Trois mystérieux objets trouvés en Nouvelle Zélande



Cet article traite
du casque en fer trouvé à Wellington, dit “casque espagnol”,
de la cloche tamoule trouvée à Whangarei
et enfin du Korotangi trouvé à Ruapuke, près de Kawhia.

Il a été publié en janvier 2010 sur le site de Frogs in NZ et sur Knol en février de la même année. Il comprends des textes traduits pour la première fois en français.



Ecrit pour le site Frogs-in-NZ et pour Knols en janvier 2010

Le casque “espagnol” du port Nicholson (ancien nom de Wellington)

http://collections.tepapa.govt.nz/

Un jour que me trouvait à Ponsonby dans l’ancienne librairie dénommée : “Rare and difficult to Find Books… etc.” dans laquelle on pouvait d’ailleurs voir le trône de Xena… ( Mais si, vous savez bien : Xena “la guerrière”, la spécialiste des coups de pied dans la tronche en jupe courte; cette librairie était apparemment associée à l’époque à celle d’Onehunga mais vendue par la suite à d’autres libraires, mais qu’est devenu le trône ?) je tombai sur un livre intitulé de Ross Wiseman :

La découverte de la Nouvelle Zélande en 1576 par les espagnols

Ce livre est extraordinairement mal présenté, mal écrit et d’un format impossible, mais il est très intéressant. Il développe une théorie dont le point central est la découverte d’un casque en fer dans le port de Wellington, capitale de la Nouvelle Zélande, au cours d’un dragage, dans les années 1880, le musée n’ayant toutefois pris la peine de le cataloguer qu’en 1907.Ce casque en fer est toujours visible dans le musée Te Papa de Wellington et la photo du casque vient d’ailleurs de leur site.

Les expertises qui ont été faites de ce casque ont déterminé qu’il s’agissait d’un casque européen typique, datant des années 1580. Comme la nouvelle Zélande n’a été découverte officiellement par les européens qu’en 1642 (par le navigateur hollandais Abel TASMAN) cela suggère deux possibilités :

  • Soit le casque est resté très longtemps sous l’eau du port, environ trois cent ans et aurait été perdu par des navigateurs européens “pré-tasmaniens”. C’est évidemment la thèse de Wiseman (homme sage…). Wiseman pense que le casque n’ est pas resté en fait au fond de l’eau tout ce temps mais qu’il était enfoui dans la vase et que c’est justement la vase qui aurait empêché l’oxydation (avec d’autres cas à l’appui). Par ailleurs, il retrace avec minutie (et fac simile de documents d’époque) les voyages d’un certain vaisseau espagnol au départ de Valparaiso qui aurait découvert des terres inconnues dans le Pacifique vers 1576. C’est ce bateau qui selon Tasman aurait réellement “découvert”  la Nouvelle Zélande et perdu ce casque (pas typiquement espagnol en fait mais présent aussi sur les vaisseaux espagnols).
  • Soit au contraire, le casque n’est pas n’est pas resté longtemps dans l’eau de mer, ce qui serait prouvé par son faible degré d’attaque. Selon cette version il aurait pu être perdu par n’importe quel bateau européen visitant Wellington après la “découverte” de la Nouvelle Zélande. Il aurait pu être par exemple un cadeau donné aux maoris (mais comment se serait-il retrouvé dans le port ?) ou encore une part du lest des bateaux (les équipages étaient ils assez stupides pour jeter leur lest dans le port ?). Cette version plus prosaïque est celle du musée national…

Je remarque que des bateaux espagnols se baladaient effectivement dans le Pacifique au XVIème siècle puisque les Marquises ont été découvertes aussi tôt que 1595 (par Mendaña, attention il existe des centaines d’articles qui écrivent “Mendana”…).
Personnellement, je ne comprends pas comment ce casque de 2 mm d’épaisseur a pu être extrait de la vase par une machine sans être aplati complètement ?

La cloche tamoule

http://collections.tepapa.govt.nz/

Les polynésiens ne connaissaient pas le métal. Par ailleurs, leurs ancêtres avaient abandonné la poterie depuis des siècles (la civilisation “Lapita”, caractérisée par un style de poterie orné – nommé d’après un site en Nouvelle Calédonie où on le trouva pour la première fois – est considérée comme la source de la culture polynésienne). Pour faire cuire les aliments, ils avaient l’habitude de creuser des fours dans la terre (le nom polynésien habituel est umu, comme en tahitien, toutefois en maori on a le mot spécifique : hāngi). Après avoir fait du feu pendant un certain temps (en Nouvelle Zélande ils ont dû s’apercevoir avec délice qu’en maints endroits on pouvait se dispenser de cette étape, le sous-sol étant chaud), on y enterre les aliments pendant un certain temps, enveloppés dans des feuilles.

Imaginez l’étonnement d’un missionnaire, William Colenso, s’apercevant vers 1836 que des maoris du côté de Whangarei faisaient cuire leur bouffe dans une espèce de vieux truc cassé en bronze. On lui dit que cet objet était dans la tribu depuis plusieurs générations et qu’il avait été trouvé dans les racines d’un arbre arraché par une tempête.

Dès le début Colenso a dû être conscient de l’inscription bizarre, bien visible sur la photo, qui entoure l’objet. Il s’avéra par la suite que cette écriture est du Tamoul (une culture de l’Inde et de Ceylan) ancien (certains des caractères ne sont plus utilisés depuis 500 ans).

Colenso échangea l’objet contre une meilleure casserole… on ne sait pas ce que devint cette casserole échangée par contre la cloche que vous voyez a fini dans le musée national de Wellington, d’où je tire encore mon illustration.

L’inscription disant : “cloche du navire Muhayideen Baksh”, on ne peut pas douter  qu’il s’agisse effectivement de la cloche d’un bateau tamoul qui portait ce nom …

Comment est-elle arrivée là ? L’hypothèse la plus probable, c’est que tout simplement des anciens navigateurs tamouls ont dû débarquer, ou faire naufrage, en Nouvelle Zélande à une époque reculée.

En dehors de l’écriture, il me semble qu’une expertise métallurgique de cette cloche pourrait être faite, qui devrait donner des indications très précises sur son origine (je ne pense pas qu’une telle expertise ait été réalisée jusqu’à présent).

Le korotangi

origine  : http://cache3.asset-cache.net/xc/56073466.jpg

Le Korotangi est un oiseau taillé dans la pierre serpentine. Il fut trouvé en 1878 par des jeunes maoris du côté de Kawhia (certaines références parlent de Ruapuke [1]), une petite baie de l’ouest de l’île du nord) dans les racines d’un manuka déraciné ( encore un arbre déraciné !?!). D’autres versions de la découverte/apparition de cet objet existent. Le nom Korotangi suggère une décomposition en deux éléments : koro (de signification indéterminée dans ce contexte) et tangi (une racine qui signifie “pleurer, crier, geindre” mais le nom korotangi existe par ailleurs en maori pour désigner ces fosses dans lesquelles ils conservaient la nourriture. D’autres variantes du nom existent, on le verra, comme Korota ou Korotau (des diminutifs poétiques apparemment).

La pierre dans laquelle il est taillé ne permet apparemment pas de lui attribuer une origine précise (mais est-ce que les investigations pétrographiques nécessaires ont été faites). La serpentine existe en Nouvelle Zélande mais personne ne semble discuter la question de savoir si le Korotangi est de la même qualité (???). Wikipedia en anglais nous apprend d’ailleurs que les maori taillaient la serpentine qu’ils appelaient “tangiwai” (l’eau qui se plaint”, les larmes, mot dans lequel on retrouve “tangi”) mais il semble évident que cet objet n’appartient pas à la sculpture maorie. Par ailleurs il aurait été taillé avec un objet métallique (expertise microscopique ou à l’œil nu ?).

Quel sorte d’oiseau est-ce ? On a d’abord pensé que c’était un oiseau de mer, un pétrel, mais par la suite on s’aperçut que les narines ne correspondaient pas du tout (les pétrels ont des narines caractéristiques en tube). Ce serait donc plutôt une représentation de pigeon/tourterelle, mais de quel style ? Il y aurait des ressemblance avec des sculptures chinoises (?), une expertise artistique devrait nous dire si l’objet est unique ou bien se rattache à une tradition connue ? (si vous connaissez une sculpture qui ressemble merci d’intervenir).

Toujours est-il que, rapidement passée dans des mains européennes, cet objet fut un jour reconnu comme étant un “taonga”, soit un trésor culturel, par une vieille dame maorie à qui on l’avait montré. Elle se mit aussitôt à psalmodier un chant reproduit plus bas.

Très curieusement, plusieurs chants traditionnels maoris antérieur à sa (re)-découverte évoquaient (dans l’opinion des maoris) cet objet. Par ailleurs leur position était qu’il avait été apporté dans la pirogue Tainui, connue pour avoir fini son voyage à Kawhia. Le fait de l’avoir retrouvé a certainement provoqué dans l’opinion maorie en même temps une grande joie et probablement aussi une certaine déception (qu’il soit passé dans des mains “européennes”). Comme le traité de Waitangi stipule que les taonga resteront la propriété des maoris, Le Korotangi (qui était une possession privée ?) a finalement été rendu en 1995 au Dominion Museum (c’est plutôt un organisme pakeha pourtant ?) à Wellington qui le conserve.

On ne voit pas bien comment cet objet est arrivé en Nouvelle Zélande… mais étant donné la façon dont il a été trouvé (à moins qu’il s’agisse d’une supercherie ?) il est probable que les anciens maoris l’ont connu et perdu, même si les chants ne peuvent lui être lié de façon certaine. Toutefois, il ne peut venir de Tahiti ou d’une autre partie de la Polynésie orientale, région d’origine des maoris, qui manque complètement de serpentine.

Les chants

“Kaore te arohaKi taku nei manu,
Titoko tonu ake,
I te ahiahi
Ka tomo ki te whare,
Taku ate noa ai.
He rangi au ka tatari,
Apopo (akuanei)
Awhea ano te hiki mai ai?

Kei hea Korotangi
Ka ngaro nei?
Tena ka riro kei te katokato,
I te rau powhata.
Nga whakataine
Tu mai ko te Po ko te Ao,
Ka oho au, tirohia Iho e hine ma;
Nga parera e tere ake na;
Ehara anake
He parera Maori Waiho me titiro
Ki te huruhuru,
Whakairoiro mai,
No tawhiti, e waiho Ana koe hei tiaki-hanga,
Hei korero taua
Ki tona taumata.
I puea koe, I te huahua,
Koewaewa wai
Ki Rotorua
E ai te ui ake
Ki a Kawatepuarangi.”

deuxième version :

KOROTANGI: TE MANU TAPU

na Ngatipikiao

Kahore te aroha ki taku potiki
Tuhana tonu koe, i te ahiahi,
Ka tomo ki te whare, taka atu kau ai:
Tirohia iho, e hine, mau ki te parera e tare atu na
Ehara tena he manu maori,
Me titiro ki te huruhuru whakairoiro mai no tawhiti,
Kei whea korotau, ka ngaro nei?
Tena ka riro, kei te kato kai,
Ki te rau powhata, nga Whakangaeore
Tunui me to po, ka oho au;
E waiho ana koe hei tiaki hanga,
Hei korero taua, ki tena taumata,
He oti te huri atu, ko Kawatepurangi.

Traduction anglaise par C. O. Davis“Keen is the sorrow, O my bird, for thee!
And, when the evening closes in, I look
Around in vain for thee, then turn
Into my dwelling. Oh! the pang
Of heart I feel when there! I wait the live-long day
In restlessness; I wait another day,
And morrow comes! When, when wilt thou return
To me? Where is Korotangi absent?
Ah! how long he has gone to feast on leaves
Of kale!—gone, gone to, his amusements.
I wake when time divides in twain the day
And night. My daughters, look ye on the ducks
Down in the distance floating. Ah! these are
Not like him; that is the common bird.
Let us gaze upon the feathers carved
In lands remote. Ah! thou wert rudely thrust
From fish preserved in unrich fluid
Taken from Rotorua’s lake. Thou wert
The guardian of our treasures, and the theme
Of many conversations on many heights
Of numerous village homes. Now what remains?
We’ll ask for thee of Kawatepuarangi.”

Kawatepuarangi was an ancestor of the Ngatipikiao Trib

Deuxième version :

transcrite et traduite par BARRY MITCALFE

Great is my love for this sweet thing
That glows within, like the evening.
But it has gone, I am alone
In this empty house. Look, my dear one,
At the birds floating there. They are nothing
They are common birds. The carved wings,
The stone feathers of the Korotau have flown
Over many more miles of ocean
None know where he has been,
Nor where he is gone. Was he seen
Eating the leaves of the powhata?
Black as night, the Whakangaeore mountains
Block the sight. I leave you, guardians
Of our substance. Men of the hills
Have heard, They speak of him still;
But I am gone,
(1) (1) Kawatepurangi lives on.

Traduction française par votre serviteur (à partir  de l’anglais mais en tenant compte des notes [3])Je n’ai pas de réconfort, mon poussin, quand je pense à toi  !
Écartelé quand la nuit tombe je regagne ma maison.
Oh ! la peine que j’ai sentie ces jours sans fin restant dans l’angoisse ; encore un jour jusqu’à demain ! Quand, quand me reviendras tu ? Où est tu Korotangi ? Depuis quand t’en es-tu allé te gaver des feuilles de powhata ? Parti, parti t’amuser. Le temps qui n’en finit pas se partage en deux : le jour et la nuit.
Mes filles, surveillez ces oiseaux au loin posés sur l’eau. Ah ! ils ne sont pas comme lui; ce ne sont que des canards. Cherchons ses plumes gravées dans un pays lointain ! (
le nom employé en maori est Tahiti).
Nous avons tant parlé tous les deux sur la colline.
Tu es bien le meilleur, meilleur que du magret (l
es maoris conservaient les oiseaux dans leur graisse [1]), meilleur que de l’eau de source de Rotorua.
Je demanderai de tes nouvelles à Kawatepuarangi
(chef mort depuis longtemps).

La légende du Korotangi

By George Graham
THE JOURNAL OF THE POLYNESIAN SOCIETY 
No. 101.— March, 1917.

Je reproduis cet article, qui commence par une troisième version du chant et qui n’a pas de traduction en français apparemment (les fautes comme “Koroiangi” sont dues à une reconnaissance automatisée des caractères par Google qui a numérisé ces textes…)

The Legend of the Koroiangi. 139 

This is a lament for the loss of the bird Korota : — 

Operwhelmiug is my affection for my bird 

It prepossesses my soul's deepest depths at eventide 

When I enter my house ; and causes my heart to throb. 

Look ! oh daughters, at the duck which swims away yonder. 

That is indeed no common bird. Bring it and 

Observe its plumage ornamented abroad in distant parts. 

Oh where is Korotau lost ? 

He has departed — to pluck food 

From the leaves of the pohata (sow thistle) 

With (his) deep thrusting bill. 

You were left to guard the home 

So that the hostile war-party might have cause to spe^k 

of my hill-top home. 
Perhaps you turned your eyes away to the preserved birds 
From Rotorua, causing you to stray from here. 

In explanation of the waiata, Noka's wife gave me the following 
legend extant among her people, the Ngati-Kahukoka and Ngati- 
Te-Ata tribes (Manukau district). These tribes claim descent from 
* Tainui ' crew, and also from the ancient Waiohua tribe : — 

** There was a man in olden times who came here in * Tainui.' He 
settled in Manukau. He went to see his relatives at Kawhia, and 
married a female relative of that place. His name was forgotten 
when I was a child ; my mother had forgotten it. Whilst he lived 
with his wife at Kawhia he went one day to catch fish by trailing the 
hook behind his canoe. He caught a bird on the hook, and drew in 
the line, intending to kill the bird. When, however, he saw the 
beauty of its plumage, he brought it home and kept it as a pet in a 
hut which he built for it, feeding it on the best of all foods he could 
procure, even feeding it on the much desired htiahua (birds preserved 
in fat). Now his wife thought his idea very foolish, and that much 
good food was being wasted ; especially as the bird was of no use — 
it was a mere ornament. So whenever her husband was absent 
fishing or hunting she shewed her illwill and teased the bird. She 
ate the hiiahua, and other good foods her husband had set aside for her 
to give the bird, which bird was a Korotangi. The bird fretted at its 
illtreatment and managed to escape — perhaps the woman let it go so 
that there might be no more waste of food, and that her husband 
might then devote more attention to her and his other duties. She 
wished herself to eat the huahua, which her people obtained in 
exchange from other tribes. She did not wish the bird to get any, for 
htiahua was scarce, and came from distant parts — from the Arawa 
tribe — in exchange for the fine mats and garments her people made in 
Kawhia. When the husband returned he went to g^eet his pet bird 
Korotangi, but he found it had gone. He asked his wife where 
Korotangi was. She replied, *He has gone; he escaped and has
swum away out to sea to the home from wheuce you caught him and 
"brought him/ So he went to seek his bird. In vain he went to the 
hill-top near their fortified village to scan the face of the ocean. In 
vain he went far out to sea in his canoe. He never again found 
Korotangi. All he found was some feathers it had shed on the ocean. 
So he brought the feathers home and wept over them, and composed 
the foregoing waiata for Korotangi. He made a carved box to hold 
them. Then his wife's people told him how his wife had purposely let 
the pet escape after illtreating it ; how she fed it on pohata leaves 
only, whilst she ate the foods he had provided. Then he became 
distressed and left his wife. He journeyed homeward to his place at 
Manukau, alid lived there until extreme old age. He sorrowed for his 
bird, and when he opened the carved box to gaze on the feather relics 
he wept and sang the toaiata. When he died he was interred with the 
carved box and his feather relics, for that was the custom in ancient 
times. His bones were afterwards sent to his people at Kawhia, also 
the box of feathers. They were all made up in a bundle {pute) and 
smeared over with red ochre, hence the name of that place at Kawhia 
called *Te Pute,' which belongs to Ngati-Apakura tribe." 

The expression "Korotangi " is still used as a term of endearment, 
or as a simile for any object treasured or loved. A mother lamenting 
the death of a child will, in her lament, refer to her lost one as her 
** Korotangi." * No doubt the simile has its origin in the above 
tradition, which also seems to be a feasible explanation of the waiata. 
It certainly explains the reference to the eating of the pohata leaves 
and the htuihua from Kotorua, as well as the allusion to the taumata 
(hill-top or ridge). 

The variations * korota ' and * korotau ' are undoubtedly the result 
of what we would call poetic license ; they are only used in waiatas, 

Noka said the waiata was, and still is, sung as a funeral lament 
{tangt\ and I myself have so heard it sung, with various additions 
suitable to the special occasion. This custom accounts for the varying 
forms of most Maori songs and proverbs. 

It is, of course, possible that a stone relic known as " Korotangi " 
was brought in the * Tainui ' canoe. Perhaps the pet bird was called 
Korotangi because of such tradition brought from Hawaiki, and then 
extant in reference to a similar bird. The question has some 
connection with the problem of the " Whence of the Maori," 
especially if there are any South Sea Island myths which can now 
be traced to a common oiigin. Here is a chance for the Polynesian 
scholar to make some useful research. 

* Korotangi appears an a place name at Mahnrangi, said to be a pa of Maki*s 
people there.
Mahurangi, Otarawao

from http://www.archive.org/stream/journalpolynesi11unkngoog/journalpolynesi11unkngoog_djvu.txt

Traduction par votre serviteur :

George Graham : En explication de cette complainte, la femme de Noka me dit cette légende bien connue dans sa tribu, 
les Kahukoka et les Te Ata (district de Manukau). Ces tribus disent descendre de
l'équipage de la pirogue Tainui, et aussi de l'ancienne tribu Waiohua ...

"Dans l'ancien temps il y avait un homme qui était venu dans la pirogue Tainui
et qui s'était installé à Manukau. Il vint un jour voir de la famille à lui à Kawhia
et trouva là une femme avec qui il se maria. Son nom fut oublié lorsque j'étais enfant, 
ma mère n'arrivait plus à s'en souvenir.

Tandis qu'il vivait à Kawhia avec sa femme il partit un jour à la pêche 
en trainant une ligne derrière sa pirogue. Il attrapa un oiseau de mer à l'Hameçon
et brassa la ligne pour le tuer. Mais quand il vit la beauté
de son plumage, il le rapporta à la maison pour le garder dans une volière
qu'il fit pour lui. Il lui donnait les meilleures nourritures qu'il pouvait
se procurer, y compris les magrets. Sa femme trouvait ça exagéré, qu'autant de bonne
de bonne nourriture soit gaspillée, surtout que l'oiseau ne servait à rien, il était
là juste pour faire joli.
Aussi quand son mari était parti à la pêche ou à la chasse, elle ne se gênait
pas pour aller embêter l'oiseau, lui chiper son magret et les autres mets de choix
que son mari avait mis de côté pour lui donner. Mais l'oiseau était un Korotangi.

L'oiseau n'aimait pas être maltraité et s'arrangea pour s'échapper, peut-être que la
femme le laissa s'échapper, de sorte qu'il y eu moins de gaspillage et que son mari
s'occupe d'elle davantage ? Elle voulait surtout garder pour elle le magret, que sa
tribu obtenait du commerce avec d'autres gens. Elle ne voulait plus que l'oiseau mange
tout le magret, car il était rare, venant de loin, de la tribu Arawa, en échange des
nattes et autres tressages fait chez eux à Kawhia.

Quand son mari revint, il alla droit à la volière pour caresser son animal favori...
mais quand il s'aperçut qu'il n'était plus là il demanda à sa femme où était passé
le Korotangi. Elle répondit :" il est parti, il s'est échappé et il est retourné 
vers la mer dans sa maison d'où tu l'avais pris".

Il partit à la recherche de son oiseau. En vain il monta au sommet fortifié
de la colline pour scruter l'océan, en vain il mena sa pirogue loin au large. Plus
jamais il ne revit le Korotangi, juste quelques plumes qui étaient tombées sur l'eau.
Alors il rapporta les plumes chez lui et il pleurait en les regardant, composant cette chanson.
Il fit une boite en bois pour les mettre.
Un jour les voisins lui racontèrent comment sa femme avait laissé échappé le Korotangi
après l'avoir maltraité, et qu'elle ne lui donnait que des feuilles de laitue à manger
pendant qu'elle mangeait les gourmandises. Cela le choqua et il quitta sa femme.

Il retourna à son ancien village de Manukau et y vécu très vieux.
Toujours il regrettait la perte de son oiseau et quand il ouvrait sa boite,
il regardait les vieilles plumes et se mettait à chanter la chanson.
Quand il mourrut il fut enterré avec sa boite selon la coutume de ces temps là;
Ses os furent par la suite acheminés à Kawhia, toujours avec la boite qui contenait les plumes.

Avec les os et les plumes on fit un paquet (pouté) et on les recouvrit d'ochre rouge, de là
vient le nom de cet endroit "te pute" qui appartient à la tribu Apakura."

L'expression "korotangi" est toujours utilisée comme un mot d'intimité, pour n'importe quel
objet chéri. Une mère qui a perdu son enfant parlera de son korotangi perdu.
Sans aucun doute cette pratique a son origine dans la légende ci-dessus,
 qui est aussi celle de la chanson. C'est une bonne explication pour les feuilles de pohata et 
les magrets de Rorotua ainsi que pour l'allusion au sommet de la colline.

Les variantes Korota ou Korotau sont sans aucun doute le résultat de la license poétique,
on ne les utilise que dans les complaintes Waiata.

NOka affirma que la chanson était, et est toujours, chantée lors des funérailles
et je l'ai effectivement entendu chanter en pareille occasion, avec différentes additions
adaptée à chaque cas, comme cela se fait pour toutes les chansons et récitations maories

Il est possible, naturellement, que l'objet en pierre connu sous le nom de Korotangi soit
venu par la pirogue Tainui. Peut-être que l'oiseau lui-même était appelé "korotangi" car la
tradition avait pour origine le pays mythique de Hawaiki, et qu'elle a ensuite été étendue à cet
oiseau particulier ? La question peut être rapprochée de celle "d'où viennent les Maoris", 
spécialement si on peut rapprocher une autre histoire des mers du Sud de celle là.
Voilà une occasion pour les spécialistes de la polynésie de faire quelques recherches...

Korotangi est un nom de lieu vers Mahurangi
(http://www.arc.govt.nz/parks/our-parks/parks-in-the-region/mahurangi/)
qui serait un pa des gens de Maki.

tiré de http://www.archive.org/stream/journalpolynesi11unkngoog/journalpolynesi11unkngoog_djvu.txt
La légende du Korotangi. 
(encore une autre version/traduction de la même chanson)

Ceci est la complainte pour la perte de l'oiseau Korota : 

Immense est mon chagrin pour mon oiseau perdu il est au plus profond de mon coeur quand je rentre à ma maison regardez mes filles, ce canard qui nage au loin ce n'est pas un oiseau ordinaire. Apportez le moi et observons son plumage ornementé au loin Oh, où donc est parti le Korotau ? il est parti picorer les feuilles de laitues avec son bec pointu on t'avait laissée pour garder la maison pour que les ennemis aient quelqu'un à qui parler de ma maison du sommet de la colline peut-être que tu ne voulais plus des magrets de Rotorua, et que c'est pour cela que tu es parti ? 

Notes

[1] Ruapuke combine plusieurs coincidences, en plus d’être le lieu supposé de découverte du Korotangi : ce serait le point de débarquement de la pirogue Tainui et aussi on y trouve un pa surmonté d’une grosse pierre (j’aimerais savoir si cette pierre porte des gravures comme j’ai cru le comprendre).
une très belle photo de cette pierre dressée :
http://www.megalithic.co.uk/modules.php?op=modload&name=My_eGallery&file=index&do=showpic&pid=18606

[2] au sujet des magrets maoris :
http://www.astronomynz.org.nz/maori/twelfth_month.htm

[3] http://www.jps.auckland.ac.nz/document/Volume_38_1929/Volume_38,_No._149/Notes_on_the_Korotangi_or_stone_bird,_p_55-59 cet article, qui comprend encore une autre version de la chanson, remarque le fait que la légende, et le chant, semblent parler d’un oiseau vivant, pas d’une figurine en pierre… et que par ailleurs ces traditions orales ne mentionnent pas le fait que le Korotangi soit venu en pirogue (?).

voir aussi

http://rsnz.natlib.govt.nz/volume/rsnz_14/rsnz_14_00_001030.html

http://rsnz.natlib.govt.nz/volume/rsnz_22/rsnz_22_00_006170.html

http://www.archive.org/stream/journalpolynesi11unkngoog/journalpolynesi11unkngoog_djvu.txt

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