison suffisante). En mathématiques et en théorie de l’information la représentation de la causalité est exprimée par la possibilité d’établir une procédures soit un algorithme strictement et absolument défini de n’importe quelle complexité. (cf. la thèse de Church, des machines de Turing et l’algorithme normal de Markov).

Par analogie avec d’autres lois de la conservation nous formulons le principe le plus important de la philosophie sociale – la loi de la conservation de l’identification:
La capacité de l’identification perdure invariablement tout au long de la vie d’un individu.
La vie est l’identification avec le défendu.
L’identification est un état de la suggestion permanente, qui plus justement appeler comme l’énergie de l’amour.
 Donc, nous avons une série de principes de conservation, qui sont covariants  l’un à l’autre et expriment l’unité et l’auto-identité de la matière, de l’énergie, de l’infinité, de Dieu, de la raison, du sujet etc. Mais pour l’expression de chacun de ces principes il est nécessaire d’avoir aussi un point de comparaison qui fournira la première dichotomie. La matière ne peut pas être envisagée sans la forme, la raison sans la conséquence, l’identité logique sans le principe de la négation ou de la contradiction, l’excitabilité sans l’inertie, le goût sans la forme expressive, le bien sans la norme morale, la justice sans la loi, et enfin  l’identité sans l’interdiction ou tabou. Le tabou est le fait atomique de la vie sociale, son “bit” d’information. (“It from bit”, John A. Wheeler). La fonction mathématique existe seulement avec la représentation sur le nombre.
 
 Le discours physique a pour origine le conflit et la simultanéité de deux représentations:  le monde comme substance (par exemple, ἄπειρον de Anaximandre) d’une part et le monde composé d’  objets finaux, qui reçoivent toujours leur “récompense”. 
Les “corpuscules” et les “ondes”, les “atomes” et «l’éther» ont fait l’objet d’un débat depuis le temps des atomistes grecs et des Pythagoriciens jusqu’à présent et sont à la base de la terminologie physique, qui peut être divisée en deux classes – scalaires (le temps, le volume, le travail etc.) et les vecteurs (la distance, la vitesse, la force, l’impulsion etc.).
 Dans chacune des formules (la proposition identique-véritable), le vecteur est déduit du scalaire à l’aide de la signification quantitative de la valeur vectorielle de la même direction jouant le rôle du coefficient de proportionnalité directe ou de troisième terme de la comparaison. Si on comprend le scalaire comme le prédicat du vecteur, on peut dire que le vecteur est “toujours enceint” de son prédicat. La décomposition des unités naturelles en vecteurs et en scalaires permet de donner les définitions des uns au moyen des autres et seulement ainsi de les connaître.

Les définitions non démontrables et autoévidentes du type : «le monde est le temps et l’espace… la force et la masse… l’effort et la déformation… les atomes et l’émission etc.» sont des dichotomies. Elles se soumettent aux mêmes lois que les paires de notions principales de n’importe quel autre discours. Ils sont fondés sur le principe bivalent (le principe du tiers exclu). Ce principe est indissolublement lié à la notion de la symétrie dans les systèmes physiques. L’existence de la symétrie dans un système fermé signifie que pour lui il y a une valeur invariable quelles que soient les transformations. Les membres des chaque dichotomie sont symétriques, puisqu’il y a des lois de la conservation qui sont à la base du système de ces notions.
Donc, la covariance de toutes les lois de la conservation consiste en ce que les paires de notions fondamentales de tous les discours ont pour seule base une division logique. Cette division se passe aussi selon le principe de l’ambiguïté commune pour tous. C’est pourquoi on peut affirmer que la base de tous les discours scientifiques sont des structures homomorphes.

Il en résulte, premièrement, que toutes les notions des colonnes 2 et 3 du Tableau synoptique (voir plus bas) sont synonymes, et deuxièmement, le caractère nécessaire des propositions identiques-véritables au sujet d’une paire de notions ou leurs dérivées pour les autres paires.
 
 Si on installait les colonnes du tableau sur un cylindre tournant sur son axe, nous obtiendriont une variante de la machine logique de Lullius donnant de diverses nuances des sens des notions  – le procès, qui attirait des disciples connus de Lullius tels que Nicolaus Cusanus et G. Bruno.

  Les idées de Descartes sur le “mathesis universalis” et de Leibniz sur la “caractéristique universelle” sont également placées dans le Tableau. Excepté sa signification heuristique, il faut marquer la possibilité du contrôle comparatif et la précision de chaque idée prétendant être universel. Autrement dit, un tel, où on utilise le quantificateur de la généralité (tout, toujours, partout). Puisque, en général, son contrôle expérimental est impossible, une telle idée doit avoir l’essence conservée ou sa dérivée à titre du sujet, notoirement, selon l’accord, possédant le quatificateur existentiel. Les prédicats donnent la possibilité de diverses interprétations. Le rapport entre le sujet et le prédicat de l’idée donnée doit être homomorphe aux rapports déjà connus dans une autre système des notions.
 Ainsi, par exemple, est créé un appareil mathématique de la physique. La langue développée de la physique, dans les cadres de qui aujourd’hui l’ouverture sont possibles «seulement dans le 9-ème signe après la virgule», non seulement peut contribuer au groupement et développement les discours de la connaissance socio-humanitaire, mais elle aussi a besoin de la traduction dans d’autres langues pour la réflexion des buts et les pas de l’idée physique.

 Selon n’importe quelle affirmation avec l’utilisation du quantificateur de la généralité on peut restaurer les frontières du système, dans les cadres desquelles la généralisation est véritable, ou, au contraire, établir telles frontières. À la détection du fait contredisant de la généralisation, le principe de la conservation ne peut pas être rejeté, il peut être précisé par rapport à ce que se garde notamment, en libérant de plus en plus la raison des béquilles des images et les métaphores. Chaque science est la métaphore de la connaissance totale sur la seule essence conservée.
 

TABLEAU SYNOPTIQUE

Branche de la connaissance Dichotomies Les principes covariants de la conservation
Philosophie sociale Le tabou L’identification La loi de la conservation de l’identité
Droit La loi La justice Le principe de les recompenses du vivant de la personne
Religion Le testament La grâce Le principe de l’éternité de Dieu
Ethique La norme de la morale Le bien “La moralité dans la nature des choses” Necker
Esthétique La mesure Le goût Le principe de la tentation éternelle par le beau
Physiologie l’inhibition

 

l’excitation Le caractère fondamental de l’excitation dans la nature vivante
Logique

 

La négation

 

L’identité

 

La loi de la conservation de la raison (le principe de la raison suffisante)
Linguistique Le prédicat Le sujet La constance du concept

 

Ontologie

 

La pensée L’être Le principe de l’éternité de la matière
L’objet Le sujet
La forme La matière
La qualité La quantité
Le phénomène L’essence
La conséquence La raison
L’acte La puissance
L’accident La substance
La nécessité La liberté
Physique

 

Les scalaires :

Le temps,

La masse,

Le volume,

Le travail,

L’énergie cinétique,

La déformation,

L’énergie magnétique,

La substance,

“Les corpuscules”

Les atomes

 

Les vecteurs :

La distance,

La vitesse,

La pression,

La force,

L’énergie potentielle,

L’effort,

L’énergie électrique,

Les radiations,

“Les ondes”

 

L’éther

La loi de la conservation de l’impulsion, l’énergie, le moment de la quantité de mouvement, la charge électrique etc.

 

 

Thermodynamique,

Cosmologie

L’ordre

 

L’entropie

 

La loi de la conservation de l’entropie
Théorie de l’information

 

L’information

 

L’inconnu Le principe de la calculabilité (la thèse de Church, les machine de Turing et l’algorithme normal de Markov).
Mathématiques Le nombre La fonction
Le système fermé est la vie de l’homme.

La dichotomie est fondée sur le principe bivalent (le principe de tiers exclu).

Les membres de la dichotomie sont soumis au principe de l’incertitude et au principe de la complémentarité.

Ils sont symétriques, car il y a des lois de la conservation à la base du système. En raison de ces lois il y a un quantificateur de la généralité dans toute activité mentale.

La covariance de toutes les lois de la conservation consiste en ce que toutes les paire des notions ont pour seule base seul une dichotomie logique.

 

PS.      Cet article fut écrit il y a dix ans d’après ma thèse «Le tabou comme forme d’ identification socio-culturelle» pour cette catégorie étrange des gens qui sont prêts à chercher le sens infini des objets les plus triviaux. Maintenant je comprends qu’il y a des questions plus importantes que l’ordre dans le système des connaissances scientifiques.

Il est temps de faire attention à ce fait que le principe de la conservation de l’identité (et d’autres principes de la conservation aussi!) est fondée sur l’hypothèse de l’immortalité. Le but final de tous les efforts intellectuels c’est l’éclaircissement et la précision de ce qu’est essentiel pour notre existence posthume – en forme du génome ou de l’idée. Toute activité pratique (à partir de la respiration) est pointé vers la victoire sur la mort. Toutes les sciences et les arts sont occupées par la recherche de la réponse à la question unique – ce que notamment peut rester de nous impérissable et digne de nos efforts.
Comment l’unité diverse de la personnalité peut devenir la multitude d’unités, le complexe devenir le simple, le vivant – le mort? Seulement, si chacun de nous a la possibilité d’observer la vie comme unité complète. Cela nous est demandé, mais ne nous est pas donné. Nous n’avons pas de preuves de la possibilité d’une telle connaissance complète, mais nous tentons constamment de juger et de nous justifier d’après les résultats de l’observation.
Au vrai, chaque mort nous est donnée pour notre édification, mais particulièrement – la nôtre.

Pavel Dzygivsky.

 

 

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